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De la pâte vierge au recyclé : le grand virage de Med Paper

Malgré une profonde transformation de son modèle industriel, Med Paper continue de faire face à une érosion de son activité. Les indicateurs publiés au titre du premier trimestre 2026 et les comptes arrêtés à fin 2025 témoignent d’une entreprise engagée dans sa mutation, mais dont les résultats opérationnels restent fragiles.

Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires s’est établi à 17,2 millions de dirhams, contre 19 millions de dirhams un an auparavant, soit un recul de 9,3%. Une contre-performance qui s’inscrit dans une tendance baissière observée depuis plusieurs exercices.

Le chiffre d’affaires annuel est ainsi passé de 107,9 millions de dirhams en 2023 à 105,6 millions en 2024, avant de chuter à 88,4 millions de dirhams en 2025. En l’espace de deux ans, l’entreprise a donc perdu près de 20 millions de dirhams de revenus, illustrant les difficultés rencontrées pour retrouver une dynamique commerciale durable.

Cette contraction intervient alors même que Med Paper revendique l’aboutissement de sa transformation industrielle.

La société a définitivement abandonné son activité historique basée sur la pâte à papier vierge pour se concentrer sur la production de papier 100% recyclé.

Une réorientation stratégique qui lui permet aujourd’hui de proposer un papier recyclé marocain à forte valeur ajoutée et de qualité élevée.

Mais si la mutation industrielle semble achevée, les résultats financiers montrent que les bénéfices de cette stratégie tardent encore à se matérialiser sur le plan commercial.

Les comptes arrêtés au 31 décembre 2025 mettent en évidence une dégradation des fondamentaux d’exploitation. La valeur ajoutée s’est contractée, tandis que l’insuffisance brute d’exploitation s’est établie à -4,6 millions de dirhams. Plus préoccupant encore, le résultat d’exploitation demeure nettement déficitaire à -10,4 millions de dirhams.

Le groupe est néanmoins parvenu à dégager un bénéfice net de 6,7 millions de dirhams. Un résultat positif certes, mais en baisse de 15% par rapport aux 7,9 millions de dirhams réalisés en 2024.

Ce décalage entre un résultat net bénéficiaire et une exploitation toujours déficitaire soulève une question centrale : la rentabilité affichée provient-elle réellement du cœur de métier ? Les chiffres suggèrent que les activités opérationnelles continuent de peser sur les performances du groupe, tandis que des éléments financiers ou exceptionnels contribuent à préserver l’équilibre final des comptes.

Pour autant, Med Paper reste convaincue du potentiel du marché national. La société compte notamment sur les retombées de la politique de préférence nationale pour renforcer la compétitivité de la production locale face aux importations.

Le défi reste cependant considérable. Après avoir réussi sa transition vers le papier recyclé, Med Paper doit désormais démontrer que ce nouveau modèle est capable de générer de la croissance, d’améliorer la rentabilité opérationnelle et de renouer durablement avec l’expansion de son chiffre d’affaires.

Bourse : l’embellie de 2025 n’aura été qu’un feu de paille

L’évolution du titre Med Paper sur les trois dernières années illustre parfaitement les interrogations du marché quant à la capacité du groupe à transformer sa mutation industrielle en performances financières durables.

Le titre s’échangeait à 24,88 dirhams le 26 juin 2023, contre 24,95 dirhams le 24 juin 2026, soit une progression marginale de seulement 0,3% sur trois ans.. Une stabilité apparente qui masque pourtant une forte volatilité observée au cours de la période.

Après avoir évolué pendant près de deux ans dans une fourchette comprise entre 18 et 24 dirhams, le titre a connu un spectaculaire accès d’optimisme durant l’été 2025. L’action a alors franchi le seuil des 30 dirhams avant de culminer à plus de 40 dirhams, portée par un regain d’intérêt des investisseurs et une nette accélération des volumes d’échanges.

Mais cette envolée n’a pas résisté à l’épreuve des résultats. Dès le second semestre 2025, le titre a progressivement reperdu l’essentiel de ses gains pour revenir autour de 25 dirhams, son niveau d’il y a trois ans.

Le message envoyé par le marché est sans ambiguïté. Les investisseurs ont salué le potentiel de la transformation engagée par Med Paper, mais ils attendent désormais des preuves concrètes de sa capacité à générer de la croissance, à restaurer sa rentabilité opérationnelle et à améliorer durablement ses performances financières.

Cette évolution boursière fait écho aux fondamentaux du groupe. Alors que le chiffre d’affaires a reculé de près de 18% entre 2023 et 2025, que le résultat d’exploitation demeure déficitaire et que le ROE est tombé de 23,2% à 16,3% en un an, la valorisation du groupe peine à trouver un nouveau moteur de croissance.

Le rendement des capitaux propres (ROE) s’est établi à 16,3% en 2025, contre 23,2% en 2024 et 21,7% en 2023. En l’espace d’un an, cet indicateur a ainsi perdu près de 7 points, traduisant une baisse significative de la capacité de l’entreprise à générer des profits à partir des fonds investis par ses actionnaires.

En définitive, le titre Med Paper semble aujourd’hui pris entre deux récits. Celui d’une entreprise qui a réussi sa reconversion industrielle vers le papier 100% recyclé et celui d’une société qui n’a pas encore démontré que cette transformation pouvait se traduire par une amélioration durable de ses résultats. Trois ans après le début de cette mutation, le marché continue d’attendre le véritable tournant économique.

ART. 147. – Préférence nationale


Lorsque des concurrents non installés au Maroc
soumissionnent aux marchés de travaux, de fournitures ou
de services, une préférence est accordée, lors de l’évaluation
des offres financières, aux offres présentées par les concurrents
installés au Maroc, sous réserve du respect des engagements
pris dans le cadre d’accords internationaux dûment ratifiés
par le Royaume du Maroc.
A cet effet, le montant de l’offre financière présentée par
le concurrent non installé au Maroc est:
– minoré d’un pourcentage fixé à quinze pour cent (15%),
lorsque le montant de cette offre est le plus proche par
défaut du prix de référence et qu’il existe des offres
présentées par des concurrents installés au Maroc
inférieures à ce prix de référence ;
– majoré d’un pourcentage fixé à quinze pour cent (15%),
lorsque le montant de cette offre est le plus proche par
excès du prix de référence, en cas d’absence d’offres
inférieures à ce prix de référence ;
– majoré d’un pourcentage fixé à quinze pour cent (15%),
lorsque le montant de cette offre est le plus proche par
défaut du prix de référence, dans le cas où les offres
présentées par les concurrents installés au Maroc sont
supérieures à ce prix de référence.

En ce qui concerne les marchés de services portant sur
les études, le montant de l’offre financière présentée par le
concurrent non installé au Maroc est majoré d’un pourcentage
fixé à quinze pour cent (15%).
Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas
au groupement, lorsque un ou plusieurs de ses membres sont
installés au Maroc, à condition que la part qu’il détient ou
qu’ils détiennent dans le groupement, telle qu’indiquée sur
l’acte d’engagement, est égale ou supérieure à trente (30%)
pour cent.

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