ExpertsLa Une

Élections 2026 : le Maroc mérite mieux que la « frakchia » politique ?

Le bal des élections législatives du 23 septembre 2026 est officiellement ouvert : Bienvenu à un Maroc politique en mode moutonnier où tous les coups sont permis !

Pendant près de deux semaines, les partis vont tenter de convaincre les électeurs à travers meetings, programmes et mobilisation de terrain.

Mais derrière les slogans et les promesses, une question revient dans le débat public marocain : pourquoi les principaux chefs de partis ne se retrouvent-ils pas face à face dans de véritables débats télévisés ?

Dans de nombreuses démocraties, la confrontation directe entre responsables politiques constitue un moment fort de la campagne. Les candidats y défendent leurs programmes, répondent aux critiques de leurs adversaires et sont confrontés, en direct, aux questions des journalistes et des électeurs.

Au Maroc, le dispositif électoral audiovisuel repose principalement sur le pluralisme et l’accès équilibré des formations politiques aux médias, sous le contrôle de la HACA. Mais cela ne signifie pas nécessairement l’existence d’un débat télévisé contradictoire réunissant les principaux dirigeants autour d’une même table.

Une démocratie peut-elle se passer de confrontation directe ?

La question est sensible.

Il ne s’agit pas de remettre en cause le pluralisme de l’expression politique dans les médias, mais de s’interroger sur la profondeur de cette confrontation.

Un temps de parole accordé séparément à chaque parti permet de présenter un programme. Mais un débat contradictoire permet autre chose : comparer les propositions, vérifier les chiffres, demander des explications et confronter les responsabilités.

Le paradoxe marocain

À l’approche des législatives du 23 septembre 2026, les électeurs disposent de programmes, de meetings, de déclarations et d’interventions médiatiques. La HACA a d’ailleurs renforcé son dispositif autour du pluralisme politique pour cette campagne.

Mais une interrogation demeure :pourquoi les principaux responsables politiques ne seraient-ils pas confrontés publiquement sur leurs programmes, leurs bilans et leurs chiffres ?

Dans un pays qui se définit comme une démocratie représentative, le débat ne devrait-il pas également permettre à l’électeur de voir les responsables politiques se répondre directement ?

La question n’est donc pas seulement médiatique. Elle touche à la qualité de l’information électorale, à la responsabilité politique et à la capacité de l’électeur à comparer les choix qui lui sont proposés.

Le débat télévisé : un test de responsabilité politique ?

Un grand débat entre les principales formations politiques pourrait devenir un véritable exercice de transparence démocratique.

Non pas un spectacle politique, mais un rendez-vous où chaque parti serait obligé de répondre aux mêmes questions, avec les mêmes contraintes de temps et face aux mêmes contradictions.

À l’heure où les électeurs sont appelés à choisir leurs représentants, ne faudrait-il pas leur donner aussi la possibilité de voir leurs futurs responsables politiques se confronter directement ?

Le problème de la qualité du débat politique

C’est peut-être l’un des débats démocratiques que le Maroc gagnerait à ouvrir : non seulement pourquoi les chefs de partis ne se confrontent-ils pas dans de véritables débats télévisés, mais ausi pourquoi le débat politique lui-même s’est-il autant appauvri ?

Il suffit d’observer les campagnes électorales : slogans simplistes, terminologie approximative, promesses empilées, programmes lancés à grand renfort de communication, mais rarement soumis à une véritable confrontation intellectuelle, économique ou budgétaire.

À côté, les fameux « lfrakchia », les rassemblements politiques bruyants, les échanges à distance et les attaques entre formations donnent parfois davantage l’impression d’une compétition de communication que d’une confrontation sur les choix qui engagent l’avenir du pays.

Le problème n’est pas le ton populaire en lui-même. La politique a naturellement besoin de proximité avec les citoyens. Le problème apparaît lorsque la forme finit par remplacer le fond.

Une démocratie ne se mesure pas uniquement au nombre de partis, aux élections ou au temps de parole accordé à chaque formation. Elle se mesure aussi à la qualité de la confrontation des idées.

Des débats où un programme peut être contesté, déconstruit et défendu — pas simplement applaudi.

Car derrière la multiplication des slogans, des grands meetings et des programmes électoraux, une question demeure : est-ce que nous sommes réellement en train de débattre de l’avenir du Maroc, ou simplement de mieux mettre en scène la politique ?

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page