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« Fabriqué avec l’Europe »: Toyota snobe le Maroc et privilégie la Turquie

Dans son communiqué, le Maroc n’est mentionné nulle part. Toyota y défend une approche « Fabriqué avec l’Europe » qui reconnaît explicitement le Royaume-Uni, la Turquie et le Japon comme partenaires de confiance. Le Maroc, pourtant géographiquement proche et déjà intégré à certaines chaînes de valeur automobiles européennes (notamment via le secteur du câblage, des sièges et des composants), est totalement absent du plaidoyer.

Toyota défend une logique de réciprocité totale et de libre-échange. Or, le Maroc bénéficie d’un accord d’association avec l’UE (depuis 2000) et d’un accord de libre-échange approfondi et complet (ALECA) en cours de négociation/finalisation. Il est également un acteur majeur de la filière automobile européenne : premier producteur de véhicules en Afrique, avec des constructeurs comme Renault, Stellantis et des équipementiers européens implantés sur son sol.

Pourtant, Toyota ne le mentionne pas. Pourquoi ?

Les raisons possibles de cette omission

Une omission stratégique : le Maroc n’est pas dans le périmètre « prioritaire » de Toyota

Toyota produit en Europe (Portugal, Royaume-Uni, France, Pologne, Tchéquie, Turquie). Le Maroc n’est pas un pays de production pour Toyota. Le constructeur japonais n’a pas d’usine au Maroc. Son plaidoyer vise donc à protéger ses propres investissements et ceux de ses partenaires directs (UK, Turquie, Japon). Le Maroc, bien qu’important dans la chaîne d’approvisionnement européenne, n’est pas un partenaire de production direct pour Toyota.

Une omission politique : le Maroc n’est pas considéré comme un « partenaire de confiance » au même titre que le Royaume-Uni ou le Japon

Toyota parle de « réciprocité totale » et de « partenaires de libre-échange et d’union douanière ». Or, le Maroc, bien qu’ayant un accord d’association avec l’UE, n’est pas dans une union douanière avec l’UE. Il n’est pas non plus un partenaire de libre-échange « total » au sens où Toyota l’entend (comme le Japon ou le Royaume-Uni). Cela exclut donc le Maroc de la liste des partenaires éligibles à l’approche « Fabriqué avec l’Europe ».

Une omission révélatrice : le Maroc est perçu comme un concurrent, pas comme un partenaire

Le Maroc est devenu un hub de production automobile à bas coûts pour l’Europe. Des constructeurs comme Renault et Stellantis y produisent des véhicules destinés au marché européen. Pour Toyota, qui produit en Europe à des coûts plus élevés, le Maroc pourrait être perçu comme une menace concurrentielle plutôt que comme un partenaire à intégrer dans un cadre de « Fabriqué avec l’Europe ». Reconnaître le Maroc comme partenaire de confiance reviendrait à légitimer un modèle de production low cost qui concurrence directement les usines européennes de Toyota.

Une omission qui en dit long

Le communiqué de Toyota est un plaidoyer pro-domestique qui défend les intérêts des constructeurs produisant en Europe (et dans les pays « de confiance »).

Cette omission n’est pas anodine : elle révèle que, pour Toyota, le Maroc n’est ni un partenaire de production, ni un partenaire de libre-échange « total », et peut-être même un concurrent à exclure du cadre réglementaire européen.

Pour le Maroc, c’est un signal clair : il ne peut pas compter sur les constructeurs étrangers pour défendre ses intérêts à Bruxelles. Il devra se battre lui-même pour être reconnu comme un partenaire de confiance dans la nouvelle architecture industrielle européenne.

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