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États-Unis : 3 000 dollars proposés à des enfants dès l’âge de 5 ans

L’administration Trump propose aux enfants âgés d’à peine 5 ans une somme de 3 000 dollars pour qu’ils quittent volontairement les États-Unis, selon des avocats et des organisations de défense des migrants.

Ces offres, qui n’avaient pas été révélées auparavant, renforcent une initiative lancée l’année dernière par l’administration, qui proposait alors 2 500 dollars aux mineurs non accompagnés âgés de 14 ans et plus. Selon les responsables de deux organisations juridiques représentant des mineurs devant les tribunaux de l’immigration, les propositions sont parfois formulées par des avocats de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), tandis que, dans d’autres cas, ce sont les juges de l’immigration qui les présentent.

Cette mesure illustre davantage la volonté de l’administration d’accélérer le traitement des dossiers d’immigration concernant les mineurs et d’augmenter, dans le même temps, le nombre d’expulsions.

« Nous considérons cela comme une tendance plus générale visant à contraindre les enfants, à les intimider et à accentuer la pression sur eux pour qu’ils abandonnent leurs procédures », a déclaré Shaina Aber, directrice exécutive de l’Acacia Center for Justice. « Cela s’inscrit dans cette politique d’expulsion à tout prix qui semble particulièrement cibler les enfants. »

Selon Shaina Aber, au cours du dernier mois, son organisation a reçu des signalements d’avocats et d’observateurs judiciaires de différentes régions du pays. Ceux-ci indiquent que de jeunes enfants, parfois sans représentation juridique, se voient proposer cette somme. Dans certains cas, les juges leur auraient précisé qu’il s’agissait d’une offre unique, qu’ils ne pouvaient pas prendre le temps d’examiner, a-t-elle ajouté.

« En réalité, on demande aux enfants de prendre immédiatement une décision aux conséquences considérables, comme renoncer à leur droit de demander l’asile ou de bénéficier d’autres formes de protection humanitaire, en échange de 3 000 dollars », a expliqué Shaina Aber. « Ils risquent de ne pas comprendre les conséquences à long terme de leur décision. »

Le Bureau exécutif chargé de l’examen des affaires d’immigration (EOIR), qui relève du ministère américain de la Justice, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Un porte-parole du département de la Sécurité intérieure (DHS) n’a pas confirmé le versement de ces sommes à de jeunes enfants, mais a affirmé que l’administration s’employait à réunir les mineurs non accompagnés avec leurs familles.

« De nombreux enfants arrivés seuls à la frontière ont été autorisés à être confiés à des personnes chargées de les accueillir, parmi lesquelles figuraient des passeurs et des trafiquants sexuels », a déclaré le porte-parole dans un communiqué.

Michael Lukens, directeur exécutif de l’Amica Center for Immigrant Rights, une organisation basée à Washington, a indiqué que son association et d’autres organisations partenaires à travers le pays avaient reçu des courriels d’avocats de l’ICE travaillant au sein du Bureau du conseiller juridique principal. Ces courriels proposeraient aux enfants une « prime de 3 000 dollars » en échange d’un départ volontaire des États-Unis.

L’une de ces propositions a été adressée cette semaine à un enfant de 11 ans représenté par son organisation, a précisé Michael Lukens.

« Je ne pense pas que quiconque puisse accepter une situation dans laquelle un enfant est privé d’un procès équitable parce qu’on lui dit qu’il devrait accepter un départ volontaire et qu’il sera payé pour le faire », a-t-il déclaré.

Les services des douanes et de la protection des frontières (CBP) proposent déjà une aide de 3 000 dollars aux personnes éligibles qui acceptent de quitter volontairement le territoire américain, par l’intermédiaire de l’application CBP Home. Toutefois, des avocats spécialisés en droit de l’immigration affirment n’avoir jamais entendu parler auparavant de l’extension de cette mesure aux enfants de moins de 14 ans dans le cadre de procédures judiciaires.

Cette initiative vient s’ajouter à la pression exercée sur les mineurs non accompagnés, dont les dossiers sont traités à un rythme accéléré devant les tribunaux de l’immigration relevant du ministère de la Justice. Dans le même temps, les financements fédéraux des organisations d’aide juridique sous-traitantes, dont l’Acacia Center for Justice, ont expiré en juillet, mettant en difficulté les structures chargées de représenter ces enfants.

Selon les données du Bureau exécutif chargé de l’examen des affaires d’immigration du ministère de la Justice, plus de 16 500 dossiers concernant des mineurs non accompagnés étaient encore en attente devant les tribunaux de l’immigration en juillet.

Les juges de l’immigration limitent par ailleurs de manière générale le temps accordé aux mineurs non accompagnés pour déposer une demande d’asile ou trouver un avocat. Bloomberg Law avait précédemment rapporté que des responsables de l’EOIR avaient demandé aux juges de restreindre à 21 jours les reports d’audience, appelés continuances, pour les enfants entrés aux États-Unis sans parent ni tuteur légal. bloomberglaw

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