
L’inflation marocaine présente un double visage en août 2026. Après plusieurs mois de variations contenues, l’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 0,8% sur un mois, sous l’effet à la fois des produits alimentaires et non alimentaires. Mais sur un an, l’IPC affiche encore une baisse de 0,3%, selon les dernières données du Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Le panier alimentaire repart à la hausse
Entre juillet et août 2026, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 0,9%. Plusieurs catégories ont particulièrement contribué à cette progression.
Les poissons et fruits de mer, ainsi que le lait, fromage et œufs, enregistrent une hausse de 2,8%. Les prix des viandes progressent de 2,2%, tandis que les légumes augmentent de 1% et le café, thé et cacao de 0,3%.
Une évolution va toutefois à contre-courant : les prix des fruits reculent de 1,9% sur le mois.
Le carburant pèse lourd dans la hausse mensuelle
Du côté des produits non alimentaires, l’indice progresse de 0,7% entre juillet et août.
La principale pression provient des carburants, dont les prix bondissent de 9,8% sur un mois.
Cette hausse contribue fortement à expliquer pourquoi l’IPC mensuel repasse en territoire nettement positif en août, alors même que l’évolution annuelle reste négative.
Des écarts importants entre les villes
La hausse des prix n’a pas été uniforme à l’échelle nationale.
Les plus fortes progressions mensuelles de l’IPC ont été enregistrées à Al Hoceima (+1,6%), Agadir (+1,4%), puis à Tétouan, Safi et Béni-Mellal (+1,2%).
Viennent ensuite Oujda (+1,1%), Fès (+1%) et Tanger (+0,9%).
À Rabat, Settat et Errachidia, l’augmentation atteint 0,8%, contre 0,6% à Marrakech, Meknès, Laâyoune, Dakhla et Guelmim.
À Casablanca et Kénitra, la progression est plus limitée, à 0,5%.
Sur un an, les prix restent pourtant en baisse
Le contraste est particulièrement intéressant lorsqu’on compare août 2026 à août 2025.
Sur cette base, l’IPC recule de 0,3%. Cette baisse annuelle s’explique principalement par le recul de 3,9% des prix des produits alimentaires, qui compense la progression de 2,5% des produits non alimentaires.
Mais derrière cette moyenne se cachent des évolutions très différentes selon les postes.
Dans les produits non alimentaires, les variations vont d’une baisse de 0,2% pour la communication à une hausse de 7,3% pour le transport.
Inflation sous-jacente : +0,2% sur un mois
L’autre indicateur à surveiller est l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils ainsi que les produits à tarifs publics.
Selon le HCP, cet indicateur a augmenté de 0,2% entre juillet et août 2026 et de 0,1% sur un an.
Le signal est donc différent de celui de l’IPC global : la baisse annuelle de l’inflation générale ne signifie pas que toutes les composantes du panier évoluent à la baisse.
Le vrai signal d’août
Les chiffres du HCP dessinent ainsi une situation à trois niveaux : +0,8% sur un mois pour l’IPC, -0,3% sur un an et +0,1% sur un an pour l’inflation sous-jacente.
Le mois d’août montre surtout le poids des éléments volatils, avec une flambée mensuelle de 9,8% des carburants, tandis que l’alimentaire connaît également une nouvelle accélération sur plusieurs catégories.
Pour le consommateur, la baisse annuelle de l’IPC ne signifie donc pas nécessairement une baisse généralisée du coût de la vie : certains postes essentiels continuent d’enregistrer des hausses sensibles.



