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Le gouvernement a dévoilé les hypothèses qui serviront de socle à son projet de loi de finances (PLF) 2027. Derrière la technicité des chiffres se dessine une ambition claire : conforter la trajectoire de consolidation budgétaire tout en soutenant le pouvoir d’achat et l’investissement.
Une croissance attendue à 3,7 %
Première pierre de l’édifice : la croissance du produit intérieur brut est projetée à 3,7 % en 2027. Une hypothèse que l’exécutif qualifie de réaliste, mais qui tranche avec les 4,1 % évoqués dans les documents préparatoires. Ce léger recalibrage à la baisse traduit la prudence du gouvernement face à un environnement international incertain.
L’agriculture, pilier du scénario
Le scénario repose largement sur un retour à la normale climatique. Le gouvernement table sur une production céréalière de 70 millions de quintaux. Un niveau élevé, qui conditionne en grande partie la performance du secteur agricole et, par ricochet, la croissance globale et l’équilibre des finances publiques. Un pari risqué : la pluviométrie reste par nature imprévisible.
Inflation maîtrisée et change stable
Côté prix, l’exécutif vise un taux d’inflation de 1,5 %, soit un niveau modéré, cohérent avec l’objectif de stabilité des prix de Bank Al-Maghrib. Le scénario retient également un taux de change de 1,163 dollar pour un euro, une hypothèse qui pèsera sur la compétitivité des exportations et le coût des importations.
Sur le front énergétique, le prix du gaz butane est fixé à 600 dollars la tonne, un niveau proche des prévisions des institutions internationales (environ 598 dollars) et de la moyenne des neuf premiers mois de 2026 (623 dollars).
Enfin, la demande internationale adressée au Maroc, hors produits du phosphate et dérivés, est attendue en hausse de 2,6 %, portée notamment par l’automobile, l’aéronautique et l’électronique.
19,4 milliards de dirhams pour la compensation
Le volet social occupe une place centrale dans ce projet. Pas moins de 19,4 milliards de dirhams sont prévus pour la compensation des prix du gaz butane, du sucre et de la farine, dont près de 9 milliards consacrés au seul gaz butane. Un effort budgétaire considérable, destiné à protéger le pouvoir d’achat des ménages face aux chocs externes.
Le PLF 2027 met par ailleurs l’accent sur l’insertion des jeunes sur le marché du travail, la souveraineté en matière d’eau, d’énergie et d’alimentation, ainsi que sur la stimulation de l’investissement privé.
L’objectif : un déficit à 3 %
Avec ces hypothèses, l’exécutif entend contenir le déficit budgétaire autour de 3 % du PIB. Un objectif qui suppose une exécution rigoureuse du scénario retenu — et notamment que les aléas climatiques et la volatilité des marchés énergétiques épargnent l’économie marocaine.
Entre optimisme affiché et prudence des chiffres, le PLF 2027 se présente ainsi comme un exercice d’équilibre : soutenir la croissance sans compromettre la discipline budgétaire, protéger les ménages sans étouffer l’investissement. Reste à savoir si la réalité de 2027 sera à la hauteur de ces ambitions.



