Minéraux critiques : le Maroc s’impose à la table des puissances industrielles

À Istanbul, le Royaume ne joue plus les seconds rôles. En coprésidant le Forum de Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur les minéraux critiques aux côtés de la Türkiye, le Maroc envoie un signal clair : il veut peser dans la bataille mondiale des ressources stratégiques.
Une guerre silencieuse pour le lithium, le cobalt… et le pouvoir industriel
Derrière le thème consensuel — “mobiliser les investissements et la croissance grâce aux partenariats” — se cache une réalité plus brutale : une compétition mondiale pour sécuriser les métaux indispensables à la transition énergétique.
Lithium, cobalt, terres rares… ces ressources sont devenues le nerf de la guerre industrielle. Batteries, véhicules électriques, énergies renouvelables : sans elles, pas de transition.
Mais le marché est instable. La ministre Leila Benali le reconnaît : volatilité des prix, tensions géopolitiques, chaînes d’approvisionnement fragiles. Résultat : les investissements restent hésitants.
Le Maroc, outsider devenu pivot stratégique
C’est là que Rabat avance ses pions.
Bien que non membre de l’OCDE, le Royaume décroche la coprésidence du Forum — une reconnaissance implicite de son rôle croissant dans les chaînes de valeur mondiales. Une montée en puissance qui s’inscrit dans la stratégie impulsée sous Mohammed VI.
Objectif : transformer le Maroc en hub industriel et énergétique, capable de capter davantage de valeur ajoutée, au-delà de l’extraction brute.
“Déclaration de Marrakech” : l’Afrique veut reprendre la main
Le Maroc ne parle pas seulement pour lui. Il porte aussi une ambition continentale.
La ministre met en avant la “Déclaration de Marrakech”, issue du Congrès minier international de 2025 : un tournant stratégique. Pour la première fois, des pays africains posent les bases de leurs propres standards en matière de gouvernance minière, d’environnement et de responsabilité sociale.
Un message clair aux investisseurs internationaux :
L’Afrique ne veut plus être un simple fournisseur de matières premières.
Elle veut imposer ses règles et capter une part équitable de la richesse.
Un appel direct à l’OCDE : plus de transparence, moins de barrières
Face aux grandes puissances industrielles, Rabat hausse le ton.
Le Maroc appelle les membres de l’OCDE à :
- renforcer la transparence des chaînes d’approvisionnement
- réduire les barrières commerciales
- stabiliser les flux d’investissement
Car aujourd’hui, ce sont les tensions commerciales et les politiques protectionnistes qui alimentent la volatilité… et freinent toute stratégie industrielle durable.
Deux jours pour redessiner les chaînes de valeur mondiales
Le Forum réunit décideurs publics, industriels et experts autour d’un enjeu central :
sécuriser les approvisionnements;
industrialiser localement;
créer de la valeur dans les pays producteurs.
Au programme :
- financements et investissements stratégiques
- compétitivité commerciale
- traçabilité et normes responsables
- économie circulaire
Avec, en toile de fond, une question majeure :
qui contrôlera les ressources qui feront l’économie de demain ? map



