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Minerais stratégiques : le Maroc dans le radar d’un consortium américain de 20 milliards de dollars

Le Maroc gagne du terrain dans la nouvelle géopolitique des métaux stratégiques.

Le consortium américain Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC) accélère son déploiement international. Soutenu par le gouvernement américain, le véhicule d’investissement est en discussions avancées pour conclure trois nouveaux partenariats public-privé en Asie, avec l’ambition de financer un portefeuille mondial de projets miniers estimé à 20 milliards de dollars.

Un troisième pilier asiatique en préparation

Après avoir mobilisé 1,8 milliard de dollars auprès d’investisseurs américains et moyen-orientaux, Orion cherche désormais à constituer un troisième pôle régional en Asie. Les discussions portent avec des fonds souverains, des agences gouvernementales et des industriels de premier plan.

L’objectif est de sécuriser l’accès des économies occidentales à des ressources stratégiques comme le cuivre, le lithium, les terres rares et d’autres minerais critiques, devenus indispensables à la transition énergétique, au numérique et à l’industrie de défense.

Une demande mondiale en forte accélération

Selon les dirigeants du consortium, la croissance des centres de données, l’expansion des géants du cloud, l’urbanisation continue ainsi que les besoins liés au réarmement mondial provoquent une explosion de la demande en matières premières stratégiques.

Orion estime que le développement de nouvelles capacités minières nécessitera 2.400 milliards de dollars d’investissements d’ici le milieu du siècle, dont au moins 800 milliards de dollars au cours des quinze prochaines années pour permettre la mise en production des projets.

Le cuivre illustre l’ampleur du défi : la production mondiale devrait pratiquement doubler d’ici 2050.

Un déficit de financement à combler

Le consortium considère que le principal obstacle n’est pas géologique mais financier. Les États sont confrontés à des niveaux d’endettement élevés tandis que de nombreuses banques ont réduit leur exposition aux projets miniers en phase de développement.

Cette situation crée un déficit de financement majeur pour les projets dits « pré-revenus », ouvrant un espace à de nouveaux acteurs spécialisés capables de prendre davantage de risques.

L’Asie du Sud-Est au cœur des priorités

Orion cible en priorité les développeurs miniers de taille intermédiaire plutôt que les grands groupes internationaux.

Le consortium identifie plusieurs projets majeurs en :

  • Indonésie ;
  • Vietnam ;
  • Philippines ;
  • Australie.

Des opportunités sont également étudiées en :

  • Kazakhstan ;
  • Ouzbékistan ;
  • Afrique australe ;
  • Amérique du Sud.

Le Maroc figure parmi les zones stratégiques ciblées

Parmi les régions considérées comme prioritaires, Orion cite explicitement plusieurs pays africains, notamment :

  • le Maroc ;
  • la Namibie ;
  • le Mali ;
  • la ceinture du cuivre africaine.

Cette mention confirme l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le potentiel minier marocain, dans un contexte où le Royaume cherche à renforcer sa position dans les chaînes de valeur des métaux stratégiques et à attirer davantage de capitaux dans l’exploration et la transformation des ressources minières.

Les chiffres clés

  • 20 milliards de dollars : portefeuille mondial de projets visé par Orion CMC.
  • 1,8 milliard de dollars déjà levés.
  • 3 nouveaux partenariats asiatiques en négociation avancée.
  • 2.400 milliards de dollars d’investissements miniers nécessaires d’ici 2050.
  • 800 milliards de dollars à mobiliser au cours des 15 prochaines années.
  • Production mondiale de cuivre appelée à doubler d’ici 2050.
  • Maroc, Namibie et Mali identifiés parmi les destinations africaines à fort potentiel.

Reuters

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