
Le musée d’histoire naturelle de Harvard abrite 26 millions de spécimens : une nouvelle exposition dévoile le dodo, un crapaud disparu et une fougère vieille de 300 millions d’années
Le musée d’histoire naturelle de l’université Harvard, situé à Cambridge, dans le Massachusetts, conserve une collection de 26 millions de spécimens. Une nouvelle exposition permet au public de découvrir une partie de ces trésors, dont certains sont présentés pour la première fois. Parmi les pièces exposées figurent un squelette de dodo, un crapaud doré disparu et une fougère fossilisée vieille de 300 millions d’années.
Intitulée « Collecting Wonders: Tomorrow’s Discoveries » (Collectionner les merveilles : les découvertes de demain), cette exposition met en lumière des spécimens rares, anciens et remarquables, témoins de l’histoire de la vie sur Terre. Elle révèle également le travail minutieux des scientifiques chargés de préserver ces collections et de les rendre accessibles à la recherche.
Ouverte le 27 juin 2026, l’exposition se tiendra jusqu’en avril 2027 dans la galerie principale du musée. Elle est le fruit d’une collaboration entre les musées des sciences et de la culture de Harvard et trois institutions de recherche en histoire naturelle de l’université : le Museum of Comparative Zoology, les Harvard University Herbaria et le Mineralogical and Geological Museum.
Parmi les pièces exposées figure également une plaque fossile provenant des montagnes de l’Atlas, au Maroc. Elle conserve les empreintes de céphalopodes qui vivaient dans une mer peu profonde il y a environ 370 millions d’années.
La collection rassemble plus de 26 millions de pièces, allant des roches aux ossements, en passant par les plantes, les animaux, les plumes, les poissons et les fossiles. Elle comprend aussi bien des spécimens imposants, comme un ours polaire, que de minuscules insectes.
Le dodo et le crapaud doré, témoins d’espèces disparues
Parmi les pièces les plus remarquables de l’exposition figure un squelette complet de dodo, un oiseau incapable de voler aujourd’hui disparu. La dernière observation généralement admise de cette espèce remonte à 1662. Le squelette, présenté avec un modèle recouvert de plumes, n’avait plus été exposé depuis près de vingt ans.
Les visiteurs peuvent également découvrir un spécimen de crapaud doré, une espèce originaire de la réserve forestière de Monteverde, au Costa Rica. Découvert en 1964, cet amphibien a été officiellement déclaré éteint en 2004.
Pour Jeremiah Trimble, responsable de la collection ornithologique, ces spécimens constituent de véritables archives du vivant. Ils conservent des informations sur les espèces et leur environnement, permettant notamment aux chercheurs d’étudier l’évolution génétique des populations au fil du temps.
L’exposition présente également une fougère fossilisée vieille de 300 millions d’années. Ce végétal préhistorique témoigne d’une époque où les plantes anciennes, enfouies sous terre et comprimées pendant des millions d’années, ont contribué à la formation du charbon qui alimentera plus tard la révolution industrielle. The Times of India,
Des spécimens aux histoires exceptionnelles
Certaines pièces exposées sont associées à des épisodes historiques particulièrement remarquables.
Le musée conserve notamment des faisans dorés ayant appartenu à Louis XVI. Ces oiseaux vivaient dans la volière du roi de France avant que le marquis de Lafayette ne les offre à George Washington en novembre 1786. Après leur mort, Washington les remit à Charles Willson Peale, fondateur d’un musée à Philadelphie.
Autre pièce singulière : un crâne de dragon de Komodo qui proviendrait d’une expédition menée en 1926, laquelle aurait inspiré le film King Kong.
L’exposition présente également une huître datant d’environ 1856, dans laquelle se trouve un poisson perle momifié dans la nacre.
Parmi les spécimens les plus étonnants figure aussi un papillon morpho bleu, dont les ailes présentent deux motifs différents : l’un caractéristique du mâle, l’autre de la femelle. Cette particularité, extrêmement rare, ne serait observée que chez un papillon sur 10 000.
Des collections au service de la recherche scientifique
Au-delà de leur valeur historique et esthétique, les collections du musée constituent un outil essentiel pour la recherche scientifique contemporaine.
Parmi les pièces exposées figure une forme rare d’or cristallisé, dont l’apparence rappelle celle d’un corail métallique. Le musée présente également une plaque fossile provenant des montagnes de l’Atlas, au Maroc, qui conserve les empreintes de céphalopodes ayant vécu dans une mer peu profonde il y a environ 370 millions d’années.
Les scarabées et les charançons métallisés exposés doivent leur éclat à des écailles cristallines. Au milieu du XIXe siècle, ces insectes étaient particulièrement prisés par les femmes de la haute société, qui utilisaient leurs écailles brillantes comme des paillettes pour orner leurs vêtements.
L’exposition met également en avant un ours polaire naturalisé, conservé dans les collections du musée depuis au moins 1878. Malgré son ancienneté, ce spécimen continue de servir aux travaux scientifiques.
Les chercheurs analysent notamment les matériaux génétiques prélevés sur sa peau afin d’étudier la diversité des populations. Les isotopes stables présents dans sa fourrure permettent également de reconstituer certaines conditions écologiques auxquelles l’animal a été exposé au cours de sa vie.
Pour Michaela Schmull, conservatrice de la collection de fougères, la découverte des histoires que recèlent ces spécimens constitue l’un des aspects les plus passionnants de son métier.
À travers cette exposition, le musée de Harvard rappelle ainsi que ses collections ne sont pas de simples archives du passé. Elles constituent aussi des ressources scientifiques toujours exploitées pour mieux comprendre l’évolution de la vie sur Terre.
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