
Le coût moyen du transport maritime du pétrole brut à l’échelle mondiale a dépassé 20 dollars par baril, contre environ 3 dollars il y a un an, soit une multiplication par près de sept. Cette flambée s’explique par les répercussions persistantes de la guerre au Moyen-Orient sur le trafic maritime et les coûts d’acheminement de l’énergie, selon les estimations de Goldman Sachs.
Dans une note, les analystes de la banque indiquent que la prime de risque liée au passage par le détroit d’Ormuz ajoute environ 7 dollars au coût du transport d’un baril. La hausse des prix des carburants et les opérations de transbordement du pétrole d’un navire à un autre contribuent, quant à elles, à hauteur d’environ 4 dollars chacune, rapporte Bloomberg.
Sur les routes maritimes liées au Moyen-Orient, les coûts de transport ont dépassé 35 dollars par baril. Goldman Sachs estime que ces coûts pourraient continuer à augmenter tant que les tensions régionales perturberont la navigation et accroîtront les risques auxquels sont exposés les navires.
Des pressions sur les raffineries et les prix des produits pétroliers
La hausse des coûts de transport ne concerne pas uniquement les compagnies maritimes et les négociants en pétrole. Elle renchérit également le coût du brut livré aux raffineries, ce qui exerce une pression sur leurs marges bénéficiaires, notamment en Asie. Certaines installations pourraient ainsi réduire leur demande de pétrole brut ou rechercher des fournisseurs géographiquement plus proches.
Selon les analystes de Goldman Sachs, l’augmentation des coûts de fret redessine les routes du commerce pétrolier et modifie les écarts de prix entre les différentes qualités de brut. Elle contribue également à soutenir les prix des produits pétroliers raffinés.
Si les raffineries sont contraintes de réduire leur production, les pressions sur les prix des carburants et des produits raffinés pourraient s’intensifier.
La banque souligne par ailleurs qu’environ un sixième des pétroliers actuellement présents dans le golfe Persique et le golfe d’Oman participent à des opérations de transbordement de pétrole entre navires. Cette pratique est devenue un mécanisme important pour maintenir les exportations de brut de la région face aux perturbations de la navigation.
Une reprise des exportations pétrolières du Golfe pourrait atténuer les tensions sur les prix du brut. Toutefois, le recours accru au transbordement entre navires pourrait maintenir les coûts de transport à des niveaux élevés, en raison de la concentration de la demande sur ce type d’opérations.
Des risques de hausse pour les prévisions pétrolières
Malgré l’envolée des coûts de transport, Goldman Sachs maintient son scénario central, qui prévoit un recul du prix du Brent à 90 dollars le baril à la fin de 2026 et un prix moyen de 80 dollars en 2027.
La banque met néanmoins en garde contre plusieurs risques susceptibles de faire grimper les cours au-delà de ces prévisions. Il s’agit notamment du maintien des coûts de transport à des niveaux élevés, d’une intensification des attaques contre les navires, de nouveaux dommages aux infrastructures pétrolières et de la persistance de la prime de risque géopolitique.
Les coûts de transport sont ainsi devenus un facteur déterminant pour les marchés de l’énergie. Ils peuvent limiter l’effet d’une reprise des approvisionnements sur les prix et renchérir le pétrole livré aux raffineries, même lorsque les cours à terme reculent. agences



