Gasoil, essence, charbon et gaz : Le Maroc sécurise ses arrières

Dépendant de ses importations, le Maroc dispose de stocks de gasoil et d’essence suffisants pour couvrir respectivement 51 et 55 jours de consommation, tandis que les approvisionnements en charbon et en gaz sont sécurisés jusqu’à la fin du mois de juin, a déclaré jeudi le ministère de l’Energie.
La perturbation sans précédent de l’offre énergétique résultant de la guerre au Moyen-Orient, qui a entraîné une hausse mensuelle record des cours mondiaux du brut en mars, s’avère particulièrement douloureuse pour le Maroc, qui ne dispose d’aucune capacité de raffinage domestique.
Les stations-service ont relevé les prix du gasoil et de l’essence d’environ 30% après que les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, fin février, ont exacerbé les tensions dans toute la région.
Le gouvernement marocain, qui avait supprimé les subventions au gasoil en 2014, a réintroduit des aides pour les transporteurs professionnels, notamment les taxis, les bus et les camions, afin de maintenir la stabilité des prix.
EFFORTS DE DIVERSIFICATION DE L’OFFRE
Le Maroc est entièrement dépendant des importations de gasoil et d’essence depuis 2015, date à laquelle son unique raffinerie a cessé ses activités pour dettes impayées avant d’entrer en liquidation.
La ministre des Finances n’a pas répondu à une demande de commentaire de Reuters concernant les répercussions de la guerre sur le déficit budgétaire et l’inflation, tandis que le ministère de l’Energie a déclaré avoir pris des mesures pour limiter les dommages économiques.
« La politique marocaine de diversification des sources d’approvisionnement, notamment en provenance d’Europe et des Etats-Unis, a permis d’atténuer l’impact », a précisé le ministère de l’Energie à Reuters par courriel.
Le charbon représente environ 60% de la production d’électricité du Maroc, contre 10% pour le gaz naturel et 25% pour l’éolien et le solaire, selon le régulateur de l’électricité.
Les cours du charbon ont également progressé suite au conflit dans le Golfe, mais les approvisionnements sont garantis jusqu’à la fin juin, des appels d’offres devant être lancés mi-avril pour couvrir le troisième trimestre, a indiqué le ministère de l’Energie.
Les fournitures de gaz sont assurées jusqu’à la fin juin, a-t-il ajouté, précisant que la consommation de gaz a diminué de 11% au premier trimestre suite à l’augmentation de la production hydroélectrique après que les pluies ont rempli les barrages.
Le Maroc importe la majeure partie de son gaz depuis les terminaux de gaz naturel liquéfié espagnols via un gazoduc qui acheminait auparavant le gaz algérien.
LES LIMITES DES SUBVENTIONS
Bien que le gouvernement utilise les subventions pour tenter de freiner les prix, l’importation, le stockage et la distribution des produits pétroliers au Maroc sont gérés par des sociétés privées et répondent aux forces du marché.
La ministre des Finances a déclaré publiquement que la situation au Moyen-Orient alimenterait l’inflation, sans toutefois entrer dans les détails. Le gouvernement a élaboré son budget 2026 sur la base d’une hypothèse de 60 dollars le baril, un niveau bien inférieur aux quelque 108 dollars affichés par le Brent international ce jeudi.
Le gouverneur de la banque centrale a déclaré le mois dernier que le Maroc pourrait puiser dans une ligne de crédit modulable du FMI de 4,5 milliards de dollars si les prix du pétrole dépassaient les 120 dollars le baril.
Les importations d’énergie du Maroc ont chuté de 5% pour s’établir à 11,5 milliards de dollars en 2025.
Reuters –



