
Le Maroc s’apprête à renforcer ses mécanismes de financement des startups. Le gouvernement a autorisé la Société nationale de garantie et de financement de l’entreprise – Tamwilcom à prendre des participations, pour le compte du Fonds Catalytique Startups, dans des fonds d’investissement établis au Maroc ou à l’étranger et investissant dans des startups marocaines et étrangères.
En vertu du décret n° 2.26.576, daté du 3 août 2026, publié au BO le plafond de ces participations a été fixé à 347 millions de dirhams, pour une période de trois ans.
De 347 millions de dirhams à 2,5 milliards de dirhams
Ce mécanisme s’inscrit dans le déploiement de la stratégie « Digital Morocco 2030 », qui vise à renforcer l’économie numérique, soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat technologique et mettre en place un écosystème intégré de financement et d’accompagnement des startups.
L’opération s’inscrit également dans le cadre du protocole d’accord signé le 15 avril 2024 entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement et le Fonds de Dépôt et de Gestion, en présence du ministère de l’Économie et des Finances. L’objectif est de structurer au Maroc un écosystème dédié au financement de l’amorçage et du capital-risque.
Dans ce cadre, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour sélectionner des sociétés de gestion de fonds d’investissement dédiés au financement des startups. Le processus a abouti à une présélection de neuf sociétés de gestion, couvrant les différentes phases de financement des entreprises innovantes.
L’ambition dépasse largement la contribution publique directe. Les fonds sélectionnés devraient mobiliser près de 2,5 milliards de dirhams au profit des startups marocaines, à travers les contributions du ministère de la Transition numérique via Tamwilcom, du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement et du Fonds de Dépôt et de Gestion, auxquelles s’ajouteront les financements mobilisés par les sociétés de gestion et les autres investisseurs.
De la Fintech à la HealthTech
Les fonds ciblés ne se limitent pas à un seul segment technologique. Ils couvrent plusieurs secteurs stratégiques, notamment la Fintech, l’AgriTech, l’EdTech, la HealthTech et la ClimateTech.
Le dispositif permet par ailleurs aux fonds sélectionnés de bénéficier de mécanismes destinés à réduire le risque de premières pertes, ou d’investissements réalisés par Tamwilcom pour le compte du ministère de la Transition numérique, conformément aux meilleures pratiques internationales en matière de capital-risque.
Un mécanisme pour réduire le risque du capital-risque
Ce dispositif traduit une évolution du rôle de l’État dans le financement des startups. Plutôt que de se limiter à financer directement les entreprises, une partie du soutien public est orientée vers le partage du risque avec des fonds d’investissement spécialisés, afin d’attirer davantage de capitaux privés.
Dans ce contexte, une convention spécifique a été signée le 21 novembre 2025 entre le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration et Tamwilcom, en présence du ministère de l’Économie et des Finances, du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement et du Fonds de Dépôt et de Gestion. Elle a confié à Tamwilcom la gestion du Fonds Catalytique Startups.
La commission technique chargée du suivi du fonds a également approuvé, lors de sa réunion du 12 février 2026, les opérations de prises de participations envisagées dans les fonds d’investissement concernés.
Le pari de changer l’équation du financement de l’innovation
Le décret fixe à 347 millions de dirhams le plafond des participations que Tamwilcom pourra prendre, pour le compte du fonds, sur une période de trois ans. Mais le véritable enjeu réside dans l’effet de levier attendu de cette contribution publique.
Si les investissements prévus se concrétisent, le mécanisme devrait permettre de transformer une contribution publique relativement limitée en une capacité plus importante de mobilisation de capitaux au profit des startups.

