Le piment doux séché « Ouled Ali – Fquih Ben Salah » obtient une indication géographique protégée

Un arrêté du ministère de l’Agriculture reconnaît officiellement l’indication géographique « Piment doux séché Ouled Ali – Fquih Ben Salah ». Cette reconnaissance encadre l’origine, les variétés, les méthodes de production et les critères de qualité du produit, issu d’un territoire couvrant 19 communes des provinces de Fquih Ben Salah, Azilal et Béni Mellal.
Le patrimoine agricole marocain poursuit sa structuration autour des signes distinctifs d’origine et de qualité. Le piment doux séché « Ouled Ali – Fquih Ben Salah » bénéficie désormais d’une indication géographique reconnue officiellement par les autorités marocaines.
Cette reconnaissance a été consacrée par l’arrêté n° 26.1422 du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, daté du 13 juillet 2026. Le texte approuve également le cahier des charges définissant les conditions auxquelles le produit doit répondre pour bénéficier de cette indication.
La demande a été présentée par la coopérative Haidach, après consultation de la Commission nationale des signes distinctifs d’origine et de qualité, lors de sa réunion du 2 avril 2026.
Un territoire de production couvrant 19 communes
L’indication géographique couvre un bassin de production réparti sur trois provinces de la région de Béni Mellal-Khénifra.
Le périmètre comprend 13 communes dans la province de Fquih Ben Salah : Ouled Bourahmoun, Sidi Hammadi, Sidi Aïssa Ben Ali, Ouled Zmam, Dar Ould Zidouh, Had Boumoussa, Ouled Nacer, Ahl M’Rbaa, Khalfiya, Khalfia, Bni Chegdale, Bni Oukil et Bradia.
Dans la province d’Azilal, trois communes sont concernées : Afourar, Bni Ayat et Irfala. Trois autres relèvent de la province de Béni Mellal : Sidi Jaber, Ouled Gnaou et Ouled M’Barek.
Au total, 19 communes sont intégrées au périmètre géographique de production, qui constitue désormais une référence réglementaire pour l’identification du produit.
Quatre variétés autorisées et des critères de qualité précis
L’indication géographique est réservée au piment doux séché issu exclusivement de quatre variétés de Capsicum annuum : Bola Roja, Bola Chata, Bola Larga et Lukus.
Le produit peut être commercialisé entier, concassé ou sous forme de poudre. Le piment concassé est obtenu à partir de fruits séchés entiers, avec leurs graines et leur pédoncule. La poudre peut être produite à partir de fruits séchés entiers, avec ou sans graines et pédoncule.
Le cahier des charges interdit l’ajout de toute autre substance.
Les caractéristiques techniques imposées comprennent notamment :
- Taux d’humidité : inférieur ou égal à 11 % ;
- Taux de cendres totales : inférieur ou égal à 10 % ;
- Pouvoir colorant : au moins 120 unités ASTA pour le piment entier ou en poudre, et au moins 80 unités ASTA pour le piment concassé.
Ces critères visent à encadrer la qualité du produit et à assurer une certaine homogénéité entre les lots commercialisés sous cette indication géographique.
Une production encadrée de la plantation au stockage
Le cahier des charges impose que toutes les opérations de production, de conditionnement et de stockage soient réalisées à l’intérieur du périmètre géographique défini.
La culture doit être exclusivement irriguée. Les plants sont produits dans des pépinières temporaires aménagées à proximité des champs, puis repiqués manuellement entre avril et mai, après leur endurcissement. Les parcelles doivent présenter un sol meuble, bien drainé et dépourvu de croûte superficielle.
La fertilisation organique et minérale doit être adaptée à la fertilité et à la nature du sol.
La récolte s’effectue manuellement entre août et décembre, en trois à cinq passages. Les fruits doivent être récoltés à maturité sèche, en conservant leur pédoncule. Ils sont ensuite triés manuellement, puis séchés à l’air libre ou à l’aide de séchoirs mécaniques. Leur taux d’humidité ne doit pas dépasser 11 %.
Le broyage ou la mouture mécanique est autorisé à une température maximale de 45 °C. Le conditionnement doit intervenir immédiatement après ces opérations. Les emballages utilisés doivent être adaptés au contact alimentaire et préserver la qualité du produit.
Enfin, le stockage doit se dérouler dans un local propre, suffisamment ventilé, présentant des conditions adaptées d’humidité et protégeant le produit de la lumière et des odeurs.
Certification et traçabilité obligatoires
Le respect du cahier des charges sera contrôlé par l’organisme de certification et de contrôle Maroc CCPB SARL, ou par tout autre organisme dûment agréé conformément à la réglementation en vigueur.
Les producteurs et conditionneurs enregistrés auprès de l’organisme concerné pourront obtenir un certificat attestant la conformité du piment doux séché aux exigences de l’indication géographique.
L’étiquetage devra également comporter la mention « Indication géographique protégée – Piment doux séché Ouled Ali – Fquih Ben Salah », le logo officiel correspondant ainsi que la référence de l’organisme de certification et de contrôle. Ces informations devront figurer dans un même champ visuel, sur une étiquette lisible, durable et clairement identifiable.
Une reconnaissance qui structure la valorisation du produit
Au-delà de la reconnaissance officielle de son origine, cette indication géographique instaure un cadre commun pour les producteurs et les conditionneurs concernés. Elle définit les conditions d’utilisation de la dénomination, les caractéristiques du produit et les procédures de contrôle auxquelles les opérateurs doivent se conformer.
L’arrêté, signé à Rabat le 13 juillet 2026, prévoit sa publication au Bulletin officiel.
La portée économique de cette reconnaissance dépendra notamment de la capacité des opérateurs à respecter le cahier des charges, à assurer la traçabilité des produits et à valoriser cette origine auprès des acheteurs. L’arrêté ne précise toutefois ni les volumes de production concernés, ni les débouchés commerciaux visés, ni les retombées économiques attendues.


