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L’Huile d’olive extra vierge de Kalaat Sraghna décroche son indication géographique protégée

Le ministère de l’Agriculture vient de reconnaître officiellement l’indication géographique « Huile d’olive extra vierge de Kalaat Sraghna ». Le cahier des charges impose désormais des règles précises sur les variétés, la récolte, l’extraction, le stockage et le conditionnement.

Le terroir oléicole de Kalaat Sraghna franchit une nouvelle étape dans sa structuration. Une décision du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, n° 26.1808, datée du 12 août 2026, reconnaît officiellement l’indication géographique « Huile d’olive extra vierge de Kalaat Sraghna » et approuve son cahier des charges.

Cette reconnaissance vise à associer officiellement le produit à son territoire d’origine et à encadrer les conditions dans lesquelles l’huile peut bénéficier de cette appellation.

Un périmètre géographique étendu

L’indication géographique couvre un territoire qui dépasse la seule province de Kalaat Sraghna.

Le périmètre comprend 43 communes relevant de la province de Kalaat Sraghna, auxquelles s’ajoutent quatre communes de la province de Rehamna — Akerma, Tlouh, Jaïdat et Ras Aïn Rehamna — ainsi que certaines parties de la commune d’Anzou, dans la province d’Azilal.

Province de Kalaat Sraghna (43 communes) : Kalaat Sraghna, El Attaouia, Sidi Rahhal, Tamallalt, Ouled Ar-Rad, Ach-Chaara, El Attaouia Ech-Chaïbia, Idzouz, Fraïta, El Othmania, Ouargui, Bouï Omar, Es-Sahrij, Sour El Az, Ouled Khelouf, Oued Lakhdar, M’Zem Senhaja, Sidi Aïssa Ben Slimane, Zemrane, Zemrane Ech-Charqia, El Jouala, Ajbiel, Ouled Sbeïh, El Hyadna, Ouled Zerrad, Ouled Cherki, El M’rabouh, M’Yat, Sidi Moussa, El Ameria, Ouled M’Barek, Ouled Messaoud, Ed-Dachra, Ouled Amr, Ouled Bouali El Oued, Er-Rafia, Touzint, Sidi El Hattab, Ech-Chaïtba, Aznada, Ouled Yaakoub, Ouled El Karn et Lounasda.

Province de Rehamna (4 communes) : Akerma, Tlouh, El Jaïdat et Ras Aïn Rehamna.

Province d’Azilal : certaines parties de la commune d’Anzou, notamment les douars Akfaï, El Garia, Waknma et Zaouia.

La production portant cette indication géographique devra être réalisée exclusivement à l’intérieur de ce périmètre, conformément au cahier des charges.

Trois variétés autorisées

Le nouveau cahier des charges encadre également la matière première.

L’huile bénéficiant de l’indication géographique devra provenir exclusivement de trois variétés d’olivier :

  • Picholine marocaine ;
  • Menara ;
  • Haouzia.

Les oliveraies peuvent être conduites en régime irrigué ou en bour, tandis que la fertilisation peut reposer sur des apports organiques ou minéraux adaptés à l’âge et aux besoins des arbres.

Une récolte encadrée

La qualité recherchée commence dès la récolte. Le cahier des charges fixe un indice de maturité compris entre 1,5 et 2,5, selon l’échelle du Conseil oléicole international.

La récolte doit être effectuée manuellement ou par gaulage, à condition de préserver les branches et les fruits. Des filets ou des bâches doivent être installés sous les arbres afin d’éviter le contact des olives avec le sol.

Autre contrainte importante : les olives récoltées doivent être transportées rapidement vers l’unité d’extraction, dans des contenants appropriés.

Le délai entre la récolte et l’extraction ne doit pas dépasser 48 heures.

Des critères physico-chimiques précis

L’huile bénéficiant de l’indication géographique devra répondre à des critères de qualité définis dans le cahier des charges.

Son acidité libre, exprimée en acide oléique, doit être inférieure ou égale à 0,5 %. L’indice de peroxyde doit rester inférieur ou égal à 20 meq d’oxygène par kilogramme.

Le cahier des charges fixe également un seuil de plus de 250 mg/kg de polyphénols totaux.

Ces paramètres viennent compléter la définition réglementaire de l’huile d’olive vierge extra et constituent des critères de contrôle pour les producteurs souhaitant bénéficier de l’indication géographique.

Extraction, stockage et conditionnement sous contrôle

L’extraction doit être réalisée dans des unités d’huilerie disposant de l’autorisation sanitaire requise.

Après extraction, l’huile doit être stockée dans des cuves résistantes à la corrosion, à une température ne dépassant pas 20 °C.

Le conditionnement doit, quant à lui, être effectué dans des contenants adaptés et constitués de matériaux destinés au contact alimentaire.

L’objectif est de maintenir la qualité du produit tout au long de la chaîne, de l’oliveraie jusqu’au consommateur.

Un dispositif de certification et de contrôle

Le respect du cahier des charges fera l’objet d’un contrôle par l’organisme de certification et de contrôle Sarl Normacert, ou par tout autre organisme dûment agréé conformément à la réglementation en vigueur.

Les producteurs et conditionneurs enregistrés auprès de l’organisme de contrôle pourront obtenir une certification attestant la conformité de leur huile aux exigences de l’indication géographique.

L’étiquetage devra également faire apparaître la mention « Indication géographique protégée Huile d’olive vierge extra de Kalaat Sraghna », le symbole officiel correspondant ainsi que la référence de l’organisme de certification et de contrôle.

Un outil de valorisation du terroir

Au-delà de la reconnaissance administrative, cette indication géographique apporte un cadre formel pour différencier l’huile produite dans le territoire de Kalaat Sraghna.

Le cahier des charges établit ainsi une chaîne de traçabilité et de contrôle allant des variétés cultivées jusqu’au conditionnement final.

Pour les producteurs et les opérateurs de la filière, l’enjeu sera désormais de transformer cette reconnaissance géographique en valeur commerciale, notamment à travers la différenciation du produit, la traçabilité, la qualité et la valorisation du terroir.

La décision du 12 août 2026 marque ainsi une nouvelle étape dans la structuration de la filière oléicole de Kalaat Sraghna et dans la reconnaissance officielle de son identité territoriale.

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