
Le commerce extérieur marocain a subi une forte hausse des prix unitaires au deuxième trimestre 2026, selon le HCP. Sur un an, l’indice des valeurs unitaires a progressé de 10,0% à l’importation et de 10,9% à l’exportation.
À l’importation : le choc vient surtout des matières premières
La hausse de 10% est principalement tirée par deux catégories :
- Produits bruts d’origine minérale : +97,0%
- Énergie et lubrifiants : +53,1%
Deux évolutions particulièrement importantes pour le Maroc, compte tenu de sa dépendance aux importations d’énergie et de certaines matières premières.
Les demi-produits ont également augmenté de 4,6%, tandis que les produits finis d’équipement industriel progressent de 1,2% et les produits finis de consommation de 0,8%.
À l’inverse, les prix unitaires des produits finis d’équipement agricole (-3,3%) et de l’alimentation, boissons et tabacs (-0,6%) ont légèrement reculé.
À l’exportation : une progression encore plus forte
L’indice des valeurs unitaires à l’exportation augmente de 10,9%, soit 0,9 point de plus que celui des importations.
Cette progression est notamment portée par :
- Demi-produits : +23,4%
- Alimentation, boissons et tabacs : +16,2%
- Produits finis d’équipement agricole : +14,4%
- Énergie et lubrifiants : +44,5%
- Produits finis d’équipement industriel : +5,0%
- Produits finis de consommation : +3,6%
- Produits bruts d’origine minérale : +7,6%
Le point intéressant pour le Maroc
Le différentiel entre les deux indices est plutôt favorable : +10,9% pour les exportations contre +10,0% pour les importations. Cela signifie que, sur la seule composante des prix unitaires, la valorisation des exportations a progressé légèrement plus rapidement que celle des achats à l’étranger.
Mais il faut rester prudent : cela ne signifie pas automatiquement une amélioration de la balance commerciale. Les indices de valeur unitaire mesurent l’évolution des prix, et non celle des volumes. Une hausse des prix à l’exportation peut coexister avec une baisse des quantités exportées, tandis qu’une hausse des prix à l’importation peut être aggravée par une augmentation des volumes importés.
Ces données mensuelles permettent d’aller plus loin que la moyenne trimestrielle du HCP. Elles montrent surtout une forte volatilité des prix unitaires au cours du trimestre, avec un contraste entre importations et exportations.
Commerce extérieur : juin confirme la pression sur les importations minières et l’envolée des prix à l’export
L’indice global des valeurs unitaires à l’importation est passé de 116,9 en avril à 115,4 en mai puis 113,7 en juin 2026. À l’inverse, l’indice des exportations a progressé de 128,3 à 129,1 puis 132,1 sur la même période.
Autrement dit, la pression sur les prix à l’importation s’est progressivement détendue au deuxième trimestre, tandis que les prix unitaires à l’exportation ont continué à augmenter.
1. Importations : le reflux global masque un choc minier
Le chiffre le plus spectaculaire concerne les produits bruts d’origine minérale :
- avril : 174,9
- mai : 200,0
- juin : 208,7
L’indice a donc gagné près de 34 points entre avril et juin, soit environ +19,3% en deux mois.
Cette catégorie constitue clairement le principal foyer de tension dans les importations au mois de juin.
Les demi-produits suivent également une trajectoire ascendante :
119,7 → 121,5 → 124,0
L’énergie et les lubrifiants sont, en revanche, beaucoup plus volatils :
125,1 → 127,7 → 126,0
Le mois de mai apparaît ainsi comme un pic, suivi d’un léger reflux en juin.
À l’opposé, les produits finis d’équipement industriel chutent fortement :
102,2 en avril → 88,4 en mai → 89,2 en juin.
Cela traduit une baisse importante de leur valeur unitaire sur la période.
2. Exportations : une accélération en juin
Le mouvement est presque inverse à celui observé à l’import.
L’indice global des exportations passe de :
128,3 en avril → 129,1 en mai → 132,1 en juin.
La progression est donc particulièrement visible en juin.
Le principal moteur est celui des demi-produits, dont l’indice passe de :
155,2 → 165,7 → 170,3.
Entre avril et juin, la hausse atteint environ +9,7%.
Autre progression notable : les produits bruts d’origine minérale, qui passent de 148,3 en avril à 159,7 en juin, soit environ +7,7%.
Les produits finis de consommation enregistrent également une remontée en juin :
122,3 → 119,9 → 131,5.
3. Un contraste particulièrement intéressant
Le trimestre se caractérise donc par une configuration assez particulière :
| Avril | Mai | Juin | Tendance | |
|---|---|---|---|---|
| Importations | 116,9 | 115,4 | 113,7 | ↘ |
| Exportations | 128,3 | 129,1 | 132,1 | ↗ |
| Import. produits minéraux | 174,9 | 200,0 | 208,7 | ↗ forte |
| Export. demi-produits | 155,2 | 165,7 | 170,3 | ↗ forte |
Cela donne une lecture plus nuancée du chiffre trimestriel de +10,0% à l’importation et +10,9% à l’exportation.
L’indice global des importations baisse entre avril et juin, mais certains postes stratégiques continuent de flamber. C’est notamment le cas des produits minéraux, dont l’indice atteint 208,7 en juin, un niveau exceptionnellement élevé.
À l’export, c’est l’inverse : l’indice global accélère en fin de trimestre, porté notamment par les demi-produits et les produits minéraux.



