
Vous êtes une des figures des startups et entreprises innovantes au Maroc. Comment évaluez-vous votre expérience et quelles leçons en tirez-vous ?
Je fais partie des premiers entrepreneurs de la Tech au Maroc. Nous étions un petit groupe d’entrepreneurs à lancer des startups au début des années 2010. A l’époque, on ne parlait pas encore de startup scène ou encore d’écosystèmes startup. Il n’y avait pas de financement de la part d’institutions publiques et les banques étaient frileuses de prêter à une startup. Seule la méthode ‘bootstrap’ nous permettait de nous en sortir. A l’époque, la taille du marché était plus limitée. Le coût des ressources humaines pour maintenir une application était trop élevé comparativement aux revenus que pouvait générer l’application elle-même. C’est ce qui m’a poussé à créer la startup studio / Venture Builder Wib.co. Le principe est simple. Nous avons une équipe de développeurs en central qui est mutualisée sur plusieurs start-ups (Sarouty.ma, VotreChauffeur.ma, Chari.ma, linformation.ma, mondentiste.ma…). De cette manière d’organisation, nous avons baissé alors les coûts de maintenance technique par start-up.
Avec du recul, nous avons dû lancer de nombreuses startups pour en voir quelques-unes réussir. Dans le monde de l’entrepreneuriat tech, on apprend plus de nos échecs que de nos réussites. Le taux de succès est relativement faible, mais les échecs sont très instructifs et sont souvent nécessaires au succès. L’échec devient ainsi une étape nécessaire au succès. Ainsi, les entrepreneurs qui réussissent ne sont pas ceux qui sont les plus intelligents ou ceux qui ont l’accès le plus simple au financement, mais plutôt ceux qui n’abandonnent jamais et qui utilisent leurs échecs comme une motivation supplémentaire vers la réussite.
« Nous avons dû lancer de nombreuses startups pour en voir quelques-unes réussir »
Comment le modèle start-up peut stimuler l’innovation et la croissance des entreprises ?
L’avantage du modèle start-up, c’est son agilité. Ce modèle a été théorisé dans le livre « Lean Startup » d’Eric Ries en 2008. Il repose sur le concept du ‘validated learning’ qui consiste à tester avant d’agir. Dans une startup, l’entrepreneur n’a pas le temps ni les moyens de faire des études de marché coûteuses. Il doit préparer rapidement un MVP (Minimum Viable Product) et aller le tester sur le marché. Les premières réactions du marché vont lui permettre de faire de l’itération c’est-à-dire d’améliorer au fur et à mesure son produit ou service. Ce concept permet d’avancer beaucoup plus rapidement et explique pourquoi certaines startups progressent plus rapidement que les entreprises classiques.
« Il faut savoir s’entourer de personnes optimistes qui véhiculent des ondes positives. Il ne faut jamais abandonner et toujours apprendre de ses erreurs »
Quels conseils donnez-vous aux jeunes pour réussir leurs projets ?
Mon conseil principal est de bien savoir s’entourer. Le plus dur au début, c’est la solitude de l’entrepreneur. On a souvent le sentiment d’être seul, d’avoir un coût d’opportunité, de ne pas apprendre d’un patron, de rater une carrière… D’où l’intérêt assez rapidement d’avoir un cofondateur, des amis, de la famille ou un des collaborateurs séniors, à nos côtés pour nous remonter le moral dans les moments difficiles. Il faut savoir s’entourer de personnes optimistes qui véhiculent des ondes positives. Il ne faut jamais abandonner et toujours apprendre de ses erreurs. Il faut savoir être agile et savoir bien déterminer la profondeur de son marché. Toujours rester au contact de ses clients et prendre en compte leur feedback pour améliorer son produit ou service.




