Croissance Verte

CLIMAT: La BEI veut distribuer 30 milliards, mais personne n’en veut

Le frein à l’adaptation climatique n’est plus la prise de conscience des risques mais le manque de projets à financer, selon la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a détaillé jeudi son plan de doublement à 30 milliards d’euros (27,6 milliards de francs suisses) de ses financements sur cinq ans. «Le vivier de projets finançables reste insuffisant», écrit la BEI dans la deuxième phase de son plan d’adaptation au climat, estimant que «le principal défi n’est plus de sensibiliser aux risques climatiques».

Détenue par les 27 États membres de l’Union européenne, la BEI est l’institution de prêt à long terme de l’Union. Elle se finance surtout en empruntant sur les marchés. Mais les projets prêts à être financés manquent. Les PME, les collectivités locales, les agriculteurs et les pays vulnérables peinent particulièrement à monter des projets, explique la BEI.

Accompagnement technique

Ils manquent souvent de capacités techniques pour évaluer les risques et préparer des dossiers, et ont peu d’intérêt financier immédiat à investir, selon le document. Pour faire émerger des projets, la BEI compte associer ses prêts à un accompagnement technique.

Elle cite, pour les PME et les agriculteurs, des équipements comme l’irrigation économe en eau, le refroidissement ou les groupes électrogènes de secours, financés via des banques partenaires, et veut explorer des solutions d’assistance. Elle veut aussi étudier des solutions d’assurance.

Avec le programme européen d’observation de la Terre Copernicus, elle prévoit de lancer ClimateSET, un outil gratuit de données climatiques localisées pour aider entreprises et intermédiaires financiers à repérer les risques et les mesures appropriées. La plupart de ces annonces restent pour l’heure des intentions, sans calendrier ni montant dédié.

L’UE doit investir beaucoup plus

Seul engagement chiffré, l’objectif d’au moins 30 milliards d’euros sur cinq ans, soit le double des quelque 15 milliards du premier plan, avait déjà été adopté en septembre 2025. En Europe, la BEI veut cibler en priorité les zones les plus exposées, comme une partie de l’Europe du Sud particulièrement menacée par la chaleur, la sécheresse et les incendies.

Hors de l’UE, la BEI veut aussi accroître son soutien aux pays les plus vulnérables, notamment les petits États insulaires. Plus largement, l’investissement «ne suit pas le rythme des besoins croissants», souligne le document. Selon la Commission européenne, l’UE aurait besoin d’investir 70 milliards d’euros par an dans l’adaptation jusqu’en 2050, contre environ 29 milliards actuellement. Le plan se dit conçu pour soutenir le cadre européen pour la résilience climatique, que la Commission doit présenter le 28 octobre.

AFP (les/jw)

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