Economie

PLF2027-Défense : l’État autorise un engagement de 190,5 milliards de dirhams dès 2027

C’est une disposition budgétaire qui en dit long sur l’ampleur des ambitions militaires du Maroc. L’article 36 du Projet de Loi de Finances (PLF) 2027 autorise le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense Nationale à engager, dès 2027, 190,5 milliards de dirhams (190 500 000 000 DH) au titre du compte de dépenses sur dotations intitulé « Acquisition et réparation des matériels des Forces Armées Royales et soutien au développement de l’industrie de défense ». Une somme colossale, qui correspond à une anticipation sur les crédits qui seront ouverts en 2028.

Qu’est-ce qu’un engagement par anticipation ?

Le mécanisme est technique, mais ses implications sont majeures. En temps normal, un ministre ne peut engager des dépenses que dans la limite des crédits ouverts pour l’année budgétaire en cours. L’engagement par anticipation permet de dépasser cette limite en autorisant, dès 2027, la conclusion de marchés ou de contrats dont le paiement s’étalera sur les exercices suivants, notamment 2028.

Concrètement, cela signifie que l’État s’engage juridiquement et financièrement sur 190,5 milliards de dirhams pour l’acquisition et la réparation de matériels militaires, ainsi que pour le soutien au développement de l’industrie de défense nationale. Un montant qui vient s’ajouter aux 57,72 milliards de dirhams de dépenses de fonctionnement déjà prévus pour la Défense nationale en 2027.

Un signal fort pour l’industrie de défense

Le libellé du compte de dépenses est révélateur : « Acquisition et réparation des matériels des Forces Armées Royales et soutien au développement de l’industrie de défense ». L’État ne se contente pas d’acheter des équipements ; il entend aussi soutenir l’émergence d’une industrie de défense nationale. Une ambition qui s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté industrielle et technologique, et qui pourrait se traduire par des partenariats, des transferts de technologie et la création d’un tissu industriel dédié.

Ce qu’il faut retenir

  1. 190,5 milliards de dirhams engagés dès 2027 : c’est le montant que l’État est autorisé à engager par anticipation sur les crédits de 2028, pour l’acquisition et la réparation des matériels des Forces Armées Royales et le soutien à l’industrie de défense.
  2. Un mécanisme d’anticipation budgétaire : cette disposition permet de contourner la limite annuelle des crédits ouverts, en autorisant des engagements pluriannuels dès 2027. Une pratique qui traduit l’ampleur et l’urgence des besoins militaires.
  3. Un signal pour l’industrie de défense : le libellé du compte de dépenses inclut explicitement le « soutien au développement de l’industrie de défense », confirmant la volonté de l’État de bâtir un tissu industriel national dans ce secteur stratégique.
  4. Un budget militaire en pleine expansion : entre les 57,72 milliards de fonctionnement, les 5 500 postes créés et les 190,5 milliards engagés par anticipation, la Défense nationale s’affirme comme l’un des chantiers prioritaires de l’État, avec des montants qui dépassent largement ceux de nombreux autres ministères.

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