AIE : l’offre mondiale de pétrole pourrait dépasser la demande d’ici la fin de l’année si la paix se maintient

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que l’offre mondiale de pétrole pourrait dépasser la demande d’ici la fin de 2026, à condition que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran débouche sur un accord de paix durable et qu’aucune nouvelle escalade militaire ne survienne.
Dans son rapport mensuel sur le marché pétrolier publié vendredi, l’AIE souligne que le trafic de pétrole brut et de produits raffinés à travers le détroit d’Ormuz a fortement rebondi en juin à la faveur du cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran. En revanche, la reprise récente des hostilités fait peser un risque important sur ces perspectives.
L’agence rappelle que la reprise des affrontements dans le Golfe cette semaine met en évidence l’importance d’un accord de paix durable pour assurer la stabilité des marchés pétroliers.
Un trafic en forte hausse dans le détroit d’Ormuz
En juin, après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 du mois, les exportations transitant par le détroit d’Ormuz ont atteint 13,2 millions de barils par jour (Mb/j) en moyenne, soit une hausse de 70 % par rapport au mois précédent.
Ce volume représente environ 70 % du trafic observé avant le déclenchement du conflit, le 28 février.
La production repart à la hausse
L’offre mondiale de pétrole a progressé en juin de 4,1 millions de barils par jour, pour atteindre 98,8 Mb/j, principalement grâce à l’augmentation de la production des pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis.
L’AIE prévoit qu’en cas de maintien du calme, les exportations de la région permettront à la production mondiale d’atteindre 102,6 Mb/j en moyenne sur l’ensemble de 2026. Cette estimation reste toutefois inférieure de 3,7 Mb/j au niveau enregistré en 2025, mais elle est plus optimiste que celle publiée il y a un mois, avec un relèvement de 210.000 barils par jour.
L’agence souligne également que la baisse des exportations en provenance du Golfe sera en partie compensée par l’augmentation de la production des cinq principaux producteurs du continent américain : les États-Unis, le Canada, le Brésil, l’Argentine et le Guyana.
Une demande soutenue par la baisse des prix
Du côté de la demande, l’AIE constate un redressement après le ralentissement provoqué par le conflit entre les États-Unis et l’Iran, favorisé par le recul des cours du pétrole.
Le prix du Brent de la mer du Nord a chuté de 31 dollars en juin, tombant à 68 dollars le baril au début du mois de juillet, soit un niveau inférieur à celui d’avant le conflit. Toutefois, les nouvelles tensions militaires ont rapidement fait remonter le prix jusqu’à 77 dollars le baril.
Un marché potentiellement excédentaire
En supposant que le cessez-le-feu soit préservé, l’AIE prévoit un redressement progressif de la consommation mondiale.
Après avoir atteint un point bas en mai à 97,9 Mb/j, soit 5,3 Mb/j de moins qu’un an auparavant, la demande pourrait progresser de 8 Mb/j d’ici octobre, dépassant alors, pour la première fois depuis le début du conflit, le niveau observé à la même période de 2025.
Sur le dernier trimestre de 2026, la demande devrait être supérieure de 1,2 Mb/j à celle du quatrième trimestre 2025.
Malgré cette amélioration, la demande moyenne mondiale en 2026 resterait inférieure d’environ 1 Mb/j à celle de 2025, une baisse légèrement moins marquée que celle anticipée le mois précédent.
Pour 2027, l’AIE table sur un rebond de 2 Mb/j, mais estime que la croissance de la demande demeurera nettement en deçà des tendances historiques observées avant le conflit. (EFE) –



