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Dédollarisation : pourquoi le Maroc apparaît dans les radars de la Fed de New York

Selon une étude récente de la Banque de la Réserve fédérale (Fed) de New York, le recul de la part du dollar américain dans les réserves officielles de change mondiales ne traduit pas une dédollarisation généralisée. Ce mouvement s’explique principalement par les choix stratégiques d’un groupe restreint de pays, au sein duquel figure le Maroc.

Un arbitrage ciblé plutôt qu’une tendance globale

Alors que les avoirs en billets verts représentaient 56 % des réserves officielles mondiales l’année dernière — contre 64 % dix ans plus tôt —, les chercheurs de la Fed de New York, Linda S. Goldberg et Sneha Parthasarathy, nuancent les interprétations alarmistes. Les statistiques agrégées masquent, selon elles, des décisions individuelles et concentrées.

L’étude met en évidence la chronologie de ces réallocations :

  • 2015 – 2019 : La réallocation active hors du dollar a été quasi exclusivement portée par la Chine et la Russie.
  • 2019 – 2023 : Le Maroc, aux côtés du Mexique, de la Chine et de la Russie, apparaît comme l’un des principaux contributeurs à la diminution de la part du dollar dans les réserves de change.

Les facteurs déterminants pour le Maroc

La Fed souligne que les ajustements opérés par le Royaume s’inscrivent dans une logique de gestion technique et prudentielle des avoirs extérieurs, plutôt que dans une démarche politique de rejet de la devise américaine :

  • Gestion du risque et du taux de change : L’ajustement du panier de réserves répond à la nécessité d’optimiser la couverture des flux commerciaux et de l’encours de la dette extérieure.
  • Liquidité et résilience : Ces arbitrages visent à maintenir une liquidité adaptée et à prémunir l’économie nationale contre d’éventuels chocs de financement internationaux.
  • Flexibilité monétaire : Pour Bank Al-Maghrib, la diversification des actifs de réserve s’aligne sur le processus continu de flexibilisation du régime de change du dirham et de couverture des engagements extérieurs.

En conclusion, la présence du Maroc dans cette étude de la Fed illustre un pilotage actif de ses réserves de change. L’évolution observée reflète des arbitrages de gestion monétaire sur mesure, ancrés dans les réalités économiques et financières du Royaume.

Pas de « fuite » hors du dollar

La Fed de New York met précisément en garde contre une interprétation trop rapide des données.

La réduction de la part du dollar dans les réserves ne signifie pas nécessairement que les banques centrales vendent massivement leurs actifs américains pour se tourner vers d’autres devises ou vers l’or.

Une grande partie des mouvements répondrait à des considérations classiques de gestion des réserves : besoin de liquidités en dollars, gestion du risque de change et capacité à absorber d’éventuels chocs de financement.

Le cas marocain doit donc être lu dans cette logique. L’évolution de la structure des réserves de change ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’une stratégie de « dédollarisation » menée par le Royaume.

Le dollar victime de sa propre faiblesse

Autre élément à prendre en compte : la performance du billet vert.

Les données du FMI montrent que la part du dollar dans les réserves mondiales a atteint en janvier son niveau le plus faible depuis 1995. Mais une partie de cette baisse est liée à la dépréciation du dollar, et non à des ventes massives par les banques centrales.

La distinction est importante. Lorsque le dollar baisse, la valeur des actifs libellés dans cette monnaie diminue mécaniquement lorsqu’elle est comparée à celle des réserves détenues dans d’autres devises.

Il s’agit donc d’un effet de valorisation « passif », qui peut donner l’impression d’un désengagement plus important qu’il ne l’est réellement. Agences

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