
Le baromètre de la création d’entreprises pour le mois de mai révèle un coup de frein significatif. Avec 7 920 immatriculations enregistrées en mai 2026, l’activité entrepreneuriale recule de 25,1 % par rapport au record absolu établi à la même période un an plus tôt (10 572 créations en mai 2025).
Si ce reflux tempère l’enthousiasme observée ces dernières années, la lecture rétrospective sur dix ans offre une perspective plus contrastée : le tissu économique conserve une assiette supérieure à ses standards d’avant-crise.
Un parcours décennal entre résilience et volatilité
L’analyse de la série statistique sur la période 2016–2026 met en lumière la trajectoire globale du dynamisme privé, rythmée par des phases d’expansion rapide et des ruptures brutales.
Chronologie des temps forts :
- 2016–2018 | La montée en puissance : Le mois de mai s’est progressivement imposé comme un moteur de l’activité, grimpant de 6 791 unités en 2016 à 8 303 en 2018 (+18,3 %).
- 2020 | L’effondrement systémique : Touché de plein fouet par la crise sanitaire et le gel des démarches administratives, mai 2020 a enregistré un plancher historique avec seulement 682 immatriculations (-91,6 %).
- 2021 | Le rebond spectaculaire : L’effet de rattrapage a généré un bond mécanique d’une ampleur inédite (+1 173 %), ramenant le volume à 8 685 créations. L’écosystème a enchaîné trois années de hausse consécutives, culminant en mai 2025 avec le franchissement symbolique des 10 000 créations mensuelles.

Regard sur Mai 2026 : Correction ou changement de cap ?
Le résultat de mai 2026 (7 920 créations) ramène l’indicateur à un niveau proche de celui de mai 2019 (8 081).
Reste à observer si ce tassement de mai préfigure un ralentissement plus global sur le reste de l’exercice ou s’il s’agit d’une simple pause technique dans la dynamique de création d’entreprises.
Plus de 42.900 entreprises créées en cinq mois
Le nombre d’entreprises créées au terme des cinq premiers mois de 2026 a atteint 42.905 unités, selon l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC).
Les personnes morales représentent une part importante de ces créations, avec 75% du total, contre 71% à la même période de l’année précédente, indique l’OMPIC dans un communiqué.
S’agissant des formes juridiques, la Société à Responsabilité Limitée à Associé Unique (SARL AU) demeure la structure la plus adoptée par les créateurs d’entreprises personnes morales, avec une part de 65,5% des immatriculations. Elle est suivie par la Société à Responsabilité Limitée (SARL) qui représente 33,6%.
Sur le plan territorial, la région de Casablanca-Settat se classe en tête en concentrant 39,3% des créations d’entreprises personnes morales. Elle est suivie par les régions de Rabat-Salé-Kénitra (14,3%), Marrakech-Safi (12,8%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,4%). À elles seules, ces quatre régions regroupent 76,8% des créations globales de personnes morales au niveau du registre du commerce.
Concernant les secteurs d’activités, les entreprises personnes morales nouvellement créées exercent principalement dans le commerce (27,6’%), suivi du BTP et des activités immobilières (25,2%), des services divers (19,6%), du transport (7,7%) et de l’industrie (6,3%).
Pour ce qui est des entreprises individuelles (personnes physiques), la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima arrive en première position avec 21,1% des immatriculations, suivie de Casablanca-Settat (13,4%) et de l’Oriental (10,7%).
Par ailleurs, 56 618 noms commerciaux (certificats négatifs) ont été délivrés par l’OMPIC durant la période allant de janvier à mai 2026.



