La France et Allemagne s’accordent pour promouvoir la préférence européenne dans l’automobile

Paris et Berlin ont convenu vendredi de promouvoir le principe de la « préférence européenne » dans l’industrie automobile, en encourageant la production de véhicules électriques tout en maintenant les objectifs de réduction des émissions polluantes.
« Notre cap n’a pas changé : réduire significativement les émissions de CO₂ et renforcer la capacité de l’Europe à développer et à produire la prochaine génération de véhicules électriques », ont indiqué les deux pays dans une déclaration commune diffusée par l’Élysée.
Cette orientation vise à accompagner la transition vers une mobilité propre par des investissements, de l’innovation et une production industrielle localisée en France, en Allemagne et dans le reste de l’Europe. Les deux gouvernements ont annoncé vouloir travailler rapidement avec leurs partenaires européens afin de parvenir à un accord.
Protéger l’industrie automobile européenne
L’accord prévoit un ensemble de mesures destinées à concilier la réduction des émissions polluantes avec une plus grande flexibilité réglementaire, tenant compte des réalités du marché et des différentes technologies disponibles.
Paris et Berlin souhaitent notamment mettre en place des incitations concrètes en faveur de l’investissement, de la recherche, du développement et de la production en Europe, ainsi que renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement.
Les deux pays estiment que cette stratégie permettra de consolider la souveraineté technologique européenne, de préserver sa base industrielle et d’améliorer la compétitivité internationale de son secteur automobile, sans renoncer aux objectifs climatiques.
« L’Europe doit être un continent qui innove, investit et produit, tout en protégeant le climat et en préservant les emplois », souligne la déclaration commune.
Un compromis sur les objectifs climatiques à l’horizon 2035
Le rapprochement entre Paris et Berlin porte également sur les règles européennes relatives aux émissions des véhicules à l’horizon 2035. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, le compromis envisagé prévoit une réduction de 90 % des émissions de CO₂ des véhicules neufs par rapport à leur niveau de 2021, au lieu de l’objectif initial de 100 %.
Cette évolution constituerait un assouplissement du dispositif initial de la Commission européenne, qui prévoyait une réduction totale des émissions à l’échappement, avec des mécanismes complémentaires envisagés pour tenir compte des 10 % restants.
En contrepartie de cette flexibilité climatique, l’Allemagne aurait accepté de soutenir davantage le principe de préférence européenne, défendu par la France pour protéger la production industrielle du continent.
Les constructeurs automobiles réclament depuis plusieurs mois un cadre réglementaire plus souple, face aux difficultés de la transition vers l’électrique, à la concurrence internationale et aux investissements nécessaires pour transformer leurs chaînes de production.
L’accord franco-allemand doit toutefois encore être discuté avec les autres États membres et les institutions européennes avant toute adoption définitive.
Reuters



