Électroménager : les importations accélèrent malgré le tour de vis douanier

Malgré le récent tournant protectionniste du Maroc sur les équipements domestiques, les flux entrants ne faiblissent pas. Les chiffres du premier trimestre 2026 révèlent un paradoxe : les barrières tarifaires grimpent, mais les volumes importés suivent la même courbe, mettant en lumière l’inertie du marché et la vigueur de la demande locale.
La dynamique des flux : Une croissance à deux chiffres
Les nouvelles mesures douanières n’ont pas encore produit l’effet de « douche froide » escompté. Au premier trimestre 2026, la valeur des importations (réfrigérateurs, lave-vaisselle, etc.) s’est établie à 769 millions de dirhams (MDH), contre 678 MDH à la même période en 2025.
Cette progression de 13,4 % souligne trois réalités du marché :
- L’insensibilité au prix : La demande des ménages reste robuste malgré les perspectives de hausse des prix finaux.
- La dépendance structurelle : Le marché marocain demeure tributaire de l’offre étrangère pour le renouvellement du parc domestique.
- Le stock de sécurité : Un effet d’anticipation a pu pousser les distributeurs à importer massivement avant une répercussion totale des taxes sur les prix de vente.
Le levier tarifaire
Pour rappel, l’Exécutif a drastiquement relevé les barrières à l’entrée au titre de la loi Finances 2026 pour protéger le « Made in Morocco » naissant :
- Machines à laver : Les droits de douane ont bondi de 2,5 % à 17,5 %.
- Congélateurs : Le taux est passé de 10 % à 17,5 %.
L’objectif de cette politique de substitution aux importations est triple : réduire le déficit commercial sectoriel, encourager l’implantation d’unités de production locales et favoriser l’émergence de champions nationaux.
Pourquoi le frein douanier ne fonctionne pas (encore) ?
Le décalage entre la mise en œuvre des taxes et la baisse des flux s’explique par plusieurs facteurs conjoncturels. D’abord, le délai d’ajustement : les commandes internationales se négocient souvent sur des cycles de 6 mois. Ensuite, l’absence d’alternative locale immédiate : tant que l’offre marocaine ne couvre pas toutes les gammes de produits, l’importation reste un passage obligé, quel qu’en soit le coût.


