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Automobile : le Maroc cité parmi les principaux concurrents de l’Afrique du Sud dans la course aux investissements

  • Le secteur automobile sud-africain, longtemps considéré comme un pilier de l’économie nationale, fait face à une pression croissante.
  • Un secteur où le gouvernement verse 300 000 rands pour maintenir chaque employé en poste

Le gouvernement sud-africain soutient l’industrie automobile à tel point que chaque emploi dans ce secteur lui coûte en réalité entre 250 000 et 300 000 rands.

Ce secteur a bénéficié d’un traitement fiscal préférentiel avantageux afin d’encourager la production et l’emploi locaux, conformément à la politique industrielle de l’État.

Ce soutien s’est avéré globalement efficace, constituant l’un des rares exemples de politique industrielle réussie en Afrique du Sud.

En Afrique du Sud, la fabrication automobile n’est pas considérée comme une industrie ordinaire ; elle est perçue comme un pilier de l’économie.

Ce secteur est en effet un important pourvoyeur d’emplois, avec un multiplicateur d’emplois significatif, et représente une source essentielle de devises étrangères grâce aux exportations.

On estime que pour chaque emploi créé sur une chaîne de montage automobile en Afrique du Sud, trois à cinq emplois indirects sont créés dans l’ensemble de l’économie.

Ces emplois se présentent sous forme d’opportunités dans les secteurs de la logistique, de la sidérurgie et de l’aluminium, de l’ingénierie, du commerce de détail et des services.

Le gouvernement a renforcé la pression sur les fabricants sud-africains en matière de localisation afin de les encourager à s’approvisionner en pièces et fournitures sur le territoire national.

Cette initiative s’inscrit dans la prochaine étape du Plan directeur automobile sud-africain 2035, le pays comptant déjà des constructeurs tels que Toyota, Ford, BMW et Volkswagen qui produisent des véhicules localement.

Nombre de ces véhicules sont destinés à l’exportation, générant d’importantes recettes en devises étrangères qui contribuent à renforcer le rand grâce à la balance des paiements.

Bien que le secteur ne représente qu’environ 1 % du PIB national, il est de loin le plus important contributeur au secteur manufacturier et représente entre 12 % et 14 % des recettes totales d’exportation.

Malgré ce succès, des questions se posent quant à l’ampleur du soutien gouvernemental nécessaire au maintien de l’activité du secteur.

Bien que sa contribution économique soit modeste, le secteur bénéficie d’un régime fiscal préférentiel important afin d’encourager la production locale.

Ce traitement fiscal représente un manque à gagner de plus de 40 milliards de rands de recettes fiscales, selon Codera Analytics. Cela équivaut à 0,6 % du PIB.

Pour illustrer ce coût, Codera a comparé ce manque à gagner au nombre d’emplois que le secteur génère. En effet, il emploie environ 100 000 Sud-Africains directement et indirectement, notamment dans la fabrication de pièces et d’accessoires.

Ainsi, l’État perd entre 250 000 et 300 000 rands de recettes fiscales par emploi créé dans le secteur automobile. Ce constat est illustré dans le graphique ci-dessous, fourni par Codera Analytics.

Sous pression

L’industrie automobile sud-africaine est confrontée à une forte pression, la montée en puissance des marques chinoises et des véhicules électriques menaçant sa survie. dailyinvestor

Ces tendances s’ajoutent aux droits de douane imposés sur les exportations vers les États-Unis, un marché majeur pour certains constructeurs locaux.

En particulier, la majeure partie de la production Mercedes-Benz de Port Elizabeth (désormais Gqeberha) est destinée aux États-Unis. Cette usine est de facto fermée depuis l’annonce des premiers droits de douane sur les produits sud-africains.

À cela s’ajoute la dégradation des services publics en Afrique du Sud au cours de la dernière décennie, l’insécurité énergétique, la hausse des prix de l’électricité et les pénuries d’eau ayant un impact sur les fabricants.

Siyabonga Mthembu, responsable du secteur automobile chez BD Afrique du Sud, explique que le secteur se trouve à la croisée des chemins, entre survie et fermeture.

« Il est préoccupant de constater que, en tant que pays, nous n’avons pas encore pris les mesures fondamentales essentielles pour garantir un climat d’investissement favorable au secteur de la fabrication automobile », a déclaré M. Mthembu.

« Comme si cela ne suffisait pas, le secteur est désormais confronté à une avalanche d’importations de véhicules chinois et indiens.»

M. Mthembu a ajouté que l’arrivée de ces importations a entraîné une forte détérioration de la part des véhicules en kit (CKD) en Afrique du Sud.

Le terme CKD désigne les véhicules entièrement assemblés en Afrique du Sud, une forme de production automobile très avantageuse pour l’économie locale.

Ce taux de localisation a chuté sous la barre des 50 % ces dernières années, la production locale s’avérant non compétitive face à ses homologues chinoise et indienne.

Les entreprises chinoises bénéficient d’importantes subventions de leur gouvernement, conjuguées aux avantages du libre-échange sud-africain, notamment les remises et les options d’assemblage de pièces détachées (CKD), ce qui encourage la désindustrialisation, a déclaré M. Mthembu.

Le taux de localisation a diminué de 10 % depuis 2021, passant de 42 % à 38 % en 2023, les fournisseurs de rang 2 et inférieur étant nettement sous-développés.

Sur le plan politique, le gouvernement devrait prendre des mesures pour protéger le secteur automobile des importations, tout en facilitant la rentabilité des investissements, tant pour les entreprises existantes que pour les nouveaux investisseurs.

Ces interventions sont essentielles pour que l’Afrique du Sud puisse rivaliser avec des pays comme le Maroc, qui tire parti de sa proximité géographique avec les marchés européens.

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