
Un accord intergouvernemental (IGA) relatif au projet de gazoduc Nigeria-Maroc, estimé à 25 milliards de dollars, sera signé cette année, a déclaré la directrice générale de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) du Maroc.
Initié il y a une décennie, ce projet – baptisé Gazoduc Africain Atlantique – s’étendra sur 6 900 km selon un tracé hybride offshore-onshore. Sa capacité maximale atteindra 30 milliards de mètres cubes (m3), dont 15 milliards seront destinés à l’approvisionnement du Maroc et au soutien des exportations vers l’Europe, a précisé Amina Benkhadra, de l’ONHYM, dans un courriel adressé à Reuters.
Le gazoduc, qui bénéficie du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a achevé ses études de faisabilité ainsi que les phases de conception technique détaillée (FEED).
Après la signature de l’accord intergouvernemental, une haute autorité dédiée au gazoduc sera établie au Nigeria. Elle réunira des représentants ministériels de chacun des 13 pays participants afin d’assurer la coordination politique et réglementaire, a indiqué Mme Benkhadra.
Une société de projet sera également créée au Maroc sous la forme d’une coentreprise entre l’ONHYM et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) pour piloter les phases d’exécution, de financement et de construction, a-t-elle ajouté.
Le gazoduc devrait stimuler l’intégration économique en Afrique de l’Ouest en développant la production d’électricité et en facilitant l’essor industriel et minier, tout en permettant au Maroc de se positionner comme un pont énergétique entre l’Afrique et l’Europe.
Les premiers segments du projet relieront le Maroc aux gisements gaziers de Mauritanie et du Sénégal, et le Ghana à la Côte d’Ivoire plus au sud, avant qu’un dernier tronçon ne connecte le Ghana aux champs gaziers du Nigeria.
Les premiers flux de gaz issus des phases initiales sont attendus pour 2031, selon Mme Benkhadra.
« Le projet ne dépend pas d’une décision d’investissement finale globale unique », a-t-elle précisé, ajoutant que chaque segment est conçu pour être développé comme un « système autonome » afin de permettre une création de valeur précoce.
Bien qu’aucun engagement de financement définitif n’ait encore été sécurisé, la structure de financement sera pilotée par la société de projet, qui mobilisera un mix de fonds propres et de dette.
« Le projet suscite un vif intérêt en raison de son envergure, de sa structure par phases et de son positionnement stratégique », a conclu Amina Benkhadra. Reuters –



