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Bourse de Casablanca: Ces entreprises écartées du MASI ESG

Au-delà des changements intervenus en 2026, l’évolution de la composition du MASI ESG sur quatre ans met en lumière trois cas particuliers. Présente en 2023, TotalEnergies Marketing Maroc disparaît dès la révision suivante. Risma quitte également la sélection après deux années de présence, tandis que Sanlam Maroc n’y fait son apparition qu’en 2024, pour une présence limitée à cette seule année

TotalEnergies Marketing Maroc : une présence limitée à 2023. La société figurait dans la sélection du 24 novembre 2023, avant de disparaître des compositions successives de 2024, 2025 et 2026. Cette sortie précoce soulève une question sur l’évolution de son positionnement ESG et sur les critères ayant conduit à sa non-reconduction. Compte tenu des enjeux environnementaux associés au secteur des hydrocarbures, notamment les émissions de gaz à effet de serre et la transition énergétique, son parcours mérite une attention particulière.

Risma : deux années de présence avant son retrait. Le groupe hôtelier figurait dans les sélections de 2023 et 2024, avant de disparaître de celles de 2025 et 2026. Son cas est intéressant au regard des enjeux ESG propres au tourisme et à l’hôtellerie : consommation d’eau et d’énergie, gestion des déchets, conditions de travail et impact territorial. Sa sortie pose la question de l’évolution de ses performances sur ces différents critères, sans permettre, à elle seule, d’en déterminer les causes.

Sanlam Maroc : une présence ponctuelle en 2024. La compagnie d’assurance apparaît uniquement dans la sélection du 12 novembre 2024. Absente en 2023, elle n’a pas été reconduite en 2025 et en 2026. Son parcours contraste avec celui de Wafa Assurance, qui rejoint la sélection en 2026. Cette évolution invite à examiner les différences de notation entre les deux compagnies, notamment en matière de gouvernance, de transparence, de responsabilité sociale et de politique d’investissement.

Ces trois trajectoires illustrent une caractéristique essentielle du MASI ESG : la sélection est révisable et la présence d’une entreprise dans l’indice ne constitue pas un acquis permanent

MASI ESG : deux sorties et une nouvelle entrée en 2026

La révision annuelle du MASI ESG, applicable à partir du 3 novembre 2026, renouvelle la sélection des entreprises cotées évaluées selon leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance. Atlantasanad et Ciments du Maroc quittent l’indice, tandis que Wafa Assurance y fait son entrée. Derrière ces mouvements, un dispositif d’évaluation fondé sur plus de 160 critères extra-financiers, développé par Refinitiv (LSEG), et un enjeu croissant : orienter les capitaux vers les entreprises présentant les meilleures pratiques ESG.

Le MASI ESG renouvelle son cercle. À l’issue de sa révision annuelle, la Bourse de Casablanca a arrêté une nouvelle composition de 20 sociétés, applicable à compter du 3 novembre 2026.

Deux entreprises perdent leur place : Atlantasanad et Ciments du Maroc. En contrepartie, Wafa Assurance intègre la sélection, tandis que BCP retrouve l’indice après son absence en 2025.

Ces changements ne bouleversent pas fondamentalement la physionomie de l’indice, mais ils rappellent que l’appartenance au MASI ESG n’est pas définitivement acquise. Les sociétés retenues sont soumises à une évaluation périodique de leurs pratiques environnementales, sociales et de gouvernance. Leur maintien dépend de leur positionnement au regard des critères de sélection.

Contrairement à un indice général fondé principalement sur les caractéristiques boursières des sociétés, le MASI ESG introduit une dimension extra-financière dans la sélection. Sa composition repose sur les scores ESG établis par Refinitiv, désormais intégré à LSEG Data & Analytics, selon une méthodologie couvrant plus de 160 critères.

Les entrées et sorties redessinent la sélection des valeurs cotées

La composition du MASI ESG évolue au fil des révisions annuelles. Entre 2023 et 2026, plusieurs sociétés ont intégré ou quitté cet indice, qui distingue les entreprises cotées selon leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

En 2024, Aradei Capital et Société des Boissons du Maroc font leur entrée et conservent leur place lors des révisions suivantes.

D’autres mouvements interviennent en 2025. Managem et TAQA Morocco, absentes de la sélection en 2024, y font leur retour. En 2026, BCP réintègre à son tour l’indice après une année d’absence, tandis que Wafa Assurance y fait son entrée pour la première fois sur la période étudiée. Dans le même temps, Atlantasanad et Ciments du Maroc quittent la sélection après y avoir figuré pendant trois années consécutives.

Ces mouvements illustrent le caractère évolutif du MASI ESG, dont la composition repose sur une évaluation comparative des pratiques extra-financières des sociétés cotées. Toutefois, une entrée ou une sortie ne suffit pas, à elle seule, à conclure à une amélioration ou à une dégradation des pratiques ESG d’une entreprise. Pour comprendre ces changements, la publication des scores individuels, des seuils de sélection et des critères ayant motivé chaque décision serait nécessaire.

Tableau comparatif sur 4 ans

Valeur2023 (24 nov. 2023)2024 (12 nov. 2024)2025 (9 oct. 2025)2026 (3 nov. 2026)
AKDITAL✅✅✅✅
ARADEI CAPITAL❌✅✅✅
ATLANTASANAD✅✅✅❌
ATTIJARIWAFA BANK✅✅✅✅
AUTO HALL✅✅✅✅
BANK OF AFRICA✅✅✅✅
BCP✅✅❌✅
BMCI✅✅✅✅
CDM✅✅✅✅
CIH✅✅✅✅
CIMENTS DU MAROC✅✅✅❌
COSUMAR✅✅✅✅
HPS✅✅✅✅
ITISSALAT AL-MAGHRIB✅✅✅✅
LafargeHolcim Maroc / HOLCIM MAROC S.A✅✅✅✅
MANAGEM✅❌✅✅
RISMA✅✅❌❌
SANLAM MAROC❌✅❌❌
SOCIETE DES BOISSONS DU MAROC❌✅✅✅
SODEP-Marsa Maroc✅✅✅✅
SONASID✅✅✅✅
TAQA MOROCCO✅❌✅✅
TOTALENERGIES MARKETING MAROC✅❌❌❌
WAFA ASSURANCE❌❌❌✅

Les banques occupent une place importante dans la sélection

La composition 2026 fait ressortir une présence significative du secteur bancaire. Six établissements figurent parmi les 20 sociétés sélectionnées : Attijariwafa Bank, Bank of Africa, BCP, BMCI, Crédit du Maroc et CIH Bank.

Les banques représentent ainsi 30 % des entreprises composant l’indice. Cette concentration numérique souligne leur présence dans l’univers des sociétés évaluées, mais ne signifie pas qu’elles représentent 30 % de la pondération boursière du MASI ESG.

Les autres secteurs sont représentés par des entreprises opérant notamment dans la santé, l’immobilier, les télécommunications, les technologies, l’agroalimentaire, les mines, les matériaux de construction, le transport et l’énergie.

La question de la représentativité sectorielle mérite donc d’être posée : dans quelle mesure la composition du MASI ESG reflète-t-elle la diversité de l’économie marocaine et les différences d’exposition aux enjeux environnementaux et sociaux selon les secteurs ?

Un indice qui intéresse aussi les gestionnaires d’actifs

Au-delà des entreprises sélectionnées, le MASI ESG présente un intérêt pour les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de portefeuille.

Les OPCVM labellisés ISR ou adoptant une stratégie d’investissement durable peuvent utiliser cet indice comme référence pour mesurer leur performance relative dans l’univers des valeurs responsables.

Cette fonction de référence inscrit le MASI ESG dans le développement de la finance durable au Maroc. Les critères extra-financiers viennent compléter les indicateurs classiques de rentabilité, de valorisation, de liquidité et de risque dans l’analyse des placements.

Pour les entreprises cotées, figurer dans cet indice constitue également un élément de visibilité auprès des investisseurs sensibles aux questions ESG. Mais cette visibilité implique une exigence accrue en matière de transparence et de communication extra-financière.

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