
KBR a été sélectionné par ORNX Green Hydrogen pour l’étude d’ingénierie de base préliminaire (Pre-FEED) du projet d’ammoniac à bas coût de Laâyoune, soutenu par une subvention de 5,7 millions de dollars de l’USTDA. Objectif : 560 000 tonnes par an, 900 MW d’électrolyseurs, plus de 2 GW de renouvelables et 4,5 milliards de dollars d’investissement. Le consortium, qui comprend GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase, vise désormais les financements européens. Un projet qui replace le Sahara marocain au cœur de la géopolitique mondiale de l’énergie propre.
KBR, la caution technologique mondiale
Selon le communiqué de résultats publié le 28 octobre 2026, le géant américain de l’ingénierie KBR a été « sélectionné pour l’étude Pre-FEED du projet d’ammoniac vert au Maroc par ORNX Green Hydrogen, afin de soutenir le développement d’une usine d’ammoniac à faible coût de classe mondiale dans la région de Laâyoune »
KBR ne se contente pas d’apporter son ingénierie : il fournira la licence technologique et les services Pre-FEED. Un choix qui n’a rien d’anodin quand on sait que la technologie d’ammoniac de KBR a été déployée dans plus de 260 projets de construction, rénovation et extension à travers le monde.
« En tant que leader mondial de la technologie de l’ammoniac, KBR est particulièrement bien positionné pour aider les développeurs à accélérer la maturité des projets, optimiser les performances des usines et réduire les risques d’exécution », a déclaré Jay Ibrahim, président de Sustainable Technology Solutions chez KBR.
Fait révélateur de l’implication américaine : KBR a joué un rôle déterminant dans l’engagement d’ORNX auprès de l’USTDA et dans l’élaboration de la demande de subvention qui a permis de financer l’étude Pre-FEED. Autrement dit, le projet marocain est porté par un écosystème américain qui va de l’agence fédérale au secteur privé.
Le projet en chiffres : 4,5 milliards de dollars pour 560 000 tonnes
Le projet de Laâyoune n’est pas une annonce de principe. Les chiffres, compilés à partir du communiqué de KBR et des informations du consortium, donnent la mesure de l’ambition :
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Production cible d’ammoniac | ~560 000 tonnes/an |
| Capacité d’électrolyseurs | ~900 MW |
| Capacités solaires et éoliennes | Plus de 2 GW |
| Investissement total estimé | ~4,5 milliards de dollars |
| Infrastructures prévues | Stockage + unité de dessalement d’eau de mer |
| Financement Pre-FEED | 5,7 M$ (USTDA) |
| Consortium | KBR, GE Vernova, Electric Hydrogen, Terabase |
Le développement intégrera sur une même plateforme la production d’électricité, la production d’hydrogène et la synthèse d’ammoniac, en tirant parti des ressources renouvelables abondantes de la région et de son accès stratégique aux infrastructures portuaires.
Un consortium à plusieurs étages
Le projet repose sur une architecture complexe. La coentreprise ORNX réunit l’américain Ortus Climate Mitigation et le consortium hispano-allemand Acciona & Nordex Green Hydrogen. Autour d’elle gravitent les partenaires techniques : KBR pour la technologie ammoniac, GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase pour l’ingénierie et les équipements.
« Ce financement garantira la réalisation réussie des études Pre-FEED menées par KBR, de renommée mondiale, en collaboration avec un consortium qui comprend GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase », a déclaré Peter A. Gish, président-directeur général d’ORNX. « Nous avons hâte de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires alors que nous accélérons vers le FEED et la décision finale d’investissement. »
Après Washington, Bruxelles
Le projet ne se contente pas du soutien américain. Selon Africa Intelligence, ORNX explore désormais les possibilités d’un soutien européen pour sa phase de mise en œuvre. Raul Manzanas Ochagavia, directeur du développement d’Acciona & Nordex Green Hydrogen, a rencontré des représentants d’institutions européennes à Bruxelles pour évaluer l’éligibilité du projet aux mécanismes de financement disponibles.
Le consortium cherche à inscrire le projet dans le cadre réglementaire européen :
- Respect des critères RFNBO (carburants renouvelables d’origine non biologique), central pour un projet visant les marchés européens ;
- Alignement sur la taxonomie verte de l’Union européenne ;
- Accès potentiel aux financements de la BEI et de la BERD ;
- Intégration dans la logique du plan REPowerEU, qui vise 42,5 % d’énergies renouvelables dans le mix européen d’ici 2030 et accroît les importations d’hydrogène renouvelable.
Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) constitue un autre atout : l’ammoniac figurant parmi les produits susceptibles d’être soumis à un coût carbone à leur entrée sur le marché européen, la production d’ammoniac vert bénéficierait d’un avantage compétitif dans un environnement où l’empreinte carbone devient un facteur de compétitivité.



