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Alliance Renault–Nissan : fractures ouvertes sur la gouvernance du constructeur japonais

Renault, qui détient environ 36 % de Nissan mais ne peut exercer que 15 % des droits de vote, prévoit de s’abstenir lors du vote sur le renouvellement de Motoo Nagai ainsi que sur la nomination de Junichi Shinbo, lors de l’assemblée générale des actionnaires prévue mardi, selon des sources proches du dossier.

Les deux candidats sont d’anciens banquiers du groupe Mizuho Financial Group, principal créancier de Nissan, ce qui soulève des doutes sur leur indépendance, selon ces mêmes sources. Nissan, en difficulté depuis l’éviction de l’ancien président Carlos Ghosn en 2018, affiche une dette de 4 400 milliards de yens (27,3 milliards de dollars), et les agences de notation ont abaissé sa note au rang de « junk ».

Motoo Nagai, 72 ans, est le seul administrateur siégeant aux comités de nomination, de rémunération et d’audit, ce qui lui confère une influence importante sur la désignation des dirigeants de Nissan. Il avait soutenu les discussions de fusion entre Nissan et Honda en 2024, finalement abandonnées faute d’accord sur la structure. Ancien auditeur légal entre 2014 et 2019, il a joué un rôle clé dans les événements ayant conduit à l’arrestation de Carlos Ghosn, avant de rejoindre le conseil d’administration sept ans plus tard.

« Renault intervient en tant qu’actionnaire majeur et cherche à exercer une influence sur la gouvernance », estime Takeshi Miyao, analyste chez le cabinet automobile Carnorama.

Motoo Nagai n’a pas répondu aux sollicitations. Junichi Shinbo n’a pas pu être joint. Renault et Nissan ont refusé de commenter. Dans une lettre aux actionnaires, Andrew House, président du comité de nomination chez Nissan, affirme que le comité a conclu que « l’indépendance de M. Nagai n’est pas compromise et que sa réélection est dans l’intérêt de l’entreprise et de ses actionnaires ».

Étant donné que Renault et Nissan ont convenu en 2023 de limiter leurs droits de vote mutuels à 15 % dans le cadre de leur alliance renegociée, il n’est pas certain que l’abstention de Renault suffise à bloquer la reconduction de Nagai. De plus, le résultat final reste incertain avant l’assemblée générale, les actionnaires pouvant voter librement. Une majorité est requise pour adopter les résolutions du conseil.

Les agences de conseil en vote Institutional Shareholder Services et Glass Lewis recommandent aux actionnaires de voter contre la reconduction de Nagai. Glass Lewis estime notamment qu’« il n’est pas indépendant ».

BLOOMBERG


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