
En cinq ans, le déficit budgétaire à fin août s’est aggravé de plus de 40 %. Après une amélioration en 2022 et 2024, les comptes publics ont de nouveau basculé dans une trajectoire de creusement marqué du déficit.
Les finances publiques marocaines affichent une nouvelle dégradation à fin août 2026. Le déficit budgétaire atteint 56,898 milliards de dirhams, contre 54,095 milliards à la même période de 2025.
La tendance apparaît encore plus significative lorsqu’elle est observée sur cinq ans. À fin août 2021, le déficit s’établissait à 40,502 milliards de dirhams. Il était ensuite ramené à 24,840 milliards en 2022, avant de remonter à 42,397 milliards en 2023, puis de reculer à 32,804 milliards en 2024.
Depuis, la trajectoire s’est nettement inversée : 54,095 milliards de dirhams à fin août 2025, puis 56,898 milliards en 2026.
Une trajectoire en dents de scie
L’évolution des six dernières années montre que le déficit n’évolue pas de manière linéaire.
| À fin août | Déficit budgétaire |
|---|---|
| 2021 | -40,502 MMDH |
| 2022 | -24,840 MMDH |
| 2023 | -42,397 MMDH |
| 2024 | -32,804 MMDH |
| 2025 | -54,095 MMDH |
| 2026 | -56,898 MMDH |
Le point bas de la période a été enregistré en 2022, avec un déficit limité à 24,840 milliards de dirhams. Deux ans plus tard, le déficit s’établissait encore à 32,804 milliards.
Mais depuis 2025, le mouvement est clairement orienté à la hausse.
Entre août 2021 et août 2026, le déficit s’est ainsi creusé de 16,396 milliards de dirhams, soit une progression d’environ 40,5 %.
2026 : nouveau sommet sur la période
Le chiffre de 56,898 milliards de dirhams constitue le niveau de déficit le plus élevé enregistré à fin août sur cette série.
Cette évolution pose une question centrale pour les finances publiques : dans quelle mesure la progression des recettes de l’État parvient-elle encore à compenser l’augmentation des dépenses ?
Car l’enjeu ne réside pas uniquement dans le niveau absolu du déficit, mais dans sa capacité à rester compatible avec la trajectoire de consolidation budgétaire recherchée par les pouvoirs publics.
Le véritable enjeu : maîtriser le rythme des dépenses
Le déficit budgétaire constitue avant tout l’écart entre les ressources et les charges de l’État. Une hausse des recettes peut donc coexister avec une aggravation du déficit si les dépenses augmentent plus rapidement.
La trajectoire observée depuis 2025 invite ainsi à regarder au-delà des seules recettes fiscales. Dépenses de fonctionnement, investissements publics, charges de la dette, dépenses sociales et soutiens à certains secteurs participent à l’équation globale des comptes publics.
Le chiffre de fin août 2026 ne constitue donc pas seulement une photographie comptable. Il constitue également un signal sur la pression qui continue de s’exercer sur le budget de l’État.
Une trajectoire à surveiller
En passant de -40,5 milliards de dirhams en août 2021 à -56,9 milliards en août 2026, le déficit budgétaire s’est nettement aggravé sur la période, malgré deux épisodes d’amélioration en 2022 et 2024.
La question n’est désormais plus seulement de savoir si l’État peut continuer à mobiliser davantage de recettes, mais jusqu’où cette stratégie peut-elle aller sans s’accompagner d’une maîtrise durable de la dépense publique ?
Car derrière les milliards supplémentaires encaissés par le Trésor se trouve une autre réalité : le déficit, lui, continue de se creuser.



