
Selon les projections de Bank Al-Maghrib, le compte extérieur du Maroc devrait être marqué à court terme par une détérioration du solde courant, sous l’effet conjugué de la hausse des importations énergétiques et de la dynamique d’investissement, malgré la résilience de certains secteurs exportateurs et des flux de devises stables.
Une facture d’importation en forte hausse
Les importations devraient être tirées par deux facteurs principaux :
Énergie
- +26% en 2026 : 135 milliards de dirhams
- puis repli à 114,4 milliards en 2027
Biens d’équipement
- +12,3% en 2026
- +9,3% en 2027
- pour atteindre environ 245 milliards de dirhams
👉 Ces évolutions traduisent à la fois la hausse des prix mondiaux et la poursuite de l’investissement domestique.
Exportations : une reprise progressive
Automobile
- recul de 1,8% en 2025
- puis reprise progressive jusqu’à 190,8 milliards de dirhams en 2027
Phosphates et dérivés
- hausse de 8,5% puis 2,4%
- pour atteindre 110,9 milliards en 2027
Le secteur exportateur marocain retrouve une dynamique graduelle après un ralentissement.
Tourisme et transferts MRE : piliers de stabilité
Recettes de voyages
- 138,6 milliards en 2025
- 161,1 milliards en 2027
Transferts des Marocains Résidant à l’Étranger (MRE)
- environ 122 milliards à près de 130 milliards
Ces deux postes continuent de jouer un rôle d’amortisseur majeur du déficit extérieur.
Un déficit courant qui se creuse temporairement
Le solde du compte courant évoluerait comme suit :
- -2,4% du PIB en 2025
- -4% en 2026
- -3,8% en 2027
Une détérioration en 2026 suivie d’une légère amélioration en 2027.
IDE et réserves de change : une stabilité sous surveillance
Investissements directs étrangers (IDE)
- flux estimés autour de 3,5% du PIB
- forte incertitude sur leur évolution
Réserves officielles
- progression vers 542 milliards de dirhams en 2027
- couverture de 6 mois et 9 jours d’importations
En résumé
Le compte extérieur marocain est caractérisé par :
- hausse forte des importations énergétiques et d’équipement
- reprise progressive des exportations industrielles et minières
- solidité des recettes touristiques et des transferts MRE
- creusement temporaire du déficit courant
- consolidation des réserves de change
Un équilibre extérieur fragile mais globalement soutenu par les flux structurels de devises.



