Non classé

Lockheed Martin: Pourquoi les F-16 destinés au Maroc prennent du retard ?

Le géant américain de la défense Lockheed Martin traverse une zone de turbulence. Au premier trimestre 2026, le groupe a enregistré un recul de ses bénéfices, pénalisé par la hausse des coûts, des retards industriels… et des tensions sur des programmes impliquant directement le Maroc.

À New York Stock Exchange, le titre a immédiatement réagi, cédant près de 4% en séance, signe des inquiétudes du marché face à une rentabilité sous pression malgré une demande mondiale en forte hausse.

F-16 : des retards qui concernent le Maroc

Au cœur des difficultés : le programme de chasseurs F-16, dans lequel le Maroc est directement engagé. La montée en cadence de la production, notamment pour Taïwan et le Royaume, a été freinée par des problèmes techniques détectés lors de vols d’essai. Conséquence : allongement des délais, surcoûts liés aux ajustements techniques, et pression accrue sur les marges du constructeur.

Pour le Maroc, engagé dans une stratégie de modernisation de ses capacités aériennes, ces retards pourraient décaler certains calendriers de livraison ou renchérir indirectement les coûts globaux des programmes.

Parallèlement, la modernisation du parc marocain de F-16 prend plus de temps que prévu. Le coût des travaux a grimpé en flèche et la mise en œuvre est compliquée par les restrictions à l’exportation imposées par Washington. En 2024, Rabat a commandé 25 nouveaux F-16 Block 70/72, mais cette transaction subit elle aussi des retards.

Une demande mondiale en explosion… difficile à capter

Ce paradoxe résume la situation actuelle : jamais la demande n’a été aussi forte, mais les industriels peinent à en tirer pleinement profit.

La multiplication des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, pousse les États-Unis et leurs alliés à reconstituer leurs stocks militaires. Missiles, avions de chasse et systèmes de défense sont plus sollicités que jamais.

Mais Lockheed Martin fait face à une équation complexe : inflation persistante, droits de douane et chaînes d’approvisionnement fragilisées. Les contrats à prix fixe, signés il y a plusieurs années, deviennent aujourd’hui moins rentables dans ce nouveau contexte.

Chaînes d’approvisionnement sous tension

Autre point de fragilité : les retards dans le programme d’avions de transport C-130, dus à la raréfaction de certains fournisseurs. Une situation qui illustre la dépendance critique de l’industrie de défense à des chaînes logistiques globalisées.

Les activités hélicoptères, notamment via Sikorsky, ont également reculé, entraînant une baisse globale des revenus dans certains segments.

F-35 : la locomotive… mais insuffisante

Le programme phare F-35 continue de soutenir partiellement les performances du groupe, avec des livraisons aux États-Unis et à leurs alliés.

L’administration américaine prévoit même d’augmenter ses commandes, passant de 47 appareils en 2026 à 85 en 2027. Une montée en puissance qui confirme le rôle central de cet avion dans la stratégie militaire occidentale.

Des résultats en deçà des attentes

Sur le plan financier, les chiffres confirment la pression :

  • Bénéfice : 6,44 dollars par action (contre 6,72 attendus)
  • Chiffre d’affaires : 18 milliards de dollars, légèrement inférieur aux prévisions

Fait notable : pour la première fois depuis سنوات، le groupe n’a procédé à aucun rachat d’actions, sous pression des autorités américaines qui privilégient l’effort de production. agences

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page