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Turquie : le projet de budget 2027 prévoit une forte hausse des dépenses consacrées au logement

Le budget turc pour 2027 entend soutenir la désinflation tout en renforçant l’investissement, l’emploi et les exportations, a annoncé vendredi le vice-président turc, Cevdet Yılmaz. Le projet, qui prévoit des dépenses de près de 27 280 milliards de livres turques (550,8 milliards de dollars), doit être transmis au Parlement.

Présentant les grandes lignes du texte, Cevdet Yılmaz l’a qualifié de « budget de résilience, de prospérité et de transformation », élaboré dans un contexte régional et international difficile.

Croissance et emploi : Ankara table sur une accélération en 2027

L’économie turque a poursuivi sa croissance malgré le durcissement des conditions financières mondiales, l’affaiblissement de la demande extérieure et la hausse des coûts, a souligné le vice-président.

Le gouvernement prévoit une croissance économique de 4,2 % en 2027, contre 3,3 % attendus en 2026 et 3,7 % enregistrés en 2025. À moyen terme, l’objectif est de porter progressivement cette croissance à 5 % en 2029, grâce à des politiques axées sur la productivité, l’innovation et la transformation technologique.

Sur le marché du travail, Ankara anticipe la création de 657 000 emplois en 2027. Le taux d’activité devrait atteindre 53,4 %, tandis que le chômage reculerait à 8 %, contre 8,1 % prévus en 2026.

Inflation : un objectif de 21 % à fin 2027

La tendance sous-jacente de l’inflation continue de s’améliorer, malgré les fluctuations des prix de l’énergie et des matières premières, selon Cevdet Yılmaz.

Après être passée sous la barre des 30 % en septembre, l’inflation annuelle devrait s’établir à 28,4 % à la fin de 2026, avant de revenir à 21 % à fin 2027.

« La stabilité des prix constitue la priorité fondamentale de notre programme », a affirmé le vice-président. À moyen terme, le gouvernement vise une inflation durable à un chiffre, notamment grâce à des mesures agissant sur l’offre, en particulier dans le logement social et l’alimentation.

Déficit budgétaire : 3,5 % du PIB en 2027

Le gouvernement turc prévoit désormais un déficit budgétaire de 3,1 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, contre une prévision initiale de 3,5 %, grâce à des recettes supérieures aux anticipations.

Pour 2027, le déficit devrait atteindre 3,5 % du PIB, soit environ 78,1 milliards de dollars. Hors dépenses liées aux séismes, il serait ramené à 2,8 % du PIB. Ankara prévoit également de maintenir un excédent budgétaire primaire, c’est-à-dire un solde positif avant paiement des intérêts de la dette.

La dette publique au sens de la définition européenne a reculé à 22,3 % du PIB au deuxième trimestre 2026, contre 23,1 % au premier trimestre. Cevdet Yılmaz a présenté ce niveau d’endettement comme un avantage dans un environnement mondial incertain.

Exportations : un nouveau record sur douze mois

Le déficit du compte courant devrait représenter 2,6 % du PIB en 2026, avant de passer sous les 2 % en 2027. Le gouvernement estime que son niveau actuel reste maîtrisable, malgré une dégradation temporaire liée à la guerre en Iran.

Ankara entend poursuivre ses efforts pour développer les exportations, renforcer la sécurité de l’approvisionnement énergétique et réduire la dépendance aux importations d’énergie.

Entre janvier et septembre 2026, les exportations de marchandises ont progressé de 5,2 % sur un an, à 211 milliards de dollars. Sur douze mois, elles ont atteint un niveau record de 283,7 milliards de dollars.

Autre évolution notable : les produits de moyenne-haute et de haute technologie représentent désormais 44 % des exportations, contre environ 28 % au début des années 2000.

Les exportations totales de biens et de services devraient atteindre 410 milliards de dollars en 2026, selon le vice-président.

Logement : les dépenses de transformation urbaine bondissent de 176 %

Le logement figure parmi les principaux postes de progression du budget 2027. Les dépenses consacrées à la transformation urbaine devraient augmenter de 176 % pour atteindre 276 milliards de livres turques.

Le gouvernement prévoit également d’accélérer la construction de logements sociaux destinés notamment aux ménages à faibles revenus, aux personnes en situation de handicap et aux jeunes mariés.

Les dispositifs de logement social et de location à vocation sociale seront renforcés afin de répondre aux besoins de logement et de limiter la hausse des loyers. Le financement du logement social devrait ainsi progresser de 150 %, pour atteindre 250 milliards de livres turques.

Concernant la reconstruction après les séismes, les dépenses engagées entre 2023 et 2026 ont atteint 109 milliards de dollars aux prix courants, selon Cevdet Yılmaz. Au total, 455 357 unités immobilières indépendantes ont été achevées et remises à leurs bénéficiaires.

Dépenses publiques : l’éducation et la santé en première ligne

Le projet de budget prévoit des dépenses de près de 27 280 milliards de livres turques, pour des recettes estimées à 23 410 milliards. Le revenu national devrait atteindre 2 240 milliards de dollars.

Les principaux postes de dépenses comprennent les transferts courants, à hauteur de 10 240 milliards de livres, les dépenses de personnel (7 120 milliards), les charges d’intérêts (3 970 milliards), les achats de biens et services (2 180 milliards) et les dépenses d’investissement (1 850 milliards).

Les transferts en capital atteindraient 750 milliards de livres, les prêts 613 milliards et les crédits de réserve 542 milliards.

Par secteur, les crédits prévus s’élèvent à :

  • Éducation : 2 460 milliards de livres turques ;
  • Santé : 2 130 milliards ;
  • Aides et prestations sociales : 1 340 milliards, soit 4,9 % du budget ;
  • Soutien au secteur productif : 658 milliards, hors subventions aux crédits agricoles ;
  • Aides à l’électricité et au gaz naturel : 605 milliards, en hausse de 62 % ;
  • Soutien aux cotisations sociales des employeurs : 351 milliards ;
  • Aides à la prise en charge des personnes âgées et handicapées : 132 milliards ;
  • Allocations de naissance : 84 milliards.

Recettes fiscales : la TVA en tête

Du côté des recettes, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) devrait générer 5 680 milliards de livres turques en 2027, devant l’impôt sur le revenu, attendu à 5 530 milliards.

Les recettes issues de la taxe spéciale sur la consommation sont estimées à 3 280 milliards de livres. Les recettes non fiscales atteindraient 3 500 milliards, tandis que les autres impôts rapporteraient 3 180 milliards.

L’impôt sur les sociétés devrait, pour sa part, générer 2 220 milliards de livres turques.

À travers ce projet, Ankara entend ainsi concilier désinflation, soutien à l’activité et dépenses sociales, tout en accélérant la transformation urbaine et en consolidant la capacité exportatrice de l’économie turque.

Par Daily Sabah avec des agences

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