Communiqués

Bank Al-Maghrib publie ses travaux de recherche économique

Les documents de travail sont des papiers de recherche produits par les cadres de Bank Al-Maghrib ou en collaboration avec des chercheurs externes principalement dans les domaines constituant le centre d’intérêt de l’Institution. Leur publication s’inscrit dans la politique générale de transparence de la Banque. Elle vise à partager les résultats des travaux de recherche menés, à susciter les débats sur les questions économiques et financières et à renforcer les liens avec les milieux universitaires et de recherche.

Les domaines couverts par cette publication sont multiples et incluent, en particulier, la politique monétaire et de change, la stabilité financière, la supervision bancaire, la modélisation macroéconomique et les politiques publiques. Les documents publiés sont préalablement évalués par des arbitres externes, universitaires et chercheurs de Banques centrales réputées, afin de garantir une meilleure qualité et rigueur scientifique. Toutefois, les idées et les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue  de Bank Al-Maghrib

Liste des Documents de travail publiés

Missing firm growth in developing countries: A firm-level analysis

Résumé: Quels sont les principaux déterminants de la croissance des entreprises dans les pays en développement ? À partir de données microéconomiques issues des Enquêtes auprès des entreprises de la Banque mondiale (« Enterprise Surveys ») couvrant la période 2010–2024, nous analysons l’impact de trois catégories de facteurs sur la dynamique de croissance des entreprises : (1) les caractéristiques propres à l’entreprise, (2) les facteurs contextuels et (3) l’accès au financement. Notre analyse révèle que chacune de ces catégories est essentielle : les capacités internes et les conditions externes agissent de manière complémentaire pour façonner les trajectoires de croissance des entreprises. Nous montrons que les entreprises dotées de capacités technologiques plus solides enregistrent une croissance significativement plus élevée. En revanche, les entreprises confrontées à l’instabilité politique et aux contraintes de financement connaissent une croissance nettement plus faible, les petites entreprises s’avérant particulièrement vulnérables à ces deux types de contraintes. L’accès au financement bancaire, aussi bien au niveau de l’entreprise qu’à celui de la région et du secteur d’activité, est associé à des gains de croissance substantiels. Ces résultats se révèlent robustes à un large éventail d’analyses de sensibilité et de stratégies d’estimation, notamment des techniques d’appariement et une approche par variables instrumentales (VI). En explorant les mécanismes sous-jacents aux effets négatifs des contraintes liées à l’environnement des affaires, nous établissons par ailleurs que l’instabilité politique et les contraintes de financement opèrent par un canal commun : elles affaiblissent les capacités technologiques des entreprises, ce qui freine en retour leur potentiel de croissance. Nos résultats soulignent l’importance de politiques visant à renforcer les capacités technologiques des entreprises tout en améliorant l’environnement général des affaires dans les économies en développement.

Hicham Doghmi, Kamal Lahlou


Monnaie Digitale de Banque Centrale : Enjeux et enseignements pour le Maroc

Résumé: Le développement rapide des nouvelles technologies et les changements qu’il induit sur le marché de paiement ces dernières années ont accéléré les réflexions autour de l’émission d’une monnaie digitale de Banque centrale (MDBC). L’objectif de ce travail est de présenter d’une manière générale le concept de MDBC, ses différents designs et les principaux impacts économiques de son émission. Il vise également à mettre en évidence des enseignements utiles pour le contexte marocain, tirés à partir des apports de la littérature académique et institutionnelle sur les implications macro-financières de la MDBC, ainsi que des expériences et projets pilotes menées à l’international.

Chaymae Chaoui, Kamal Lahlou, Mohammed Mikou


A DSGE Model for a Small Open Economy with a CBDC Option

Cet article développe un modèle DSGE (équilibre général dynamique stochastique) pour une petite économie ouverte, destiné à l’analyse de la politique monétaire par la banque centrale. La structure et le calibrage du modèle reposent sur l’économie marocaine, mais celui-ci peut être adapté à d’autres économies moyennant quelques modifications mineures.

Le modèle distingue deux catégories de ménages : les ménages bancarisés, qui ont accès aux espèces mais également au crédit et utilisent donc les dépôts bancaires comme moyen de paiement, et les ménages non bancarisés, qui dépendent principalement des espèces. Les ménages interagissent avec les banques, les investisseurs financiers, les entreprises, les syndicats, l’autorité budgétaire, la banque centrale et le secteur extérieur.

Le modèle peut être simulé avec ou sans monnaie numérique de banque centrale (MNBC) destinée au grand public, introduite comme un instrument de paiement supplémentaire aux côtés des espèces et des dépôts bancaires.

L’un des principaux mécanismes du modèle réside dans l’interaction entre les décisions économiques réelles et les contraintes liées aux paiements. Les dépenses de consommation et les paiements associés à la production sont soumis à des contraintes de préfinancement, selon lesquelles les agents doivent disposer de moyens de paiement ou de liquidités. Ces dernières constituent un agrégat composé d’espèces, de dépôts bancaires et, lorsque la MNBC est introduite, de cette nouvelle forme de monnaie.

Toute pénurie de liquidités affecte ainsi les dépenses, les coûts marginaux et l’inflation. Par ailleurs, les contraintes de crédit établissent un lien entre la qualité des garanties, le risque de défaut et la disponibilité des liquidités.

Selon les résultats de l’étude, dans le cadre des hypothèses de référence retenues par le modèle, l’introduction d’une MNBC entraîne des gains modestes de production à l’équilibre de long terme ainsi qu’une amélioration limitée de la capacité de l’économie à absorber les chocs financiers.

Michael Kumhof, Mohammed Mikou, Yassine Slaoui

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