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Le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record

L’Agence internationale de l’énergie alerte alors que la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël continue de réduire les approvisionnements en provenance du Golfe.

Déclenchée le 28 février par l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, la guerre au Moyen-Orient paralyse environ 20% du commerce mondial de gaz et de pétrole en raison du blocage par Téhéran du très stratégique détroit d’Ormuz

Le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record, a mis en garde mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alors que la guerre au Moyen-Orient continue de réduire les approvisionnements en provenance du Golfe. «Plus de dix semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, les pertes croissantes d’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz épuisent les stocks mondiaux de pétrole à un rythme record», souligne l’AIE dans son rapport mensuel sur les marchés pétroliers.

Les stocks mondiaux observés ont diminué de 250 millions de barils sur mars et avril, soit un rythme de 4 millions de barils par jour, selon l’AIE. «La diminution rapide des réserves dans un contexte de perturbations persistantes pourrait annoncer de futures flambées de prix», ajoute-t-elle.

Dans le détail, l’offre mondiale de pétrole a encore diminué de 1,8 million de barils par jour (mb/j) en avril pour atteindre 95,1 mb/j, portant les pertes totales depuis le mois de février à 12,8 Mb/j. En partant du scénario d’une reprise progressive des flux transitant par le détroit d’Ormuz à partir de juin, l’offre mondiale de pétrole devrait diminuer en moyenne de 3,9 mb/j en 2026, pour s’établir à 102,25 mb/j.

«En déficit jusqu’au dernier trimestre de l’année»

Cela représente une perte de 5,9% par rapport aux estimations d’avant-guerre (108,6 mb/j selon le rapport de février, NDLR), a indiqué l’AIE à l’AFP. Déclenchée le 28 février par l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, la guerre au Moyen-Orient paralyse environ 20% du commerce mondial de gaz et de pétrole en raison du blocage par Téhéran du très stratégique détroit d’Ormuz.

Face aux pénuries localisées, notamment en Asie, très dépendante des importations d’Ormuz, des gouvernements imposent déjà des mesures de réduction de la consommation. La demande mondiale de pétrole devrait se contracter de 420 000 barils par jour en glissement annuel en 2026, pour atteindre 104 millions de barils par jour, soit 1,3 mb/j de moins que les prévisions d’avant-guerre.

En cas d’accord de paix, la demande pourrait renouer avec la croissance d’ici à la fin de l’année, tandis que l’offre se redresserait plus lentement, estime l’AIE. En conséquence, les marchés pétroliers devraient rester «en déficit jusqu’au dernier trimestre de l’année», indique l’Agence de l’énergie de l’OCDE, qui prévient qu’« une nouvelle volatilité des prix semble probable à l’approche de la période de pointe de la demande estivale», marquée par les départs en vacances.

AFP(les/yb)

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