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Investir au Maroc : entre ambition royale et obstacles dénoncés par Richard Attias

À l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12e Législature, le Roi Mohammed VI a adressé un message direct au secteur privé:

 »Nous exhortons le secteur privé à renforcer son rôle en tant qu’acteur stratégique de la transformation qui s’opère dans notre pays à la faveur de son développement. Nous l’engageons aussi à se montrer plus entreprenant, plus créatif et plus apte à créer des opportunités d’emploi et à développer ses capacités d’investissement et d’exportation ».

Pourquoi le Souverain ne cesse-t-il, depuis plusieurs années, d’exhorter le secteur privé à prendre pleinement part à la dynamique de développement du Maroc ?

L’appel royal, répété depuis plusieurs années, prend une signification particulière au regard de l’objectif central du Nouveau Modèle de développement : inverser la répartition de l’investissement au Maroc, pour faire passer le secteur privé d’un tiers à deux tiers de l’investissement total. Alors que cette ambition suppose un changement structurel du moteur de croissance, la persistance d’une prépondérance de l’investissement public interroge la capacité du modèle à produire le basculement attendu. Faut-il y voir l’aveu d’un échec, ou le constat que les conditions nécessaires à la mobilisation massive des capitaux privés ne sont pas encore réunies ?

Le diagnostic de la Banque mondiale et de la Société financière internationale (IFC), publié en mars 2026, apporte un élément important : l’investissement privé ne représente toujours qu’environ un tiers de l’investissement total au Maroc, alors que le Nouveau Modèle de développement vise à porter sa part aux deux tiers à l’horizon 2035. Le rapport estime que l’investissement privé reste insuffisant pour soutenir une croissance élevée et absorber l’augmentation de la population active.

Environnement des affaires : le témoignage de Richard Attias qui interpelle

Le témoignage de Richard Attias donne une dimension concrète au débat sur l’environnement des affaires au Maroc.

Intervenant sur le plateau de Médias24, dans le cadre du forum de la CGEM, le samedi 17 octobre 2026, le président exécutif de Richard Attias & Associates a salué la position géopolitique du Royaume, sa richesse culturelle, sa tolérance et le dialogue entre les religions. Mais derrière ces atouts, il a également livré un témoignage critique sur les difficultés rencontrées dans le développement de ses activités au Maroc.

« Je le dis avec beaucoup de tristesse et d’émotion, vous savez combien j’aime mon pays : malheureusement, le Maroc est l’un des rares pays où je n’ai pas développé mes activités, parce que j’ai été trop souvent confronté à des problèmes », a-t-il déclaré, évoquant notamment la corruption et les lourdeurs bureaucratiques.

Richard Mimoun Attias, né le 19 novembre 1959 à Fès, est un homme d’affaires franco-marocain. Issu d’une famille juive marocaine, il s’est imposé dans les domaines de la communication stratégique, de l’événementiel international et du conseil aux dirigeants et aux grandes entreprises.

Cette déclaration soulève une question qui dépasse le seul cas de Richard Attias : dans quelle mesure les contraintes administratives et les difficultés liées à la gouvernance des affaires peuvent-elles freiner les décisions d’investissement, y compris celles d’entrepreneurs qui connaissent le Maroc et en reconnaissent les atouts ?

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