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Le dirham parmi les 10 monnaies africaines les plus exposées face au dollar en 2026

Plusieurs monnaies africaines se sont affaiblies face au dollar américain au cours du premier trimestre 2026, reflétant une combinaison de pressions mondiales et de défis économiques internes.

  • Dinar libyen (Libye) – en baisse de 17,21 %
  • Cedi ghanéen (Ghana) – en baisse de 10,28 %
  • Shilling tanzanien (Tanzanie) – en baisse de 5,80 %
  • Kwacha zambien (Zambie) – en baisse de 5,49 %
  • Franc CFA ouest-africain (UEMOA) – en baisse de 2,89 %
  • Livre égyptienne (Égypte) – en baisse de 2,57 %
  • Franc congolais (RDC) – en baisse de 1,80 %
  • Dirham marocain (Maroc) – en baisse de 1,79 %
  • Roupie mauricienne (Maurice) – en baisse de 1,06 %
  • Franc CFA d’Afrique centrale (CEMAC) – en baisse de 0,60 %

Qu’est-ce qui explique cette tendance ?

Malgré certaines poches de résilience sur le continent, de nombreuses monnaies continuent de souffrir sous le poids de l’inflation, de faibles réserves de change et de déséquilibres structurels.

La vigueur persistante du dollar américain a accentué les pressions à la dépréciation, en particulier pour les économies fortement dépendantes des importations.

Les données sur la performance des monnaies sont basées sur des analyses du marché des changes et des chiffres compilés par TUKO.co.ke.

Ci-dessous, un aperçu des 10 monnaies africaines les moins performantes entre le 1er janvier et le 23 avril 2026, avec les facteurs expliquant leur recul.

DINAR LIBYEN (LIBYE) – EN BAISSE DE 17,21 %

Le dinar libyen a enregistré la plus forte chute malgré la richesse pétrolière du pays. L’instabilité politique prolongée, la coexistence de gouvernements rivaux et une coordination monétaire faible ont rendu la monnaie très vulnérable. Des réserves de change limitées l’exposent également à des pressions spéculatives.

CEDI GHANÉEN (GHANA) – EN BAISSE DE 10,28 %

Le cedi reste sous pression malgré les réformes économiques en cours, notamment un programme soutenu par le FMI.

Une inflation élevée, une dette en hausse et des réserves de change insuffisantes continuent d’éroder la confiance des investisseurs.

SHILLING TANZANIEN (TANZANIE) – EN BAISSE DE 5,80 %

Le shilling tanzanien subit une pression liée à une forte demande de dollars, notamment pour financer les importations comme le carburant. La hausse des prix mondiaux du pétrole a aggravé la situation en alourdissant la facture d’importation.

KWACHA ZAMBIEN (ZAMBIE) – EN BAISSE DE 5,49 %

Parmi les monnaies les plus performantes au début de 2026, le kwacha a ensuite inversé sa tendance. La forte dépendance de la Zambie aux exportations de cuivre rend sa monnaie sensible aux fluctuations des prix des matières premières et aux conditions de financement externe.

FRANC CFA D’AFRIQUE DE L’OUEST (UEMOA) – EN BAISSE DE 2,89 %

Bien que relativement stable, le franc CFA s’est également déprécié. Sa performance reflète des pressions économiques régionales plus larges, notamment l’inflation et les chocs externes affectant les pays membres.

LIVRE ÉGYPTIENNE (ÉGYPTE) – EN BAISSE DE 2,57 %

La livre égyptienne reste sous pression en raison d’une inflation élevée et d’un manque de devises étrangères. Les réformes économiques en cours n’ont pas encore permis de stabiliser pleinement la monnaie face à la hausse des coûts d’importation.

FRANC CONGOLAIS (RDC) – EN BAISSE DE 1,80 %

Le recul du franc congolais est lié à l’instabilité économique et à une forte dépendance aux importations. Une faible capacité industrielle et des chocs externes ont contribué à sa dépréciation progressive.

DIRHAM MAROCAIN (MAROC) – EN BAISSE DE 1,79 %

La monnaie marocaine a fait preuve d’une résilience relative, mais reste affectée par la hausse des coûts d’importation énergétique et par un contexte économique mondial défavorable, qui accroît la demande en devises étrangères.

ROUPIE MAURICIENNE (MAURICE) – EN BAISSE DE 1,06 %

La dépréciation de la roupie s’explique par la dépendance aux importations et par les fluctuations des revenus touristiques, principale source de devises pour l’île.

FRANC CFA D’AFRIQUE CENTRALE (CEMAC) – EN BAISSE DE 0,60 %

Le franc CFA de la CEMAC affiche la baisse la plus modérée de la liste. Toutefois, il reste confronté à des défis liés aux chocs externes, notamment la volatilité des prix du pétrole et les pressions budgétaires régionales.

QU’EST-CE QUI ALIMENTE CETTE TENDANCE ?

Les économistes attribuent cette dépréciation généralisée à des facteurs à la fois mondiaux et locaux.

La montée des tensions géopolitiques, notamment celles affectant les routes d’approvisionnement pétrolier, a entraîné une hausse des prix du brut. Or, le pétrole étant libellé en dollars, les pays doivent mobiliser davantage de devises pour leurs importations, ce qui affaiblit leurs monnaies.

Au niveau interne, des facteurs comme l’inflation élevée, la faiblesse des réserves de change et le retard des réformes économiques amplifient ces pressions.

Pour de nombreux pays africains, les conséquences sont directes :

  • hausse de l’inflation
  • augmentation du coût du service de la dette
  • baisse du pouvoir d’achat des populations . Nigerian Tribune

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