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Gabon : l’industrie alimentaire au bord de la rupture

Le secteur agroalimentaire gabonais traverse une période difficile. Deux entreprises historiques, la Raffinerie gabonaise de sel et dérivés (Ragasel) et les Sucreries du Gabon, sont confrontées à des problèmes financiers et industriels qui menacent leur pérennité. Les difficultés des minoteries viennent également illustrer les fragilités de la transformation alimentaire locale.

Ragasel : la dissolution envisagée

Dotée d’un capital social de 1,952 milliard de FCFA, Ragasel doit réunir ses actionnaires le 3 novembre 2026 à Libreville pour examiner notamment une éventuelle dissolution anticipée. Ses capitaux propres sont tombés sous la moitié du capital social, soit 976 millions de FCFA, seuil qui déclenche une procédure prévue par le droit OHADA.

Cette situation prolonge des difficultés anciennes. Un audit réalisé en 2012 avait notamment relevé des pertes cumulées de 1,776 milliard de FCFA entre 2007 et 2010, ainsi que des problèmes de dimensionnement des installations et de maîtrise des charges.

Sucreries du Gabon : les investissements ne suffisent pas

Reprise en avril 2024 par MFB International, l’ancienne Sucaf devait bénéficier d’un programme d’investissement d’au moins 11 milliards de FCFA pour moderniser ses installations. Malgré 5,31 milliards de FCFA investis en 2024, la production de sucre transformé a reculé de 21,2 %, à 14 640 tonnes.

Dans le même temps, les ventes ont chuté de 31,5 %, à 20 250 tonnes, tandis que les importations de sucre ont bondi de 212,8 %, à 22 074 tonnes. Le vieillissement des équipements, les difficultés d’écoulement des stocks et les tensions sociales compliquent le redressement de l’entreprise. Une grève déclenchée début octobre a été suspendue le 13 octobre afin de favoriser la médiation.

Les minoteries également sous pression

La filière meunière connaît elle aussi des difficultés. Au premier semestre 2026, la production nationale de farine a reculé de 19,4 %. Malgré un rebond de 5 % au deuxième trimestre, l’activité est restée inférieure de 14,9 % à son niveau de la même période de 2025.

L’enjeu économique : ces trois situations révèlent les difficultés du Gabon à consolider une industrie alimentaire capable de satisfaire durablement la demande intérieure. Modernisation des équipements, compétitivité, financement et accès au marché constituent des défis majeurs. La question dépasse la survie de quelques entreprises : elle touche à la réduction de la dépendance aux importations, à la préservation des emplois et à la souveraineté alimentaire du pays. sikafinance

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