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Décès du légendaire chef des services de renseignement cubains, Ramiro Valdés, à l’âge de 94 ans

Ramiro Valdés, figure historique de la révolution cubaine et fondateur des services de renseignement, s’éteint à 94 ans

Le commandant révolutionnaire cubain Ramiro Valdés, l’un des derniers compagnons de route de Fidel Castro, est décédé à l’âge de 94 ans, a annoncé dimanche le président cubain Miguel Díaz-Canel.

Dans un message publié sur le réseau X, Miguel Díaz-Canel a exprimé sa profonde tristesse face à la disparition de celui qu’il a décrit comme une figure paternelle et un révolutionnaire resté fidèle jusqu’au bout aux idéaux de la révolution cubaine.

L’un des derniers survivants de l’expédition du Granma

Ramiro Valdés faisait partie des rares survivants de la célèbre expédition du yacht Expédition du Granma en 1956, aux côtés de Fidel Castro et de son frère Raúl Castro.

Partis du Mexique avec une poignée d’insurgés, les révolutionnaires avaient débarqué à Cuba pour renverser le régime de Fulgencio Batista, soutenu par les États-Unis.

Cette opération marqua le début de la guérilla qui conduisit à la chute de Batista en 1959 et à l’instauration d’un régime socialiste qui dirige encore aujourd’hui l’île.

Bras droit du Che Guevara dans la guérilla

Durant la lutte armée, Ramiro Valdés occupait le poste de numéro deux d’une colonne de guérilleros dirigée par le révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara.

Après la victoire révolutionnaire, il occupa plusieurs fonctions stratégiques au sein de l’État cubain, notamment celles de ministre de l’Intérieur à deux reprises et de vice-président du Conseil d’État.

Architecte du puissant appareil sécuritaire cubain

Ramiro Valdés restera surtout associé à la création du service de renseignement intérieur cubain, connu sous le nom de G2, qu’il mit en place dans les années 1960 alors qu’il dirigeait le ministère de l’Intérieur.

Cette structure est devenue l’un des piliers du système sécuritaire cubain et a joué un rôle central dans la surveillance des opposants et la lutte contre les mouvements contre-révolutionnaires.

Dans une rare interview accordée à la télévision d’État en 2018, il expliquait que les services de sécurité disposaient d’un contrôle extrêmement étendu de la société, leur permettant notamment d’infiltrer les organisations hostiles au régime.

Selon l’analyste Michael Shifter du groupe de réflexion Inter-American Dialogue, Valdés a dirigé l’appareil sécuritaire durant la période la plus tendue de l’affrontement entre le nouveau pouvoir révolutionnaire et les groupes anticommunistes, certains soutenus par la CIA.

Une influence durable à Cuba et au Venezuela

Né le 28 avril 1932 dans une famille modeste de la province d’Artemisa, Ramiro Valdés était facilement reconnaissable à sa barbe blanche et à son uniforme militaire vert olive.

En 2010, il avait également effectué une mission prolongée au Venezuela, allié stratégique de Cuba. Officiellement chargé de questions énergétiques, il avait été accusé par l’opposition vénézuélienne de superviser des opérations de renseignement.

Sous les présidences de Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro, Caracas fournissait à Cuba du pétrole à prix préférentiel en échange d’une coopération étroite dans les domaines de la sécurité et du renseignement.

Une figure majeure de l’histoire cubaine

Membre fondateur du Parti communiste de Cuba, Ramiro Valdés avait été élevé au rang de « Héros de la République de Cuba » pour son rôle dans la révolution.

Sa disparition marque la fin d’un chapitre de l’histoire révolutionnaire cubaine, alors que les derniers acteurs de la génération ayant pris le pouvoir en 1959 disparaissent progressivement de la scène politique.

AFP

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