Startups MENA: Alors que l’Égypte disparaît, le Maroc reste visible

L’activité d’investissement dans l’écosystème des startups au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) a fortement ralenti en mars 2026, avec seulement 17 startups ayant levé un total de 48,3 millions de dollars. Ce chiffre représente une baisse de 85 % par rapport au mois précédent et de 62 % par rapport à mars 2025, faisant de ce mois l’un des plus faibles enregistrés dans la région depuis plusieurs années.
Les Émirats dominent un marché en retrait, l’Égypte disparaît du paysage
Même sous pression, les Émirats arabes unis conservent leur position de premier marché régional, avec 36,8 millions de dollars levés sur huit opérations, représentant la majorité des capitaux du mois.
L’Arabie saoudite suit avec 10,2 millions de dollars sur quatre transactions, maintenant une activité, mais avec des montants nettement plus faibles.
Fait marquant : l’Égypte est totalement absente du paysage des financements en mars, enregistrant zéro transaction, perdant ainsi sa place habituelle parmi les trois principaux marchés.
À sa place, le Maroc se classe troisième avec 1,2 million de dollars sur deux opérations, suivi du Qatar avec une levée de 500 000 dollars, puis de la Syrie avec une opération estimée à 100 000 dollars.
Au premier trimestre 2026
Le financement des startups au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) a reculé à 941 millions de dollars au premier trimestre 2026, enregistrant une baisse de 21,5 % par rapport au trimestre précédent et de 37 % en glissement annuel.
Les startups des Émirats arabes unis ont dominé les levées de fonds régionales au T1, avec 625,8 millions de dollars répartis sur 46 opérations, loin devant l’Arabie saoudite, où 57 startups ont levé 156,7 millions de dollars. L’Égypte se classe troisième avec 86 millions de dollars à travers 12 transactions.
Ailleurs, le Maroc a montré une relative résilience avec 22,6 millions de dollars levés sur six opérations, principalement grâce à la levée de 15 millions de dollars en série A de Yaakey en janvier. Bahreïn suit avec 22 millions de dollars levés sur deux transactions.
Des perspectives fragiles pour le T2
Les perspectives pour le deuxième trimestre restent incertaines. La persistance des tensions géopolitiques devrait continuer à peser sur la confiance des investisseurs, notamment dans les secteurs liés aux échanges internationaux comme la logistique, le voyage et l’e-commerce.
Les pressions inflationnistes devraient s’accentuer dans certaines économies fragiles comme l’Égypte, tandis que les prix du pétrole devraient rester élevés. Dans le même temps, les pays du Conseil de coopération du Golfe pourraient voir un ralentissement de la dynamique d’investissement observée ces dernières années.
Mais cette chute, bien que spectaculaire, tient moins à une faiblesse structurelle qu’à un facteur de calendrier.
Face à l’escalade des tensions géopolitiques — alimentées par le conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que par des frappes de représailles sur des actifs pétroliers et des infrastructures clés dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) — les capitaux ne se sont pas évaporés. Ils ont été mis en pause. Les investisseurs réduisent leur exposition aux secteurs vulnérables à une instabilité prolongée, tandis que les fondateurs retardent de plus en plus les annonces officielles de levées de fonds, en attendant davantage de clarté ou un cessez-le-feu.
Ce ralentissement a été aggravé par la perturbation des principales plateformes de financement de la région. Des événements comme LEAP, qui servent habituellement de vitrine à certaines des plus grandes annonces de levées de fonds de l’année, ont été soit reportés, soit affaiblis, réduisant un important catalyseur de visibilité des transactions.
Dans ce contexte, mars ne reflète pas tant une contraction de l’écosystème qu’un passage à une phase d’attente. La question n’est plus de savoir si les capitaux reviendront, mais combien de temps durera cette pause et si la reprise sera progressive plutôt qu’immédiate. Digital Digest.


