
Le dernier rapport de l’Indice de Performance Environnementale (EPI) 2026 livre un verdict sans appel pour le Maroc : une médiocre 136ème place mondiale. Avec un score global de 33,11 points, le Royaume se positionne désormais nettement sous la moyenne mondiale et accuse un retard marqué vis-à-vis de ses pairs de la région MENA. La moyenne mondiale de l’EPI est de 39,57. Malgré cette contre-performance, le Royaume a amélioré son score de 2,42 points au cours des dix dernières années.
Analyse comparative
À titre de comparaison régionale mentionnée dans la même source :
- Algérie : 78e mondiale (42,74 points)
- Tunisie : 85e mondiale (41,05 points)
- Liban : 93e mondial (39,67 points)
- Égypte : 106e mondiale (38,48 points)
Pour rappel, cet indice biennal est élaboré par le Yale Center for Environmental Law & Policy et l’Université Columbia. Il s’appuie sur 47 indicateurs répartis dans 12 domaines (santé environnementale,
Analyse de la performance environnementale du Maroc (EPI 2026)
L’analyse montre que les progrès sont principalement concentrés sur les indicateurs liés à la santé environnementale, où le Maroc obtient un score de 34,29, en hausse de 9,07 points sur dix ans. Le pays reste toutefois 112e au niveau mondial et 13e dans sa région, loin derrière la moyenne régionale (47,98).
Une qualité de l’air encore préoccupante
La qualité de l’air demeure l’un des principaux points faibles. Le Maroc se classe 111e avec un score de 30,11, même si celui-ci s’est amélioré de 10,49 points en une décennie.
Dans le détail :
- l’exposition aux particules fines PM2.5 constitue l’un des indicateurs les plus préoccupants, avec une 158e place mondiale et un score de seulement 4,57 ;
- l’exposition au plomb affiche également un très mauvais résultat : 166e rang mondial, pour un score de 18,01, soit l’un des plus faibles indicateurs du pays ;
- les performances restent modestes concernant l’exposition au monoxyde de carbone (118e), à l’ozone (122e) et au dioxyde de soufre (146e).
En revanche, le Maroc obtient des résultats relativement meilleurs sur l’exposition au dioxyde d’azote (NO₂), où il se classe 100e mondial et 4e dans sa région, ainsi que sur les composés organiques volatils (COV) avec une 82e place.
Des avancées sur l’eau potable et l’assainissement
Le Royaume enregistre également des progrès dans l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Le score du pilier Assainissement et eau potable atteint 51,84, en hausse de 11,36 points en dix ans, ce qui place le Maroc au 97e rang mondial.
Les améliorations concernent aussi bien :
- l’assainissement, avec un score de 55,12 (+12,45 points) ;
- l’accès à l’eau potable, avec un score de 49,66 (+10,65 points).
Malgré ces progrès, les performances demeurent inférieures aux moyennes régionales.
Gestion des déchets : des résultats relativement plus solides
La gestion durable des déchets solides constitue l’un des domaines où le Maroc obtient ses meilleurs résultats.
Le pays se classe 90e mondial avec un score de 63,10, se rapprochant davantage de la moyenne régionale (70,70) que dans les autres composantes de l’indice.
Indice de Performance Environnementale (EPI) 2026 — Maroc
| Indicateur | Rang | Score | Évolution sur 10 ans | Rang régional | Moyenne régionale |
| Indice de Performance Environnementale (EPI) | 136 | 33,11 | 2,4 | 21 | 34,01 |
| Santé Environnementale | 112 | 34,29 | 9,0 | 7 | 13,47 |
| Air (Qualité de l’air) | 111 | 30,11 | 10,49 | 13 | 42,12 |
| * Impact sanitaire des particules fines ($PM_{2,5}$) | 158 | 4,57 | 3,45 | 8 | 7,25 |
| * Impact sanitaire des combustibles solides domestiques | 78 | 54,18 | 20,23 | 15 | 79,56 |
| * Impact sanitaire de l’exposition à l’ozone | 122 | 34,12 | 0,94 | 6 | 32,67 |
| * Impact sanitaire de l’exposition au $NO_2$ (Dioxyde d’azote) | 100 | 47,57 | 2,83 | 4 | 38,17 |
| * Exposition au monoxyde de carbone | 118 | 49,49 | -7,04 | 4 | 39,07 |
| * Exposition au dioxyde de soufre | 146 | 23,50 | -4,02 | 4 | 15,16 |
| * Exposition aux composés organiques volatils (COV) | 82 | 35,72 | -0,21 | 7 | 30,59 |
| Assainissement & Eau Potable | 97 | 51,84 | 11,36 | 14 | 61,75 |
| * Impact sanitaire d’un assainissement non sécurisé | 93 | 55,12 | 12,45 | 13 | 66,15 |
| * Impact sanitaire d’une eau potable non sécurisée | 96 | 49,66 | 10,65 | 13 | 58,82 |
| Métaux Lourds | 166 | 18,01 | 3,38 | 14 | 45,46 |
| * Impact sanitaire de l’exposition au plomb | 166 | 18,01 | 3,38 | 14 | 45,46 |
| Gestion des Déchets | 90 | 63,10 | — | 9 | 70,70 |
| * Déchets solides gérés durablement | 90 | 63,10 | — | 9 | 70,70 |
Le Maroc progresse lentement dans la lutte contre le changement climatique
Le Maroc occupe la 117e place mondiale en matière de politique de lutte contre le changement climatique, selon l’Environmental Performance Index (EPI) 2026. Le Royaume obtient un score de 31,42 sur 100, en légère progression de 1,14 point par rapport à il y a dix ans, ce qui le place au 9e rang régional, avec un résultat légèrement inférieur à la moyenne de la région (32,85).
Les résultats de l’EPI montrent que les avancées du Maroc restent contrastées. Si certains indicateurs témoignent d’améliorations notables, d’autres soulignent la nécessité d’accélérer les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Des progrès inégaux selon les types d’émissions
Concernant les émissions de dioxyde de carbone (CO₂), le Maroc se classe 105e mondial avec un score de 36,67, en hausse de 3,94 points sur dix ans. Cette évolution traduit une amélioration, mais le Royaume demeure en dessous de la moyenne régionale (41,70).
En revanche, les performances sont nettement moins favorables pour les émissions de méthane (CH₄). Le Maroc n’occupe que la 143e place mondiale, avec un score de 28,29, malgré un léger gain de 2,42 points sur la période.
À l’inverse, le pays affiche l’un de ses meilleurs résultats concernant les émissions de protoxyde d’azote (N₂O). Avec un score de 59,34, en progression spectaculaire de 38,11 points en dix ans, le Royaume se hisse à la 48e place mondiale et au 2e rang régional, l’une des meilleures performances de son profil climatique.
Les gaz fluorés et le carbone noir restent des défis
L’EPI met également en évidence les difficultés liées aux gaz fluorés (F-gas), dont le Maroc se classe 114e mondial avec un score de seulement 8,29. Cet indicateur affiche même une dégradation de 31,28 points sur dix ans.
Les émissions de carbone noir (Black Carbon) demeurent également préoccupantes. Le Royaume occupe le 123e rang mondial avec un score de 46,23, bien inférieur à la moyenne régionale (69,19), malgré une amélioration de 18,45 points.
Des émissions de gaz à effet de serre encore élevées
Pour les émissions de gaz à effet de serre ajustées par habitant, le Maroc se situe à la 104e place mondiale avec un score de 31,71, supérieur à la moyenne régionale (21,96).
Rapportées à la richesse nationale (PIB), les émissions placent le Royaume au 113e rang mondial, avec un score de 32,73, légèrement supérieur à la moyenne régionale (30,84).
En revanche, l’indicateur relatif aux émissions projetées à l’horizon 2050 constitue l’un des principaux points faibles du profil climatique marocain. Le pays obtient un score nul (0,00) et se classe 116e mondial, ce qui souligne l’ampleur des efforts encore nécessaires pour aligner les trajectoires d’émissions sur les objectifs climatiques de long terme.
Changement d’utilisation des terres : un recul marqué
L’indicateur mesurant le flux de carbone lié aux changements d’utilisation des terres place le Maroc au 109e rang mondial avec un score de 25,23. Cet indicateur enregistre une baisse de 74,77 points sur dix ans, reflétant une forte détérioration de cette composante du bilan carbone national.
| Indicateur | Rang mondial | Score EPI | Évolution sur 10 ans | Rang régional | Moyenne régionale |
|---|---|---|---|---|---|
| Objectif de politique climatique | 117 | 31,42 | +1,14 | 9 | 32,85 |
| Atténuation du changement climatique | 117 | 31,42 | +1,14 | 9 | 32,85 |
| Tendance des émissions de CO₂ | 105 | 36,67 | +3,94 | 9 | 41,70 |
| Tendance des émissions de méthane (CH₄) | 143 | 28,29 | +2,42 | 15 | 43,35 |
| Tendance des émissions de protoxyde d’azote (N₂O) | 48 | 59,34 | +38,11 | 2 | 33,02 |
| Tendance des émissions de gaz fluorés (gaz F) | 114 | 8,29 | -31,28 | 14 | 12,77 |
| Tendance des émissions de carbone noir (Black Carbon) | 123 | 46,23 | +18,45 | 14 | 69,19 |
| Tendance des émissions de gaz à effet de serre (GES), ajustées par habitant | 104 | 31,71 | +2,67 | 7 | 21,96 |
| Tendance des émissions de GES, ajustées au PIB | 113 | 32,73 | +3,93 | 8 | 30,84 |
| Émissions projetées à l’horizon 2050 | 116 | 0,00 | 0,00 | 10 | 15,90 |
| Flux de carbone lié aux changements d’utilisation des terres | 109 | 25,23 | -74,77 | 5 | 18,79 |
Le Maroc en difficulté sur la biodiversité malgré quelques points forts
Le Maroc se classe 143e sur 180 pays pour la vitalité des écosystèmes, selon l’Environmental Performance Index (EPI) 2026. Le Royaume obtient un score de 33,59 sur 100, en recul de 0,42 point sur les dix dernières années, un niveau inférieur à la moyenne régionale de 40,67.
Cette contre-performance reflète les difficultés persistantes du pays en matière de préservation de la biodiversité, de protection des écosystèmes terrestres et de conservation des espèces, malgré quelques résultats remarquables dans la gestion des aires protégées.
La biodiversité demeure le principal point faible
Le Maroc occupe le 146e rang mondial pour le pilier « Biodiversité et habitats », avec un score de 24,23, en légère progression de 0,75 point en dix ans. Le Royaume se situe ainsi en dessous de la moyenne régionale (30,50).
Les indicateurs liés à la protection des espaces terrestres figurent parmi les plus faibles du rapport :
- la protection des biomes terrestres place le Maroc au 168e rang mondial, avec un score de 7,10 ;
- la protection des zones clés pour la biodiversité terrestre (KBA) est également très faible, le Royaume se classant 163e mondial avec un score de 7,64.
Ces résultats traduisent l’insuffisance des surfaces terrestres bénéficiant d’une protection efficace au regard des standards internationaux.
Des performances solides dans les aires protégées
À l’inverse, plusieurs indicateurs témoignent d’une meilleure organisation du réseau national d’aires protégées.
Le Maroc se classe :
- 1er de sa région pour l’indice de représentativité des aires protégées, avec un score de 38,78, en hausse de 10,10 points sur dix ans ;
- 1er également pour l’indice de connectivité des aires protégées, avec un score de 45,62, en progression de 6,24 points.
Le Royaume obtient également une 33e place mondiale pour l’efficacité des aires marines protégées, avec un score de 62,82, ce qui constitue l’un de ses meilleurs résultats, même si cet indicateur recule de 37,18 points sur dix ans.
Des résultats contrastés pour les espèces
L’EPI met en évidence un contraste marqué concernant la protection des espèces.
Le Maroc décroche la 1re place mondiale pour l’indice de qualité des habitats des espèces, avec le score maximal de 100 sur 100, ce qui signifie que les habitats naturels des espèces restent globalement bien préservés.
Le pays obtient également un score de 55,80 pour l’indice de protection des espèces, se classant 91e mondial.
En revanche, la situation des espèces évaluées par la Liste rouge de l’UICN apparaît plus préoccupante. Avec un score de 26,71, en recul de 6,31 points sur dix ans, le Maroc n’occupe que la 140e place mondiale, reflétant une dégradation de l’état de conservation d’une partie de sa biodiversité.
Les milieux marins encore peu protégés
Les indicateurs consacrés aux écosystèmes marins montrent également des marges importantes de progression.
Le Maroc obtient :
- un score nul (0,00) pour la protection des habitats marins, le classant 96e mondial ;
- un score de 5,21 pour la protection des zones marines clés pour la biodiversité (Marine KBA), soit une 97e place mondiale.
Ces résultats restent largement inférieurs aux niveaux observés dans les pays les plus performants.
Une résilience écologique perfectible
L’indice de biodiversité des habitats atteint 36,31, plaçant le Royaume au 107e rang mondial, tandis que l’indice de résilience bioclimatique des écosystèmes s’établit à 35,68, ce qui vaut au Maroc la 90e place mondiale.
Ces deux indicateurs enregistrent un léger recul sur la dernière décennie, signe que les écosystèmes marocains demeurent soumis à des pressions croissantes liées notamment à l’urbanisation, à la sécheresse et au changement climatique.
| Indicateur | Rang mondial | Score EPI | Évolution sur 10 ans | Rang régional | Moyenne régionale |
|---|---|---|---|---|---|
| Vitalité des écosystèmes | 143 | 33,59 | -0,42 | 13 | 40,67 |
| Biodiversité et habitats | 146 | 24,23 | +0,75 | 11 | 30,50 |
| Protection des habitats marins | 96 | 0,00 | 0,00 | 11 | 19,24 |
| Protection des zones marines clés pour la biodiversité (Marine KBA) | 97 | 5,21 | +0,50 | 8 | 23,13 |
| Efficacité des aires marines protégées (AMP) | 33 | 62,82 | -37,18 | 4 | 37,67 |
| Protection des biomes terrestres | 168 | 7,10 | +0,09 | 15 | 38,46 |
| Protection des zones terrestres clés pour la biodiversité (KBA terrestres) | 163 | 7,64 | +0,08 | 14 | 42,56 |
| Indice de représentativité des aires protégées | 40 | 38,78 | +10,10 | 1 | 26,46 |
| Indice de connectivité des aires protégées | 17 | 45,62 | +6,24 | 1 | 16,88 |
| Indice de protection des espèces | 91 | 55,80 | — | 6 | 39,95 |
| Indice de qualité des habitats des espèces | 1 | 100,00 | — | 1 | 93,34 |
| Indice de la Liste rouge (UICN) | 140 | 26,71 | -6,31 | 15 | 52,82 |
| Indice de biodiversité des habitats | 107 | 36,31 | -1,11 | 13 | 40,76 |
| Indice de résilience bioclimatique des écosystèmes | 90 | 35,68 | -1,74 | 8 | 39,02 |
Le Maroc progresse dans la préservation des prairies, mais reste fragile sur les forêts et les ressources halieutiques
Le rapport 2026 de l’Environmental Performance Index (EPI) met en évidence un bilan contrasté du Maroc en matière de gestion des ressources naturelles. Si le Royaume obtient de bonnes performances dans la préservation des prairies, il demeure confronté à d’importants défis concernant les forêts et la durabilité des ressources halieutiques.
Une gestion des pêcheries encore perfectible
Le Maroc se classe 87e mondial pour la gestion des ressources halieutiques, avec un score de 47,76 sur 100, en progression de 3,17 points sur dix ans. Malgré cette amélioration, le pays reste en dessous de la moyenne régionale (59,27).
Les résultats varient selon les indicateurs. Le Royaume obtient une 64e place mondiale pour le chalutage de fond en haute mer, avec un score de 63,86, proche de la moyenne régionale. En revanche, les performances sont plus modestes pour le chalutage de fond dans les eaux nationales, où il n’occupe que le 91e rang mondial avec un score de 38,47.
Concernant les rejets de captures de poissons, le Maroc se classe 78e mondial, tandis que l’indice trophique marin régional, qui mesure l’équilibre des écosystèmes marins exploités par la pêche, le place au 97e rang, traduisant des marges de progression dans la gestion durable des stocks halieutiques.
Les forêts, principal point de fragilité
La situation est nettement plus préoccupante pour les écosystèmes forestiers.
Le Maroc ne se classe que 109e mondial avec un score de 11,14, très inférieur à la moyenne régionale (33,46). Plus préoccupant encore, cet indicateur recule de 8,83 points sur les dix dernières années.
La perte du couvert forestier constitue l’un des principaux facteurs expliquant cette contre-performance. Le Royaume obtient un score de seulement 10,85, en baisse de 9,70 points sur dix ans.
Dans les zones clés pour la biodiversité (KBA), la perte du couvert forestier reste également importante, avec un score de 11,69, confirmant les pressions exercées sur les espaces naturels les plus sensibles.
Les prairies, l’un des meilleurs résultats du Royaume
À l’inverse, les prairies figurent parmi les domaines où le Maroc affiche ses meilleures performances environnementales.
Le Royaume se hisse au 44e rang mondial, avec un score de 73,86, supérieur à la moyenne régionale (61,97).
Les résultats sont particulièrement favorables concernant la conversion des prairies, où le Maroc atteint la 40e place mondiale avec un score de 76,60, en progression de 6,21 points sur dix ans.
Même dans les zones clés pour la biodiversité, le pays obtient une performance relativement solide, avec un score de 70,52, correspondant au 52e rang mondial.
| Indicateur | Rang mondial | Score EPI | Évolution sur 10 ans | Rang régional | Moyenne régionale |
|---|---|---|---|---|---|
| Pêcheries (Fisheries) | 87 | 47,76 | +3,17 | 10 | 59,27 |
| Rejets de captures de poissons | 78 | 45,21 | +3,21 | 8 | 50,72 |
| Chalutage de fond en haute mer | 64 | 63,86 | +3,40 | 8 | 65,94 |
| Chalutage de fond dans les eaux nationales | 91 | 38,47 | +0,96 | 11 | 66,56 |
| Indice trophique marin régional | 97 | 43,50 | +5,10 | 12 | 53,85 |
| Forêts | 109 | 11,14 | -8,83 | 7 | 33,46 |
| Perte du couvert forestier | 109 | 10,85 | -9,70 | 7 | 31,03 |
| Perte du couvert forestier dans les zones clés pour la biodiversité (KBA) | 97 | 11,69 | -7,19 | 7 | 37,98 |
| Prairies | 44 | 73,86 | +2,97 | 6 | 61,97 |
| Conversion des prairies | 40 | 76,60 | +6,21 | 6 | 61,89 |
| Conversion des prairies dans les zones clés pour la biodiversité (KBA) | 52 | 70,52 | -0,99 | 7 | 62,06 |
Pollution de l’air, agriculture et eau, un bilan contrasté pour le Maroc
Le rapport 2026 de l’Environmental Performance Index (EPI) met en évidence des performances contrastées du Maroc en matière de pollution atmosphérique, d’agriculture durable et de gestion des ressources en eau. Si le Royaume obtient des résultats encourageants dans le traitement des eaux usées et la gestion du phosphore, il demeure en retrait sur la qualité de l’air et plusieurs indicateurs liés aux pratiques agricoles.
La pollution de l’air reste un défi majeur
Le Maroc se classe 135e sur 180 pays pour la pollution atmosphérique, avec un score de 33,52 sur 100, en recul de 3,87 points au cours des dix dernières années. Le Royaume occupe ainsi le 14e rang régional, loin derrière la moyenne de sa région (54,90).
L’évolution des émissions d’oxydes d’azote (NOx) montre une amélioration, avec un score de 35,56 (+14,68 points), mais le Maroc reste 122e au niveau mondial.
En revanche, la situation est plus préoccupante concernant les émissions de dioxyde de soufre (SO₂). Le pays se classe 140e mondial avec un score de 31,49, en forte baisse de 22,40 points sur dix ans, ce qui traduit une détérioration de cet indicateur.
Une agriculture aux performances inégales
Dans le domaine de l’agriculture, le Maroc occupe le 116e rang mondial, avec un score global de 45,05, en léger recul (-0,42 point) sur la dernière décennie. Ce résultat reste toutefois légèrement supérieur à la moyenne régionale (42,18).
Les indicateurs agricoles révèlent des situations contrastées :
- le surplus de phosphore constitue l’un des meilleurs résultats du Royaume, avec une 74e place mondiale et un score de 62,11, en amélioration de 9,67 points ;
- le risque de pollution par les pesticides affiche également une performance relativement favorable, avec un score de 62,33 et une 83e place mondiale.
À l’inverse, la gestion durable de l’azote demeure un point faible. Le Maroc se classe 120e mondial, avec un score de 33,91, en baisse de 7,91 points sur dix ans.
Le rendement relatif des cultures reste également limité. Avec un score de seulement 2,81, le Royaume occupe la 81e place mondiale, signe d’un potentiel d’amélioration de la productivité agricole.
Le traitement des eaux usées constitue un point fort
Le principal motif de satisfaction concerne la gestion des ressources en eau.
Le Maroc se hisse au 41e rang mondial pour le traitement des eaux usées, avec un score de 75,33, supérieur à la moyenne régionale (70,06). Ce résultat place le Royaume parmi les pays les plus performants de sa région sur cet indicateur, reflétant les progrès réalisés dans les infrastructures d’assainissement et de traitement des effluents.
| Indicateur | Rang mondial | Score EPI | Évolution sur 10 ans | Rang régional | Moyenne régionale |
|---|---|---|---|---|---|
| Pollution de l’air | 135 | 33,52 | -3,87 | 14 | 54,90 |
| Tendance des émissions d’oxydes d’azote (NOx) | 122 | 35,56 | +14,68 | 15 | 49,56 |
| Tendance des émissions de dioxyde de soufre (SO₂) | 140 | 31,49 | -22,40 | 14 | 60,24 |
| Agriculture | 116 | 45,05 | -0,42 | 8 | 42,18 |
| Indice de gestion durable de l’azote | 120 | 33,91 | -7,91 | 6 | 31,08 |
| Excédent de phosphore | 74 | 62,11 | +9,67 | 6 | 56,65 |
| Rendement relatif des cultures | 81 | 2,81 | -2,79 | 6 | 22,68 |
| Risque de pollution par les pesticides | 83 | 62,33 | -3,65 | 6 | 56,79 |
| Ressources en eau | – | – | – | – | – |
| Traitement des eaux usées | 41 | 75,33 | — | 10 | 70,06 |
Entre progrès et défis
Les résultats de l’EPI 2026 illustrent une transition environnementale encore incomplète. Le Maroc affiche des avancées notables dans le traitement des eaux usées ainsi que dans certains indicateurs agricoles, notamment la gestion du phosphore.
En revanche, la dégradation de la qualité de l’air, la hausse des émissions de certains polluants atmosphériques et les marges de progression en matière d’agriculture durable montrent que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour renforcer la performance environnementale du Royaume et améliorer son classement international.



