Economie

Les ressources halieutiques sous pression, les débarquements en recul

Pêche côtière : moins de captures, mais près de 5 milliards de dirhams de recettes au premier semestre

La pêche côtière et artisanale marocaine confirme un paradoxe de plus en plus marqué : les volumes débarqués continuent de reculer, tandis que les recettes poursuivent leur progression. À fin juin 2026, la valeur des produits commercialisés a frôlé les 5 milliards de dirhams, en hausse de 2% sur un an, malgré une baisse de 6% des quantités débarquées, selon les dernières statistiques de l’Office national des pêches (ONP).

Au cours des six premiers mois de l’année, les débarquements se sont établis à 367.184 tonnes, contre un niveau supérieur à la même période de 2025. Cette évolution reflète des disparités importantes selon les espèces.

Les coquillages enregistrent la plus forte chute, avec un effondrement de 86% des volumes à seulement 54 tonnes. Les poissons blancs reculent également de 30%, à 39.349 tonnes, tandis que les algues (-8%, à 2.142 tonnes) et les poissons pélagiques (-4%, à 289.817 tonnes) affichent aussi une tendance baissière.

À l’inverse, les céphalopodes poursuivent leur bonne dynamique avec une progression de 11%, à 32.084 tonnes, tandis que les crustacés gagnent 4%, atteignant 3.738 tonnes.

Cette évolution des débarquements n’a toutefois pas empêché la hausse des recettes de la filière. L’augmentation de la valeur globale, malgré la contraction des volumes, traduit une amélioration de la valorisation des captures, portée notamment par des espèces à plus forte valeur ajoutée et par une évolution favorable des prix.

Sur le plan régional, les ports méditerranéens affichent une performance contrastée. Les volumes débarqués y progressent de 7%, à 9.107 tonnes, mais leur valeur chute de 10%, à 354,5 millions de dirhams, signe d’un recul de la valeur moyenne des produits commercialisés.

Les ports atlantiques, qui concentrent l’essentiel de l’activité halieutique nationale, suivent une trajectoire inverse. Les débarquements y diminuent de 7%, à 358.077 tonnes, mais les recettes augmentent de 3%, pour atteindre près de 4,56 milliards de dirhams. Cette évolution confirme que la filière parvient à préserver, voire à améliorer, sa rentabilité malgré une disponibilité plus limitée de la ressource.

Ces résultats illustrent une tendance de fond : la croissance de la valeur du secteur repose désormais davantage sur la qualité et la valorisation des produits que sur l’augmentation des volumes débarqués, dans un contexte où la préservation des ressources halieutiques devient un enjeu stratégique.

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