Economie

Les Marocains perdent des millions en visas Schengen refusés

Les frais de visa non remboursables continuent de peser lourdement sur les candidats des pays en développement. Selon une étude du cabinet britannique LAGO Collective, les demandeurs de visas Schengen déboutés ont perdu 179,1 millions de dollars (157,1 millions d’euros) en 2025, contre 165,6 millions de dollars en 2024 et 148,3 millions en 2023.

Le visa Schengen, dont les frais s’élèvent désormais à 90 euros (102,6 dollars) depuis 2026, n’est jamais remboursé, même en cas de refus. Chaque demande rejetée représente donc une perte financière définitive pour le demandeur.

Le Maroc parmi les pays les plus touchés en valeur

Si les taux de refus les plus élevés concernent notamment le Sénégal (51,9 %), le Nigeria (47,8 %), le Pakistan (46 %) ou encore l’Angola (45,4 %), le Maroc figure parmi les pays qui perdent le plus d’argent en raison du volume très important de demandes déposées.

Avec la Turquie, l’Algérie et l’Inde, le Royaume représente à lui seul près d’un tiers du coût mondial des visas refusés, soit environ 62,6 millions de dollars. Dans le cas du Maroc, ce n’est pas un taux de refus exceptionnellement élevé qui explique cette facture, mais le nombre particulièrement important de demandes de visas déposées chaque année.

L’Afrique supporte une part disproportionnée de la facture

En 2024, les ressortissants africains ont perdu environ 67,5 millions de dollars en frais de visas Schengen non remboursables. Le continent représente 42 % des pertes mondiales, alors qu’il ne concentre que 24 % des demandes.

Sur les trois dernières années (2023-2025), le coût cumulé des demandes rejetées atteint 496,6 millions de dollars, alimentant les critiques contre un système qualifié par plusieurs chercheurs de « taxe sur la mobilité ».

La fondatrice de LAGO Collective, Marta Foresti, parle même de « transferts financiers inversés », estimant que ces sommes constituent des flux d’argent allant des pays pauvres vers les pays riches, à l’opposé des transferts de fonds des diasporas.

Pourquoi autant de refus ?

Selon les autorités européennes, les principales causes de refus sont :

  • une justification insuffisante de l’objet du voyage ;
  • des dossiers incomplets (réservations, invitations, inscriptions à des événements, etc.) ;
  • une assurance voyage ou un hébergement jugés insuffisants ;
  • des ressources financières considérées comme insuffisantes ;
  • des doutes sur le retour du demandeur dans son pays d’origine avant l’expiration du visa.

L’étude met toutefois en évidence une corrélation frappante : plus le PIB par habitant d’un pays est faible, plus le taux de refus des visas Schengen est élevé, ce qui alimente les critiques sur les inégalités d’accès à la mobilité internationale. agences

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