
Les ressortissants marocains occupent la première place parmi les entrepreneurs étrangers à la tête d’entreprises individuelles en Italie. C’est ce qui ressort des dernières données du Registre des entreprises, publiées par InfoCamere dans le cadre du projet Futurae, porté par le ministère italien du Travail et Unioncamere, arrêtées au 30 juin 2026.
Au total, l’Italie compte 677 188 entreprises dirigées par des étrangers, soit près de 12 % de son tissu productif. Avec 53 364 dirigeants, les Marocains arrivent en tête des communautés étrangères, devant les Roumains (52 541) et les Chinois (50 166).
Les entrepreneurs marocains représentent ainsi plus de 10 % de l’ensemble des dirigeants étrangers d’entreprises individuelles recensés dans le pays. Leur présence est particulièrement marquée dans le commerce, où ils contribuent au dynamisme des circuits de distribution et du commerce de proximité.
Une implantation marquée dans le sud de l’Italie
La répartition géographique des entreprises individuelles dirigées par des Marocains fait apparaître une présence importante dans le sud de la péninsule et autour du détroit de Messine. Les provinces de Catanzaro, Reggio de Calabre et Messine figurent parmi les territoires où leur implantation est particulièrement significative.
Cette géographie entrepreneuriale contraste avec la dynamique générale des entreprises étrangères, dont la croissance est notamment portée par le Nord-Ouest italien, avec une progression annuelle de 1,5 %, tirée entre autres par la Lombardie.
La présence marocaine dans le Mezzogiorno souligne ainsi le rôle joué par ces entrepreneurs dans l’activité commerciale locale et l’économie de proximité. Ces données mettent en évidence le poids économique de la diaspora marocaine en Italie et sa contribution au tissu entrepreneurial du pays.
Communiqué de presse :
Entreprises étrangères en Italie : 677 000 , +16 000 au cours des six premiers mois de l’année
Près de 700 000 entreprises et plus de 16 000 de plus en six mois. C’est la photographie de l’entrepreneuriat étranger en Italie au 30 juin 2026 : 677 188 entreprises dirigées par des citoyens étrangers, dont 79 % sont portées par des personnes originaires de pays hors UE. Ces données témoignent d’un phénomène désormais bien enraciné dans le tissu économique italien. Entre janvier et juin, 37 140 nouvelles entreprises étrangères ont vu le jour, tandis que 21 043 ont cessé leur activité, hors radiations d’office. Le résultat fait apparaître un solde positif de 16 097 entreprises.
Telle est la dynamique de l’entrepreneuriat étranger au cours du dernier semestre, qui ressort des données du Registre des Entreprises élaborées par InfoCamere dans le cadre du projet Futurae, promu par le Ministère du Travail et des Politiques Sociales et par Unioncamere. Les données sont accessibles depuis le tableau de bord interactif dédié au projet.
Les chiffres montrent à quel point l’entrepreneuriat d’origine non italienne doit être considéré à part entière comme un phénomène structurel de l’économie nationale. Les 677 000 entreprises étrangères représentent aujourd’hui 12 % du total des entreprises enregistrées en Italie : plus d’une entreprise sur dix dans le pays possède une gouvernance ou une propriété prédominante d’origine étrangère.
Enfin, pour compléter le profil d’un tissu économique toujours plus solidement ancré dans notre société, interviennent les données sur l’ancienneté atteinte par les entreprises d’étrangers. À la fin de l’année 2025, plus d’un tiers (environ 35 %) d’entre elles dépassait les 10 ans d’existence, ce qui confirme la stabilisation croissante du phénomène et la capacité d’une part significative de ces entreprises à maintenir leur activité dans le temps et à pérenniser leur présence sur le marché.
Les formes juridiques : forte poussée continue des sociétés de capitaux
Derrière cette croissance, il n’y a pas seulement des commerces, des activités artisanales ou des entreprises individuelles. La poussée la plus forte provient en effet des sociétés de capitaux, qui ont progressé de 11 % au cours des douze derniers mois pour franchir le cap des 160 000. Les entreprises individuelles restent néanmoins la forme la plus répandue : elles représentent environ 70 % du total. Leur rythme de croissance ralentit toutefois. Les autres formes juridiques enregistrent également une baisse.
Les principales communautés et leurs secteurs de référence
Pour comprendre qui se cache derrière ces chiffres, il faut observer les entreprises individuelles, seule forme juridique permettant de lier l’entreprise à la nationalité de son titulaire. La communauté la plus nombreuse est la communauté marocaine, avec 53 364 dirigeants, suivie de la communauté roumaine avec 52 541 et de la communauté chinoise avec 50 166. Ensemble, elles représentent 32,4 % des dirigeants étrangers d’entreprises individuelles. Viennent ensuite l’Albanie, le Bangladesh et le Pakistan (20 %), puis l’Égypte, le Nigeria et le Sénégal (10,5 %).
Chaque communauté a sa vocation : les Marocains sont particulièrement présents dans le commerce et atteignent leurs concentrations les plus élevées dans les provinces du Détroit — Catanzaro, Reggio de Calabre, Messine. Les Roumains se tournent vers le secteur du bâtiment et sont plus largement implantés entre Viterbe, Turin et Crémone.
Les Chinois, spécialisés dans l’industrie manufacturière et les services récréatifs, atteignent une concentration record à Prato, où ils représentent 67,2 % des dirigeants étrangers individuels, ainsi qu’à Fermo, dans les Marches (27,3 %).
Secteurs et territoires : la Lombardie en tête, Prato la plus « internationale »
La présence des entreprises étrangères n’est pas uniforme à travers l’Italie. La Lombardie et, plus généralement, le Nord-Ouest concentrent 32,7 % des entreprises étrangères et enregistrent également la croissance annuelle la plus soutenue : +1,5 %. Le Mezzogiorno (Sud) suit en revanche une dynamique opposée, avec une diminution de 3,6 %, particulièrement marquée en Campanie et en Calabre. Prato se confirme comme la province la plus multiethnique d’Italie, avec une incidence de 33,7 %, suivie de Trieste (20,8 %) et de la nouvelle entrée Imperia (18,8 %), qui détrône Florence du podium.



