Economie

Global Capitalism Index: le Maroc face aux limites de son modèle économique

Avec 61,8 points sur 100, le Maroc se classe au 9ᵉ rang africain du Global Capitalism Index 2025 et au 85ᵉ rang mondial. Il devance l’Égypte, créditée de 60,9 points, et la Tunisie, qui obtient 56,1 points.

Le Maroc figure parmi les dix premiers pays africains du Global Capitalism Index (GCI) 2025. Avec un score de 61,8 points sur 100, le Royaume occupe la neuvième place continentale, derrière le Bénin, l’Afrique du Sud, le Rwanda et plusieurs économies insulaires ou australes. À l’échelle mondiale, il se positionne au 85ᵉ rang, devant l’Égypte, classée 86ᵉ avec 60,9 points.

Cette avance reste limitée à 0,9 point sur l’économie égyptienne, mais elle atteint 5,7 points par rapport à la Tunisie, qui totalise 56,1 points et se classe au 18ᵉ rang africain. Le Maroc devance également le Sénégal, crédité de 54,6 points, selon les données communiquées pour cette édition.

Le classement mondial du Maroc dans le Global Capitalism Index a connu une évolution contrastée : le Royaume occupait le 103ᵉ rang en 2017, avant de progresser au 80ᵉ rang en 2020. En 2025, il se situe au 85ᵉ rang mondial, soit un recul de cinq places par rapport à 2020, mais une amélioration de 18 places par rapport à 2017.

Cette trajectoire traduit une progression sur la période 2017-2025, malgré un repli récent par rapport au classement de 2020.

Maroc : les huit sous-indices du capitalisme en 2025

L’indice part du principe que le capitalisme ne se résume pas à l’absence d’intervention étatique. Au contraire, un système capitaliste fonctionnel requiert des institutions et des cadres publics solides — tels que des tribunaux garants des droits de propriété et des règles assurant la compétitivité des marchés tout en prévenant le népotisme (cronyism).

Ces données du Global Capitalism Index 2025 permettent d’affiner l’analyse du positionnement du Maroc. Le score global de 61,8 points masque des écarts importants entre les huit composantes de son environnement économique et institutionnel.

Sous-indiceScore /100Rang mondial
Politique favorable au marché63,576ᵉ
Système bancaire63,474ᵉ
Droits de propriété53,981ᵉ
Sophistication des marchés de capitaux46,570ᵉ
Libre circulation des biens et des capitaux46,1101ᵉ
Création et développement des entreprises42,178ᵉ
Ouverture du marché du travail39,791ᵉ
Concurrence sur les marchés55,5115ᵉ

Ce que ces résultats révèlent de l’économie marocaine

Le système bancaire, un point d’appui

Avec 63,4 points et un 74ᵉ rang mondial, le système bancaire constitue l’une des composantes les mieux notées du Maroc. Ce score doit néanmoins être distingué de l’accès effectif au crédit pour les TPME et les entreprises en phase de démarrage.

La politique économique obtient un score relativement élevé

Le sous-indice relatif aux politiques favorables au marché atteint 63,5 points, plaçant le Maroc au 76ᵉ rang mondial. Il évalue notamment les politiques publiques, la qualité de la réglementation et les infrastructures nécessaires au fonctionnement des marchés.

La concurrence, le principal point de vigilance dans ce classement

Le Maroc se classe au 115ᵉ rang mondial pour la concurrence sur les marchés, avec 55,5 points. Ce positionnement constitue un signal à examiner concernant l’intensité concurrentielle et l’environnement réglementaire. Il ne suffit toutefois pas, à lui seul, à démontrer l’existence de pratiques anticoncurrentielles dans des secteurs précis.

Le marché du travail reste une dimension à examiner

Avec 39,7 points, l’ouverture du marché du travail est la composante la moins bien notée du Maroc. L’indice prend en compte la flexibilité, l’accessibilité et l’inclusivité du marché du travail. Ce résultat mérite d’être confronté aux données nationales sur l’emploi, le chômage, l’insertion des jeunes et la participation des femmes.

Les échanges internationaux et le financement des entreprises présentent des marges d’analyse

La libre circulation des biens et des capitaux obtient 46,1 points, tandis que la sophistication des marchés de capitaux atteint 46,5 points. Ces scores invitent à examiner les conditions d’ouverture économique, la profondeur des marchés financiers et les possibilités de financement des entreprises au-delà du crédit bancaire.

Maurice, les Seychelles et le Botswana en tête

Voici le top 10 africain selon Global Capitalism Index

Rang africainPaysRang mondialScore sur 100
1Maurice48ᵉ73,9
2Seychelles50ᵉ73,4
3Botswana52ᵉ72,7
4Namibie59ᵉ69,7
5Cap-Vert66ᵉ67,1
6Rwanda74ᵉ64,2
7Afrique du Sud78ᵉ63,2
8Bénin80ᵉ62,8
9Maroc85ᵉ61,8
10Égypte86ᵉ60,9

Le classement africain est dominé par Maurice, qui obtient 73,9 points, devant les Seychelles avec 73,4 points et le Botswana avec 72,7 points. La Namibie et le Cap-Vert complètent le groupe de tête, avec respectivement 69,7 et 67,1 points.

Avec 61,8 points, le Maroc reste ainsi à 12,1 points du pays africain le mieux classé. Cet écart illustre les différences entre les économies du continent en matière d’environnement institutionnel, de fonctionnement des marchés et de conditions d’exercice de l’activité économique.

Le Royaume se situe néanmoins dans le premier groupe continental, aux côtés de pays qui obtiennent des scores relativement élevés selon la méthodologie de l’indice.

Un indice centré sur les règles du marché

Le Global Capitalism Index ne mesure directement ni la richesse des habitants ni le taux de croissance économique. Il évalue plutôt les conditions dans lesquelles les entreprises et les marchés fonctionnent.

Ses critères couvrent notamment la protection des droits de propriété, la concurrence, l’ouverture du marché du travail, l’accès au financement, la solidité du système bancaire, le développement des marchés financiers, la création d’entreprises et la circulation des biens et des capitaux.

Pour le Maroc, ce positionnement constitue donc un indicateur de comparaison de l’environnement économique et institutionnel. Il ne suffit toutefois pas à établir que les entreprises marocaines sont plus productives ou plus compétitives que leurs concurrentes tunisiennes ou égyptiennes. Une telle comparaison nécessiterait d’examiner les résultats détaillés de chaque pays sur les différents piliers de l’indice.

Global Capitalism Index 2025 : le Top 10 mondial

Rang mondialPaysScore GCIÉvolution depuis 2024
1Suisse96,9+1,0
2États-Unis95,0+1,5
3Hong Kong94,5+0,3
4Canada93,8+1,3
5Singapour93,3+0,2
6Luxembourg92,5+0,8
7Danemark91,9+0,8
8Australie91,6+0,1
9Suède90,6+0,5
10Norvège90,3+0,1

Source : Global Capitalism Index. Le score GCI est exprimé sur 100 points. L’évolution correspond à la variation par rapport à 2024.

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