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Turin en colère : les syndicats dénoncent la stratégie algérienne de Stellantis

Stellantis accusé de sacrifier son berceau industriel au profit de l’Algérie

La tension est montée d’un cran à Turin en Italie . Réunis devant le siège de l’Union industrielle, les principaux syndicats de la filière automobile ont vivement dénoncé la stratégie de Stellantis en Algérie, perçue comme un nouveau symptôme du désengagement progressif du groupe de son historique bastion italien.

Pour les représentants des travailleurs, la réunion organisée par Stellantis afin de promouvoir les opportunités d’investissement industriel en Algérie intervient dans un contexte social déjà fragilisé. En quelques années, l’écosystème automobile turinois a perdu près de 500 entreprises et 35 000 emplois, laissant des milliers de salariés dans l’incertitude, confrontés à des licenciements, à des réductions de revenus et à l’absence d’une vision industrielle claire à long terme.

Si Stellantis affirme que sa présence en Algérie repose sur un modèle « local pour local », destiné exclusivement au marché algérien et sans impact sur la production européenne, les syndicats y voient un message contradictoire. Encourager les fournisseurs italiens à se projeter vers des pays à bas coûts, soutenus par des politiques d’incitations publiques étrangères, reviendrait selon eux à affaiblir davantage le tissu industriel local.

Les organisations syndicales estiment que cette orientation stratégique accentue le sentiment d’abandon ressenti à Turin, autrefois cœur de l’industrie automobile italienne. Elles rappellent que la région dispose encore des compétences, du savoir-faire et de l’histoire nécessaires pour accompagner la transition du secteur, à condition que les investissements soient réalisés sur place, a rapporté AN.

Dans un appel direct aux dirigeants de Stellantis et aux pouvoirs publics, les syndicats exhortent l’ensemble des acteurs à assumer leurs responsabilités. Pour eux, l’avenir industriel ne se construit pas en externalisant la production, mais en réinvestissant dans les territoires, en protégeant l’emploi et en redonnant de la visibilité à une filière qui demeure stratégique pour l’économie italienne.

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