Eau dessalée: le Maroc vise le grand saut industriel de 30% à 70% d’intégration locale

Le Maroc ne veut plus se contenter d’acheter des usines de dessalement « clés en main » auprès de géants internationaux. L’ambition est de créer une filière industrielle locale capable de produire les composants essentiels.
Une convention-cadre de partenariat pour le développement d’un écosystème industriel du dessalement de l’eau a été signée, mercredi à Rabat, avec pour objectif de structurer un écosystème industriel intégré autour des technologies de dessalement, capable de répondre aux besoins croissants du Royaume en matière d’eau potable et industrielle.
La convention-cadre prévoit notamment le soutien aux projets industriels et technologiques du dessalement, la promotion de l’intégration locale et du “Made in Morocco”, ainsi que le renforcement de l’innovation, de la recherche appliquée et du transfert de technologies. Aussi, elle vise à accompagner le développement des compétences et à adapter les formations aux besoins des métiers du secteur.
Cette convention-cadre, signée par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, et le président du Cluster Marocain des Métiers de l’Eau, Amine Mohamed, s’inscrit dans le cadre des Hautes Orientations Royales visant à garantir la sécurité hydrique nationale et à accélérer les investissements structurants dans le secteur de l’eau, notamment à travers le développement de l’industrie du dessalement de l’eau.
De même, elle marque une étape importante dans le renforcement de la coopération entre les acteurs publics et industriels en faveur de la sécurité hydrique du Maroc et du développement d’une industrie nationale performante dans le domaine du dessalement.
Dans une déclaration à la presse, Baraka a souligné que cette initiative contribuera à renforcer la résilience du Maroc face au stress hydrique, en diversifiant les sources d’approvisionnement et en soutenant l’émergence de solutions innovantes adaptées au contexte national, relevant que cette convention permettra d’assurer une meilleure maîtrise des technologies de dessalement de l’eau au niveau national.
Cette dynamique s’est déjà matérialisée par la mise en service d’unités mobiles de traitement d’eau, actuellement opérationnelles dans plusieurs régions du Royaume, a-t-il fait savoir.
Pour sa part, Mezzour a relevé que cette convention s’inscrit dans le cadre des Hautes Orientations Royales pour le développement d’une industrie nationale du dessalement de l’eau, faisant remarquer que le taux d’intégration locale de cette industrie se situe actuellement entre 30 et 35% dans la perspective de le porter à 70%.
Et d’assurer que le Maroc dispose actuellement “de toutes les compétences, des atouts et des garanties nécessaires pour répondre aux demandes publique et privée, ainsi qu’à la demande extérieure”, avec pour ambition de bâtir un écosystème industriel purement marocain, soutenu par des technologies marocaines, et hautement compétitif tant à l’échelle nationale qu’internationale.
De son côté, le président du Cluster marocain des métiers de l’eau, Amine Mohamed, cette convention-cadre est une initiative ”historique” devant faire progresser le secteur du dessalement de l’eau, ajoutant que le Cluster jouera un rôle central dans la mobilisation des entreprises, la structuration de la chaîne de valeur et le développement d’équipements liés aux métiers de l’eau.



