
Le Nobel de médecine est décerné à l’Américain Karl Deisseroth et aux Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel. C’est la recherche concernant la mémoire, le cerveau et son fonctionnement qui est ainsi mise en avant. Leurs travaux ont permis de donner naissance à l’optogénétique, une technique utilisée dans le monde entier.
Comprendre comment les neurones forment les souvenirs, les émotions et les comportements dans le cerveau est depuis longtemps un rêve pour la recherche.
Karl Deisseroth (né en 1971), Peter Hegemann (né en 1954) et Georg Nagel (né en 1953) ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 pour leurs découvertes concernant « les canaux ioniques activés par la lumière et l’optogénétique ».
Cette méthode permet d’activer ou de désactiver l’activité de cellules nerveuses individuelles dans un cerveau vivant; l’optogénétique est désormais utilisée dans les laboratoires du monde entier pour percer les mystères de cet organe si complexe.
Comment le cerveau décide, donne l’impulsion pour un mouvement, comment les neurones communiquent et entrelacent la mémoire, les sensations et répondent par un seul comportement est le centre de la découverte récompensée ce lundi.
C’est en 2006 que l’optogénétique reçoit ce nom. Elle offre des possibilités inédites de « cartographie du cerveau dont nous ne pouvions autrefois que rêver », a déclaré Per Svenningsson, président du Comité Nobel de médecine.
De la lumière et une algue verte
Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel ont compris qu’il ne fallait pas seulement observer le cerveau, mais les neurones qui travaillent avec précision. Que la lumière puisse aider à contrôler certains neurones était une idée qui paraissait presque farfelue lorsqu’elle a été évoquée à l’origine.
En observant l’algue verte nommée Chlamydomodas, les chercheurs ont découvert comment cet organisme transformait la lumière en action.
Ces algues vertes phototrophes ont permis de mettre au point un ‘interrupteur’ pour les cellules nerveuses.
Une protéine, un gène, un signal nerveux
Peter Hegemann et Georg Nagel ont découvert la channelrhodopsine, une protéine aux propriétés uniques. Ils ont constaté que, quelle que soit la cellule dans laquelle ils l’introduisaient, celle-ci devenait sensible à la lumière. Par la suite, d’autres protéines – activées par différentes longueurs d’onde de lumière – ont été identifiée, capable d’activer ou de désactiver les neurones.
Quant à Karl Deisseroth, il a introduit le gène de la channelrhodopsine dans des cellules nerveuses de rats. En éclairant ces cellules avec une lumière bleue, il a réussi à déclencher un signal nerveux.
Par la suite, il a réussi à faire fonctionner ce commutateur contrôlé par la lumière sur des cellules nerveuses dans le cerveau de souris vivantes.
rtsinfo



