
La campagne disciplinaire du président chinois Xi Jinping continue de toucher les plus hautes sphères du pouvoir. Ainsi, le cinquième plénum du Parti communiste chinois (PCC), qui s’est clôturé jeudi à Pékin, a acté l’exclusion de 33 personnalités politiques, dont seize militaires. Comme le relève RFI, les purges qui se multiplient sont visibles jusque dans l’assemblée, un quart des sièges étant restés vides.
Les personnalités évincées occupent des fonctions stratégiques. À l’image de Zhang Youxia, l’ex-général le plus haut gradé du pays, et de Liu Jianchao, figure de la diplomatie. Sur les sept membres qui composaient en 2002 la Commission militaire centrale, il n’en reste actuellement plus que deux, à savoir Xi Jinping lui-même et Zhang Shengmin, le général chargé de traquer la corruption dans l’armée.
Lutte contre la corruption
Pour justifier ces évictions, les autorités chinoises mettent en avant la lutte anticorruption au sein de l’État-Parti. Depuis que Xi Jinping, initiateur de cette campagne, est arrivé au pouvoir en 2012, près de 8 millions de personnes ont été sanctionnées, a déclaré vendredi un haut responsable.
Cette campagne a entraîné la mise en cause de millions de personnes à différents niveaux hiérarchiques, l’éviction de dizaines de responsables du puissant Comité central du PCC, qui comprend près de 300 membres, et la chute de nombreux hauts gradés de l’armée. Les partisans de cette campagne estiment qu’elle favorise une gouvernance intègre.
Écarter des rivaux politiques
Des analystes estiment que ces évictions visent également à écarter des rivaux politiques de Xi Jinping et à préparer le terrain pour une prolongation de son mandat lors du prochain congrès du PCC, prévu au second semestre 2027.
Le PCC a éliminé ces dernières années «de graves dangers cachés au sein du Parti, de l’État et de l’armée» et est animé par la conviction qu’il vaut «mieux offenser des milliers de personnes (ndlr: les personnes tombées pour corruption) que de décevoir les 1,4 milliard de Chinois», a déclaré vendredi Zhang Fuhai, secrétaire adjoint de la Commission centrale de contrôle de la discipline (CCDI).
La session plénière (plénum) du Comité central, qui s’est achevée jeudi à Pékin, a adopté une décision visant à «approfondir la gouvernance intégrale et rigoureuse du Parti», notamment en intensifiant la lutte anticorruption. «Nous donnerons la priorité aux enquêtes sur les affaires mêlant problèmes politiques et économiques, sur les collusions entre les autorités et les entreprises, ainsi que sur l’infiltration du capital dans la sphère politique», a affirmé Zhang Fuhai.
Le plénum a également été marqué par la promotion au Politburo, l’une des plus hautes instances dirigeantes du PCC, de Zhang Shengmin, fer de lance de la campagne anticorruption au sein de l’armée.
AFP



