
La RAM a subi de plein fouet la flambée des prix du carburant provoquée par les crises au Moyen-Orient : kérosène multiplié par trois, douze lignes internationales suspendues et un résultat net qui bascule dans le rouge à -71 MDH à fin avril 2026, malgré un chiffre d’affaires en hausse de 17% (11.009 MDH).
Le kérosène, facteur déclenchant
Le blocage du détroit d’Ormuz a fait exploser les prix du carburant aviation. Selon le ministère marocain des Transports, le prix de la tonne de kérosène est passé de 600 à 1.800 dollars. Chez RAM, la part du carburant dans les coûts d’exploitation est ainsi passée de 18-20% en temps normal à environ 34%. Depuis mars, les dépenses énergétiques de la compagnie ont quasiment doublé.
Douze lignes suspendues
En mai 2026, la RAM a annoncé la suspension temporaire de plusieurs liaisons internationales, invoquant « la forte hausse des prix du carburant, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient ». Les lignes concernées :
- Afrique centrale : Casablanca–Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé, Libreville
- Europe : Tanger–Malaga, Barcelone ; Marrakech–Lyon, Bordeaux, Marseille, Bruxelles
La compagnie évoque aussi un ralentissement de la demande sur certaines liaisons, mais le carburant reste le facteur premier.
Une situation financière à deux visages
La RAM continue de faire croître son activité : 11.009 MDH de chiffre d’affaires à fin avril 2026, soit 17% de plus qu’à la même période en 2025.
Mais le résultat net de -71 MDH à fin avril 2026 démontre l’inverse : la croissance du chiffre d’affaires (+17%) ne compense pas le choc du carburant. La RAM ne publie pas de données trimestrielles détaillées, mais le rapport budgétaire annuel indique que la perte nette à fin avril s’est creusée d’environ 22% par rapport aux -58 MDH de la même période de l’année précédente.
En une phrase
La « facture de guerre » de la RAM se résume ainsi : carburant multiplié par trois → lignes déficitaires → suspension de douze liaisons internationales → chiffre d’affaires en hausse, mais profits engloutis. Le Maroc n’est pas partie au conflit, mais la vulnérabilité des corridors énergétiques mondiaux fait payer à une compagnie africaine le prix de la guerre au Moyen-Orient.
Source: RAPPORT SUR LES ETABLISSEMENTS ET ENTREPRISES PUBLICS 2027



