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La Corée du Sud refuse de payer pour un « passage sécurisé » dans le détroit d’Ormuz

La présidence de la République de Corée du Sud a démenti catégoriquement, ce jeudi, toute intention de verser des redevances à la partie iranienne en échange du passage des approvisionnements en pétrole et en gaz venant du Moyen-Orient via le détroit d’Ormuz. Séoul a réaffirmé que la sécurité de la navigation dans les voies navigables internationales demeure une priorité stratégique qui ne peut faire l’objet de compromis financiers ou de chantage politique.

Un porte-parole officiel de la présidence coréenne a déclaré à l’agence Reuters que les informations circulant dans le journal local Maeil Business, suggérant que Séoul étudiait sérieusement le paiement de taxes de transit, sont « totalement incorrectes et ne sont pas à l’étude ». Le rapport démenti affirmait, citant des responsables anonymes, que le gouvernement cherchait un « compromis » pour garantir le flux d’énergie face aux craintes d’interruption des approvisionnements dues aux tensions croissantes dans la région.

Une artère vitale pour l’économie

La Corée du Sud, quatrième économie d’Asie, insiste sur son respect strict des lois internationales garantissant la liberté de navigation. Selon les données officielles, plus de 70 % de ses importations de pétrole et 30 % de ses approvisionnements en gaz naturel transitent par le détroit d’Ormuz, ce qui en fait le poumon vital de sa sécurité nationale et de son industrie.

Contexte géopolitique et pression de Trump

Ce démenti intervient dans un climat géopolitique extrêmement sensible. Les pressions de l’administration du président américain Donald Trump s’accentuent sur les alliés asiatiques pour qu’ils renforcent la protection militaire de la navigation internationale. Les analystes estiment que la simple circulation de rumeurs sur des « frais de passage » reflète l’inquiétude profonde des cercles politiques coréens face au risque de voir les pétroliers devenir des monnaies d’échange dans le conflit entre Washington et Téhéran.

La Corée du Sud sécurise des approvisionnements pétroliers alternatifs après la fermeture du détroit d’Hormuz

Le gouvernement sud-coréen a annoncé avoir sécurisé environ 50 millions de barils de pétrole pour le mois d’avril, afin de compenser l’arrêt des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient, suite à la fermeture du détroit d’Hormuz.

Selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, le vice-ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Sécurité des ressources, Yang Gi-wook, a déclaré que le gouvernement, en collaboration avec les compagnies de raffinage, déploie des efforts intensifs pour sécuriser des sources alternatives auprès de plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, le Sultanat d’Oman, le Kazakhstan et les États-Unis.

Il a précisé qu’en temps normal, la Corée du Sud importe environ 80 millions de barils de pétrole par mois. Toutefois, près de 50 millions de barils ont déjà été sécurisés pour ce mois-ci, avec des perspectives d’augmentation des approvisionnements alternatifs en mai.

Dans ce contexte, le gouvernement et les entreprises locales prévoient d’accroître les importations de pétrole brut en provenance des États-Unis, qui devraient représenter la plus grande part des approvisionnements alternatifs dans la période à venir.

La Corée du Sud poursuit ainsi sa stratégie de diversification énergétique visant à réduire sa dépendance au pétrole du Moyen-Orient. Cette dépendance est tombée à 69,6 % l’an dernier, contre 86 % en 2016, tandis que la part du pétrole américain a progressivement augmenté pour atteindre 16,3 %.

Par ailleurs, le gouvernement a relevé le niveau d’alerte concernant la sécurité des ressources d’un cran, au niveau 3, en prévision d’une aggravation des perturbations d’approvisionnement, notamment en raison de la poursuite de la fermeture du détroit d’Hormuz.

Afin de gérer d’éventuelles pénuries, les autorités travaillent à maîtriser la demande et à activer des mécanismes tels que l’échange de pétrole brut avec le secteur privé, tout en surveillant étroitement les marchés pour garantir la stabilité des approvisionnements énergétiques.

Enfin, il a été indiqué que les restrictions envisagées par l’Australie sur les exportations de gaz naturel devraient avoir un impact limité, les approvisionnements restant assurés via des contrats à long terme, malgré un possible léger déficit sur le marché spot à court terme.

Reuters -Yonhap

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